Je suis scandalisé

Où donc se cachent nos « grands démocrates »?

Tribune libre

Ce dimanche soir, nos grands démocrates iront de leurs harangues, de leurs démonstrations patentes, de leurs arguments irréfutables, de leurs attaques ad hominem, de leurs déclarations-chocs, de leurs flatteries et de leur assurance que nul (le) autre que chacun d’eux (elles) n’est en mesure d’assurer l’avenir du Québec, de son économie, de sa culture, de la pérennité de ses institutions et du respect de la volonté démocratiquement exprimée des citoyens qu’ils représenteront.
Et pourtant, même pour le moins éclairé de nos concitoyens, il devrait être évident que rien de démocratique ne se jouera au cours de ces débats puisque rien de démocratique n’a présidé à leur tenue. Ces chefs politiques, qui se targuent d’être démocrates et d’être de farouches défenseurs des droits irrépressibles auxquels la démocratie nous confronte sont les premiers à hypocritement les balayer sous le tapis en fermant honteusement les yeux à l’absence de l’un d’eux, pour lequel ils se sont bien abstenus de lever le petit doigt.
Je suis scandalisé par le peu d’intérêt qu’ont démontré aussi bien le DGEQ que le juge de la Cour supérieure dans leurs arguments au sujet de la présence du chef d’Option Nationale aux différents débats qui se tiendront à Radio-Canada ou sur le réseau TVA. Je le suis encore plus de l’attitude des chefs de partis qui y participeront pour leur absence totale d’éthique, de courage politique et d’honnêteté intellectuelle qui bafoue les valeurs fondamentales de la démocratie dont ils se posent en héros alors que leur comportement ne nous révèle que la réaction de politiciens professionnels qui ne se soucient que de prendre le pouvoir, et leur soulagement de voir écarté le seul d’entre eux capable de répondre à tous leurs arguments fallacieux et à les confondre par la clarté, la simplicité et le réalisme de sa vision de l’avenir du Québec.
M. Florent Michelot, ancien attaché politique en France et au Québec résume parfaitement la situation dans un article paru dans le Devoir du 17 août 2012 lorsqu’il écrit :
“[…Enfin, vient la question du bon sens attaqué. La loi électorale étant tellement interprétée a minima que celle-ci, peu à peu, en perd son esprit. Souvenons-nous qu’il y a quelques mois, le DGEQ se déclarait incompétent à étudier les contributions de la « pré-CAQ » version OSBL, puisqu’elle n’était pas un parti politique reconnu. Pourtant, en vertu de la Loi électorale, on pouvait légitimement soupçonner que cette dernière faisait la promotion du parti à venir avec des contributions exceptionnellement généreuses de citoyens. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, en suivant ce raisonnement rigoriste et pusillanime à la situation qui nous occupe ici, les débats en période électorale pourraient aisément être inéquitables « qualitativement et quantitativement », sans même que cela puisse être remis en cause par les garants de la Loi électorale du Québec et de la Loi sur la consultation populaire.
Nous ne pouvons évidemment que regretter cet ensemble de décisions qui dénotent une certaine complaisance vis-à-vis de la hiérarchisation faite, probablement de bonne foi, entre les formations politiques. En effet, cette hiérarchisation revient souvent à condamner certaines d’entre elles au silence. Il est d’autant plus dommageable qu’en agissant de la sorte, les groupes télévisuels les confinent finalement à un rôle d’arrière-plan avant même que les citoyens aient pu se prononcer et contribuent par la même à brouiller le jeu électoral.
Comment réagiront notamment les milliers de jeunes qui appuient Option nationale et Québec solidaire, principales victimes de ces décisions ? Ne sommes-nous pas là en train d’alimenter le cynisme en tournant les coins ronds ?
Qu’il s’agisse des élections à date fixe ou de l’encadrement des temps d’antenne en période électorale, en passant par un scrutin plus respectueux de la diversité des opinions, il est grand temps de dépoussiérer le jeu démocratique québécois.]”
Où donc se cachent nos « grands démocrates », si prompts à se scandaliser du moindre écart de l’oligarchie?
Claude G. Thompson


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6 commentaires

  • Henri Marineau Répondre

    19 août 2012

    "Où donc se cachent nos « grands démocrates », si prompts à se scandaliser du moindre écart de l’oligarchie ?"...Dans les rangs d'Option nationale, M. Thompson, mais malheureusement, ils sont tenus à l'écart dans "les coulisses du pouvoir"!

