Immigration : un avant et un après-Roxham

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La Presse vante le tsunami migratoire planifié par le gouvernement Trudeau


Accueil de 25 000 réfugiés syriens en quelques mois. Gazouillis pro-immigration sur Twitter. Un réfugié nommé ministre de l’Immigration. Et arrivée de milliers de migrants sur le chemin Roxham à la frontière canado-américaine. Justin Trudeau n’a pas manqué une occasion de présenter un Canada ouvert aux nouveaux arrivants. Quatre ans plus tard, le discours est-il toujours fidèle à la réalité ?


Les deux visages du gouvernement Trudeau





PHOTO MARK BLINCH, ARCHIVES REUTERS


Le premier ministre Justin Trudeau accueille une famille de réfugiés syriens qui arrive à l’aéroport international Lester B. Pearson de Toronto, à Mississauga, en décembre 2015. 





Justin Trudeau ? Le médecin burundais n’avait jamais entendu parler du premier ministre du Canada quand il a décidé d’emprunter le chemin Roxham avec sa femme et sa fillette de 3 ans, en avril de l’an passé. Il avait cependant entendu que le Canada traitait mieux les réfugiés que les pays européens et que le pays de Donald Trump.




 



« On est arrivés à la frontière à 18 h. Au début, on a eu peur quand on nous a dit que nous étions en état d’arrestation, mais ça n’a duré que quelques secondes. Le policier nous a souri et a dit : “Bienvenue au Canada !” Et on nous a écoutés », se rappelle Kamara, 39 ans. Le ton était donné.


 

Le père de famille, qui a depuis obtenu le statut de réfugié, nous demande de le citer en utilisant un nom fictif pour des raisons de sécurité liées à la situation politique dans son pays d’origine.


Un an et demi après son arrivée, Kamara s’est reconstruit une vie dans la région de Montréal. Sa femme travaille dans une garderie. Il a trouvé un boulot dans un centre d’appels. Il répond aux requêtes des clients de Home Depot. « Le centre d’appels, c’est bien loin de la médecine, dit-il. Ça m’a pris du temps avant d’accepter que je n’allais pas pratiquer la médecine immédiatement. Pour le moment, on a à manger, on a un toit, j’ai repris les études pour faire de la recherche en santé publique, dit-il. Je vois le bout du tunnel. »


Aujourd’hui, le nouveau Longueuillois suit de près les nouvelles entourant les élections de l’automne.




Depuis que je suis ici, j’en sais plus sur Justin Trudeau. Son discours par rapport à l’immigration est très humain. Et le système qui a été mis en place pour accueillir les réfugiés et les demandeurs d’asile correspond au discours. Ses politiques sont devenues plus restrictives dans les dernières années, mais je comprends. Aujourd’hui, on entend que des gens sont refoulés à la frontière.



Kamara, réfugié burundais



Deux Trudeau en immigration


Kamara n’est pas le seul à avoir remarqué le changement d’approche du gouvernement Trudeau à l’égard des demandeurs d’asile au cours des dernières années. Ceux qui suivent de près les politiques gouvernementales dans le domaine s’entendent pour dire qu’il y a eu deux gouvernements Trudeau en matière d’immigration. Un avant l’arrivée des demandeurs d’asile à Roxham. Et un autre après.




 



La première incarnation était celle des bras ouverts aux réfugiés. Dans les tout premiers mois de son mandat, en 2015 et en 2016, le gouvernement fédéral a fait venir 25 000 réfugiés syriens en provenance des camps du Liban, de la Jordanie et de la Turquie alors qu’au même moment, la plupart des pays européens tentaient de fermer leurs portes aux migrants qui arrivaient par voies terrestre et maritime en nombre record.


« Au début, il y avait un grand vent d’ouverture. Les “sunny ways” de Trudeau ont eu un impact immédiat après des années très dures en immigration [sous les conservateurs] », dit Guillaume Cliche-Rivard, président de l’Association québécoise des avocats et des avocates en droit de l’immigration.




La porte ouverte aux Syriens a été importante. Ça a offert une nouvelle vie à des milliers de réfugiés et ça a enrichi la communauté canadienne.



Janet Dench, directrice générale du Conseil canadien pour les réfugiés



« Tellement de gens se sont mobilisés pour les accueillir », note-t-elle, en rappelant qu’une bonne partie du travail a été faite par des citoyens canadiens dans le cadre de parrainages privés.