  • Mario Boulet Répondre

    18 août 2012

    Il est dommage que M. Aussant ne puisse pas profiter de la tribune offerte qu'est le débat. Il ne nuirait pas aux débats. Par contre, le concept du débat n'est pas un endroit où chaque parti politique doit y aller. On n'en finirait plus. Lorsque Option Nationale ira au débat lors des prochaines élections (parce que j'y crois), il ne se battra pas pour qu'un autre parti politique puisse y participer.
    Le concept du débat tel qu'offert par les médias visuels se veut un endroit où les véritables « challengers » au pouvoir puisse se voir accorder une tribune. Tant qu'à moi, ni Québec Solidaire et ni la Coalition Avenir Québec ne devrait y participer. Je sais que je vais faire réagir bien des gens, mais il faut estimer quels sont les véritables choix d'un prochain gouvernement. En 1962, lors du premier débat, il n'y eut que Jean Lesage et Daniel Johnson, malgré la présence de plusieurs autres partis politiques dont le parti Crédit Social.

  • Luc Archambault Répondre

    18 août 2012

    @ Michel Bélisle alias Didier
    Que les peuples d'Occident ne vivent pas dans de « VRAIS » États démocratiques, même si les Actes constituants de ces État ont été approuvés par ces peuples, ne compte pas.
    Ce qui compte, c'est ce qui se passe ici.
    ET... ici, nous ne vivons pas dans un État démocratique. C'est clair et net, puisque l'État qui s'applique à notre sol et sous-sol national du Québec n'a jamais obtenu le clair OUI référendaire de ce peuple.
    Nous vivons dans un État qui NIE la primauté effective de la souveraineté DÉMOCRATIQUE du peuple.
    Dès lors que les forces DÉMOCRATIQUES citoyennes et politiques de ce peuple font l'essentielle UNION POLITIQUE qui manque, ce peuple pourra avoir l'occasion historique de RENVERSER la dictature canadianisatrice actuelle du seul fait de se prononcer par référendum sur l'INVALIDITÉ de TOUT État qui s'applique à son territoire national du Québec SANS avoir obtenu le clair OUI référendaire des Québécois,es.
    Un référendum à double question ou à deux tours permettra de combler de facto et de jure le vide d'État démocratique actuel par un plein démocratique du seul fait de VALIDER la Constitution primordiale de la République démocratique du peuple souverain du Québec rédigée et adoptée par la députation du peuple souverain du Québec siégeant à l'ANQ et au Parlement d'Ottawa.
    Une CONSTITUTION primordiale qui ne fait que rendre démocratique et républicain ce qui est aujourd'hui dictatorial et monarchique. Une constitution première qui oblige à tenir, dès après les premières élections à la présidence de la République et l'élection de la Chambre des régions - un sénat élu - un large processus constituant populaire afin de faire des institutions héritées de 234 ans de subordination coloniale, des Actes constituants à l'image et à la ressemblance du peuple démocratique, donc Souverain, du Québec.
    Ce qui permettra à ce peuple de rompre les liens occultes qui subordonnent les démocraties contemporaines à la tutelle des ploutocraties multinationalisées qui corrompent les démocraties modernes.
    En France, on parle de fonder la VIe République pour ce faire. Nous, nous avons la chance de pouvoir faire d'une pierre deux coups. À la fois fonder la Ie République du peuple souverain du Québec, et à la fois tenir compte des failles des démocraties modernes pour les colmater.
    Mais pour cela, il NOUS incombe de faire d'abord l'UNION des forces démocratiques citoyennes et politiques du peuple souverain du Québec, pour que ce peuple puisse agir avec envergure dans l'État du peuple, à commencer par RENVERSER la dictature d'occupation canadianisatrice actuelle.
    Et pour cela, il faut disposer d'une députation candidate qui s'ENGAGE à mettre le peuple au pouvoir, et qui DÉCLARE REFUSER de former un gouvernement collabo de plus qui gouvernera le peuple alors que ce gouvernement est subordonné à un Loi qui n'est pas celle du peuple.
    Pour l'heure, aucun parti, aucune députation candidate ne s'y est ENGAGÉ. Voilà sur quoi il faut travailler, sans cesse et sans relâche, à défaut, nous serons divisés, sans pouvoir, livrés à la suprématie ILLÉGITIME d'un État qui n'est pas celui du peuple démocratique que NOUS sommes.
    En attendant, il ne faut pas se scandaliser du fait que les partis et les chef,fes de partis foulent aux pieds les principes démocratiques d'une manière aussi inadmissible.
    Le scandale, c'est le fait qu'aucun parti ne s'ENGAGE à RENVERSER la dictature canadianisatrice.
    Le scandale, c'est que nos élites politiques, autant soi-disant souverainistes, que soi-disant fédéralistes, autonomistes ou autruches, refuse de convenir du fait que l'État qui s'applique est tout sauf DÉMOCRATIQUE, puisque sa Constitution n'a jamais obtenu le clair OUI référendaire de ce peuple.
    Le scandale, c'est d'entendre impunément Gilles Duceppe déclarer que la « démocratie canadienne est admirable ».
    Le scandale, ce d'entendre Pauline Marois dire qu'un gouvernement du PQ minoritaire ou majoritaire sera LÉGITIME... alors que ce gouvernement qu'elle prévoit former ne pourra en aucun cas l'être, même s'il est légal, il ne saurait être démocratiquement légitime puisqu'il sera subordonné à une LOI et une LÉGALITÉ qui n'a jamais obtenu l'aval du peuple qu'on prétend ainsi gouverner à bon droit... Ce qui est un non sens qu'a bien vu Louis-Joseph Papineau dans ses déclarations constituantes de 1837 et 1867 déclarations constituantes.
    Il n'y a de gouvernements démocratiques responsables que dans un État démocratiquement responsable, « entièrement dépendant » du peuple. Ce que n'est pas l'État ILLÉGITIME actuel du Québec/Canada.
    Il faut de un d'abord l'admettre. Cela admis, on peut dès lors reconnaître la primauté effective de la souveraineté démocratique du peuple et s'en réclamer pour APPELER ce peuple à l'INVALIDER par référendum, pour fonder ensuite un État VALIDE, démocratiquement VALIDE.
    À défaut, bien sûr que toute la vie politique est corrompue par le vide d'État démocratique actuel. Y compris bien sûr dans les débats des chef,fes...