 



#BienvenueAuCanada


Dès le début de son mandat, le gouvernement Trudeau s’est aussi attaqué aux délais qui rendaient interminables les procédures pour les Canadiens qui voulaient parrainer un époux ou une épouse. Il a triplé le nombre de parents qui peuvent être parrainés chaque année par leurs enfants qui vivent au Canada.


Quand Donald Trump – tout juste devenu président des États-Unis – a signé un décret qui fermait la porte de son pays à des ressortissants de plusieurs pays musulmans, Justin Trudeau a répliqué par la bouche du réseau social préféré du président américain, Twitter. « À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, les Canadiens vont vous accueillir, sans égard à votre foi. La diversité est notre force. #BienvenueAuCanada », a écrit le premier ministre canadien.





PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE


Un père est arrêté sous le regard de ses deux enfants après que la famille de migrants a traversé illégalement la frontière canadienne par le chemin Roxham, en Montérégie, en mai 2017.





Au cours de l’année qui a suivi ce gazouillis, plus de 20 000 personnes ont traversé la frontière entre les États-Unis et le Canada à pied. Près de 90 % d’entre eux sont passés par le chemin Roxham, en Montérégie. Au cours de l’été 2017, le gouvernement du Québec a dû improviser des lieux d’hébergement pour faire face à cette vague de migrants, réquisitionnant même le Stade olympique.




 



« La réaction du gouvernement au début a été un peu étonnante. On a réagi comme si c’était la première neige. Chaque année, on est pris de court, même s’il neige tous les ans, dit René Fréchette, directeur général d’Accueil Liaison pour Arrivants (ALPA). C’est pareil pour les demandeurs d’asile, on a vécu plusieurs grandes vagues dans le passé, qu’on pense aux boat people ou aux Mexicains, mais on a fait comme si c’était la première fois. Mais une fois que la machine s’est mise en place, ça s’est très bien passé », dit-il.


Aujourd’hui, alors que 50 personnes arrivent quotidiennement par le chemin Roxham, le Québec dispose d’infrastructures d’accueil permettant d’héberger plus de 1700 personnes, mais elles ne sont pas au maximum de leur capacité.


Le revirement


Depuis 2018, une série de mesures mises en place par le gouvernement Trudeau a freiné en partie l’arrivée des demandeurs d’asile. « Quand Trudeau a nommé Bill Blair au poste de ministre de la Sécurité frontalière, on s’est dit que la game avait changé, dit Guillaume Cliche-Rivard. Nommer un ancien chef de police pour s’occuper de la frontière et de la relation avec les États-Unis, c’est un message assez clair. »





PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE


Le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair





Le ministre Blair a eu pour mandat de demander aux États-Unis de resserrer leur système de visas pour stopper le flot de Nigérians qui transitaient par les États-Unis pour entrer au Canada. En entrevue avec La Presse, le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, note que le gouvernement a aussi déployé des agents des services frontaliers au Nigeria et ailleurs afin d’intercepter ceux qui prennent l’avion vers le Canada pour demander l’asile.




 



Le milieu de l’immigration a été consterné au printemps d’apprendre que le gouvernement Trudeau avait introduit en catimini, dans un projet omnibus, une mesure qui interdit à ceux qui ont déjà demandé l’asile aux États-Unis ou dans un pays considéré comme « sûr » d’être entendus à nouveau au Canada. 




Depuis que Blair a été nommé, les pratiques ont changé au sein du gouvernement Trudeau. Ils ont grandement réduit l’admissibilité des demandeurs d’asile.



Stephan Reichhold, directeur général de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes



« Selon moi, c’est de la stratégie politique avant les élections. Je ne pense pas que ça reflète vraiment les idées de Justin Trudeau », dit Stephan Reichhold, directeur général de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.


Même s’il est conscient que les nouvelles règles rendent la vie plus difficile à des gens comme lui, Kamara dit « comprendre » le resserrement des règles, compte tenu des craintes d’une partie de la population de voir une marée humaine débarquer au chemin Roxham. « Le discours, lui, n’a jamais changé. Contrairement à d’autres, Justin Trudeau n’a jamais présenté les réfugiés comme un fardeau », dit Kamara.




 



Entrevue avec le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen





PHOTO PATRICK DOYLE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE


Le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen





« Nous devons continuer sur notre lancée »


Au moment où les politiciens anti-immigration ont le vent dans les voiles, de la Hongrie aux États-Unis en passant par l’Italie, le gouvernement Trudeau croit avoir fait les bons choix en ouvrant grand les portes du pays aux immigrants. « Nous devons continuer sur notre lancée », a dit à La Presse le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen.


Le Canada a connu des années records d’immigration depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir, en 2015. L’an dernier, plus de 321 000 personnes sont arrivées au pays, nombre auquel il faut ajouter les immigrants sélectionnés par le Québec. S’ils sont élus, les libéraux comptent augmenter les cibles d’immigration fédérales à 341 000 en 2020 et à 350 000 en 2021.


Selon le ministre Hussen, loin de faire cavalier seul dans la tourmente actuelle qui nourrit les partis d’extrême droite, le Canada fait plutôt « l’envie du monde ». « Quand le reste du monde regarde notre système d’immigration, ils sont envieux. Ils se demandent comment les Canadiens sont capables de réinstaller des milliers de personnes de partout dans le monde tout en leur permettant de contribuer à leur tour au Canada », dit le ministre, qui est lui-même venu de la Somalie au début des années 90 et a rapidement reçu le statut de réfugié.


Le modèle canadien


Il note que 12 pays, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays-Bas, sont en train d’adopter le système de parrainage privé en vigueur au Canada depuis 40 ans et qui permet à des individus ou à des organisations de prendre en charge des réfugiés.




En 40 ans, plus de 2 millions de citoyens ont parrainé un réfugié. Nommez-moi un autre pays où l’on peut dire ça. C’est en plus des réfugiés que le gouvernement a parrainés !



Le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen



Dans cette lignée, note-t-il, la venue de 68 000 réfugiés syriens au cours des quatre dernières années est un excellent exemple. Ils ont été pris en charge presque également par le gouvernement et des groupes de parrains privés. « Selon une étude récente, [ces réfugiés] vont bien. Ils apprennent la langue, ils travaillent. Plusieurs se sentent intégrés et ont un sens d’appartenance au Canada, dit-il, citant un rapport de Statistique Canada. C’est, en général, un grand succès », soutient le ministre.




 



Il se félicite que le Canada ait joué un rôle de leader dans ce dossier. « Nous avons pris beaucoup plus de réfugiés syriens que nos partenaires, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, alors que nous avons une plus petite population. On ne pouvait pas laisser toute la responsabilité aux pays [voisins de la Syrie] comme la Turquie, le Liban et la Jordanie. Nous devions faire notre part. »


Les leçons de Roxham


« Je crois que nous avons géré tout ça de manière responsable », estime celui qui a pris les rênes du ministère de l’Immigration tout juste avant l’arrivée de dizaines de milliers de personnes à la frontière canado-américaine pendant l’été 2017. 


« Nous avons bien collaboré avec les municipalités et les provinces dès le début. Nous avons appris rapidement que plusieurs des gens [qui sont passés par Roxham] étaient sujets à de la désinformation à notre sujet. Nous avons fait l’effort d’aller aux États-Unis et ailleurs pour éduquer les demandeurs d’asile au sujet de notre système d’asile et pour parler de la désinformation sur les réseaux sociaux. » « Ç’a eu un impact », dit-il, notant que le nombre de personnes qui se présentent à la frontière a nettement diminué cet été par rapport aux deux derniers.


Il défend aussi la décision récente de son gouvernement de refouler les individus qui ont déjà demandé l’asile aux États-Unis, et ce, malgré les récentes politiques controversées de l’administration Trump à l’égard des réfugiés et des demandeurs d’asile.




Je peux vous dire que nous surveillons de près les États-Unis dans leur capacité à maintenir les standards internationaux en matière d’asile. En ce moment, les protections [pour les demandeurs d’asile] sont en place.



Le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen



La gestion de la venue des demandeurs d’asile et des réfugiés n’a pas été le seul chantier de son gouvernement en matière d’immigration, souligne le ministre. « Nous avons éliminé les arriérés dans le système, nous avons regroupé plus de familles et avons rendu le processus de regroupement plus rapide, nous avons permis aux employeurs canadiens de faire venir des gens de talent ici et de le faire rapidement. Nous avons introduit des programmes qui permettent d’étendre les bénéfices de l’immigration aux régions rurales et éloignées. Mais plus que tout, je suis fier que nous ayons amélioré la capacité du Canada à présenter l’immigration comme un “success story” économique […] qui permet d’attirer les gens les plus brillants au pays. »


En terrain miné


Le ministre Hussen refuse pour autant d’écorcher au passage le gouvernement de François Legault, qui a établi des quotas d’immigration à la baisse au Québec. Lorsqu’on l’interroge sur la décision du gouvernement caquiste de suspendre un programme facilitant l’immigration des étudiants étrangers qui obtiennent un diplôme au Québec, Ahmed Hussen se permet un timide « c’est dommage », avant d’expliquer comment le gouvernement fédéral vient tout juste d’étendre un programme visant les étudiants étrangers au Sénégal et au Maroc. « Ça va grandement bénéficier au Québec », affirme-t-il.