  • Archives de Vigile Répondre

    18 août 2012

    Il est certain que l'oligarchie décidant qui fera partie des débats télévisés s'assure ainsi d'avoir des élus qui leur seront dociles.
    Il est presqu'impossible pour des candidats et des partis sans visibilité médiatique d'espérer gagner des élections.
    Ça fait quand même longtemps que c'est comme ça. Il est curieux que si peu de gens s'en aperçoivent ou s'en offusquent.
    Quand tout va bien dans ta vie au point de vue emploi, salaire, statut social et que tu fais la belle vie, je suppose que tout te convient comme "démocratie". Le fait que les dés soient pipés d'avance n'a ainsi plus d'importance.
    Les seuls que cela peut affecter, ce sont les pauvres et les démunis de la société, mais qui s'en soucie?

  • Archives de Vigile Répondre

    18 août 2012

    C'EST UNE HONTE. Qu'un consortium de vendeur de publicité décide qui la population devrait entendre pour se faire une idée de la meilleur direction politique d'un état est tout simplement une forme de dictature. Rien de démocratique dans ce pays. Voter pour des candidats que nous n'avons pas choisis c'est déjà pas ça une démocratie ! Si en plus on nous en montre que quelques-uns au choix du boss des télés. Alors là, on est carrément dans du délire totalitaire.
    Et vous avez raison, qu'aucun autre parti, aucun autre chef, ne se soit levé pour hurler son indignation avec cette position est d'une MORBIDITÉ incroyable.
    Dans ce PAYS il ne faut pas l'oublier, il y a aussi une loi 12 en application qui limite le droit d'association et d'expression et pendant des mois sur notre territoire c'est la force policière qui décidait de la pluie et du beau temps dans les rues. Alors pouvez-vous me dire ou est la démocratie au Québec. Vous avez le droit de parler, mais pour dire ce qu'ils veulent entendre. Après une certaine ligne, c'est la violence policière ! Les arrestations massives, les procès, les amendes.
    Voter nos lois et écrire nous même notre constitution ÇA ce serait de la démocratie. La possibilité d'appeler des Référendums citoyens, ce serait aussi un bon début.
    Mais tout ce qui se passse en ce moment ICI, ce que je nommerai LA RÉALITÉ socio-politique actuelle, N'A RIEN DE LA DÉMOCRATIE. Le peuple a vraiment besoin de se réveiller, ET ÇA PRESSE !
    Le vrai travail sera à faire après les élections tenues dans cette forme actuelle. La mobilisation devra ensuite être MASSIVE.

  • Archives de Vigile Répondre

    18 août 2012

    Monsieur Thompson,
    En Occident, la véritable démocratie n'existe pas. Nous vivons dans une oligarchie. Il est bon à ce sujet de citer l'écrivain français Yvan Blot. Dans un résumé du livre de monsieur Blot intitulé "L'Oligarchie au pouvoir", Henri Dubost souligne:
    "Les représentants élus par le peuple ne contrôlent pas le gouvernement"
    "Les candidats qui se présentent devant les électeurs sont désignés à l’avance par les partis, et sont donc choisis pour leur parfaite docilité. Ainsi, souligne Yvan Blot, « ceux qui pourraient contrôler sérieusement le gouvernement (la majorité) ne le souhaitent pas (par discipline de parti), alors que ceux qui voudraient contrôler le gouvernement (l’opposition) ne le peuvent pas, parce qu’ils sont minoritaires ». Certes, « des membres de la classe politique peuvent perdre les élections, mais ils sont remplacés par des équivalents dont la politique n’est jamais très différente de celle de leurs prédécesseurs,"
    http://www.vigile.net/L-oligarchie-au-pouvoir-de-Yvan