 



Le ministre est beaucoup moins poli à l’égard du Parti conservateur d’Andrew Scheer. « Tout [ce que nous avons fait] sera perdu si les conservateurs [prennent le pouvoir] parce qu’ils n’ont pas de plan en immigration. Ils ont passé les dernières années à répandre de la désinformation et de la peur au sujet des immigrants. Nous avons passé ce temps à nettoyer le dégât qu’ils avaient laissé derrière. »


Réactions des partis de l’opposition





PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE


Michelle Rempel, députée de Calgary Nose Hill, porte-parole du parti en matière d’immigration





Parti conservateur : « Trudeau néglige les demandeurs d’asile ailleurs sur la planète »


« En mettant la priorité sur ceux qui entrent au Canada par le chemin Roxham, le gouvernement Trudeau néglige les demandeurs d’asile ailleurs sur la planète qui ont vraiment besoin du Canada », dit Michelle Rempel, porte-parole du Parti conservateur du Canada en matière d’immigration, qui ajoute que l’entente sur les tiers pays sûrs devrait s’étendre aux points d’entrée illégaux. Dans ce dossier, la députée de Calgary Nose Hill juge que le gouvernement n’a pas accordé suffisamment d’autonomie aux provinces pour gérer cet afflux de réfugiés. Mme Rempel déplore également que les cibles en immigration soient établies selon le nombre de nouveaux venus, alors que « cela devrait être fait en fonction du budget dont nous disposons pour bien les intégrer et les besoins des entreprises canadiennes ».


NPD : « De nombreuses communautés frontalières en ont subi les conséquences »





PHOTO JONATHAN HAYWARD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE


Jenny Kwan, porte-parole du NPD en matière d’immigration, que l’on voit ici en compagnie du chef du parti, Jagmeet Singh





« Le gouvernement de Trudeau a très mal géré le dossier des demandeurs d’asile. De nombreuses communautés frontalières, surtout au Québec, mais aussi au Manitoba et en Colombie-Britannique, en ont subi les conséquences », dit Jenny Kwan, députée de la circonscription de Vancouver-Est et porte-parole en matière d’immigration du Nouveau Parti démocratique (NPD). Mme Kwan avance que les libéraux auraient dû retirer le Canada de l’entente des tiers pays sûrs afin de normaliser la situation à la frontière avec les États-Unis et régulariser l’entrée des réfugiés. « Nous avons demandé au gouvernement de donner plus d’argent aux provinces pour gérer la situation. Ç’a été trop long et les sommes ne sont pas suffisantes », ajoute la députée néo-démocrate.


Bloc québécois : « C’est un bar ouvert »





PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE


Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet





Selon le chef du Bloc québécois, le gouvernement en place ne tient pas compte des besoins et de la spécificité de la province en matière d’immigration. « C’est un bar ouvert. Avec l’approche multiculturaliste, qui est une politique officielle, les gens entrent dans le pays sans volonté d’intégration. Le Québec valorise l’approche interculturaliste, qui favorise l’intégration », notamment par l’apprentissage de la langue française, dit M. Blanchet. Il reproche aussi au gouvernement Trudeau la situation au chemin Roxham, « l’éléphant dans la pièce ». « Presque tout le monde entre au Québec et cela représente des coûts importants. Cela impose aussi un poids supplémentaire sur le système québécois, surtout les écoles, qui sont déjà sous pression », fait valoir M. Blanchet.


Parti populaire du Canada : « Désastreux »





PHOTO JUSTIN TANG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE


Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier





« Désastreux. » Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, ne mâche pas ses mots pour décrire les mesures du gouvernement de Justin Trudeau en matière d’immigration et des réfugiés. « Ce qui arrive au chemin Roxham est la faute de M. Trudeau. Ses actions ont fait en sorte que la frontière et la souveraineté du Canada ne sont pas respectées », dit-il. M. Bernier juge également que le pays a accueilli trop d’immigrants « légaux » qui n’ont pas comblé les besoins des employeurs canadiens. « Nous proposons d’en accueillir beaucoup moins, mais de mieux les traiter », fait valoir le chef du Parti populaire du Canada. De 310 000 cette année (selon ses chiffres), il propose de réduire ce nombre à un maximum de 150 000 par année.




 



— Dominique Talbot, La Presse


Le mandat libéral en quelques dates





PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE


Des images de policiers, comme celui-ci, aidant des migrants qui traversent la frontière dans la neige ont fait le tour du monde.





Automne 2015


En campagne électorale, Justin Trudeau promet d’accueillir 25 000 réfugiés syriens « parrainés par l’État » avant la fin de l’année. Ces derniers doivent être réinstallés au Canada à partir des camps de Jordanie, du Liban et de Turquie.


19 octobre 2015


Les libéraux remportent les élections fédérales. Le gouvernement établit à 300 000 arrivants la cible d’immigration par année.


4 novembre 2015


Justin Trudeau nomme John McCallum, député de Markham, en Ontario, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.


24 novembre 2015


Dans son plan officiel, le gouvernement reporte la date butoir pour l’arrivée de tous les réfugiés syriens.


10 décembre 2015


Justin Trudeau accueille les premiers réfugiés syriens à l’aéroport.





PHOTO NATHAN DENETTE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE


Le premier ministre Justin Trudeau donne un manteau d’hiver à une jeune réfugiée syrienne qui vient d’arriver avec sa mère à l’aéroport de Toronto.





12 décembre


Un premier groupe de 161 réfugiés syriens arrive à Montréal.


28 février 2016


Le gouvernement annonce que le 25 000e réfugié syrien est arrivé au Canada.


Septembre 2016


De nouvelles données de Statistique Canada révèlent que le Canada a reçu 321 000 immigrants entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016, un nouveau record.


10 janvier 2017


Justin Trudeau nomme Ahmed Hussen, député de York South et réfugié d’origine somalienne, ministre de l’Immigration.


27 janvier 2017


Juste après sa prestation de serment, le président américain Donald Trump signe un décret qui interdit l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de l’Iran, du Yémen, de la Syrie, de la Libye, de la Somalie, du Soudan et de l’Irak. De grandes manifestations ont lieu dans les aéroports et, dans les jours qui suivent, une cour américaine suspend l’entrée en vigueur du décret.





PHOTO CARLOS BARRIA, ARCHIVES REUTERS


Le président Donald Trump signe le décret migratoire interdisant l’entrée sur le territoire américain pour une durée de trois mois de ressortissants de sept pays musulmans.





28 janvier 2017


Dans un tweet, Justin Trudeau écrit : « À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, les Canadiens vont vous accueillir, sans égard à votre foi. La diversité est notre force. #BienvenueAuCanada »


De janvier à décembre 2017


Près de 20 600 migrants traversent la frontière de manière irrégulière des États-Unis vers le Canada. La grande majorité, soit plus de 90 %, emprunte le chemin Roxham, en Montérégie. Des images de policiers aidant les migrants qui traversent dans la neige font le tour du monde. La plupart font une demande d’asile. Ils représentent 40 % des demandeurs d’asile qui arrivent au Canada cette année-là.


Novembre 2017


Le gouvernement Trudeau annonce une hausse des cibles d’immigration pour les années 2018 (310 000 personnes), 2019 (340 000) et 2020 (340 000). La grande majorité de ces cibles concerne la migration économique.


2018


Au cours de l’année, 55 020 personnes demandent l’asile au Canada. De ce nombre, 19 420 arrivent au Canada de manière irrégulière. Si, en 2017, Haïti était le principal pays d’origine des migrants ayant traversé la frontière à pied, en 2018, c’est le Nigeria qui arrive en tête.


Printemps 2018


Le gouvernement canadien tient des pourparlers avec le gouvernement américain pour endiguer l’arrivée de migrants par la frontière canado-américaine. Le Canada demande notamment aux États-Unis de revoir leur système de visas.


Septembre 2018


Entre l’élection de Justin Trudeau et le 25 septembre 2018, 58 650 réfugiés syriens, issus de 18 366 familles, sont arrivés au Canada. En tout, 27 136 réfugiés syriens ont été pris en charge par le gouvernement fédéral, 26 602 ont été accueillis grâce à des parrainages privés et 4912 par le programme mixte public-privé qui n’est pas en vigueur au Québec. De ce nombre, 12 000 se sont installés au Québec. La grande majorité d’entre eux (88 %) est arrivée dans la province grâce aux parrainages privés.





PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE


La grande majorité des réfugiés syriens s’étant établis au Québec est arrivée dans la province grâce aux parrainages privés.





19 mars 2019


Le gouvernement Trudeau modifie la loi sur les réfugiés. Les migrants qui ont déjà déposé une demande d’asile aux États-Unis ou dans un autre pays considéré comme « sûr » ne peuvent plus revendiquer le statut de réfugié au Canada.


Fin juin 2019


Selon des statistiques gouvernementales, 6700 personnes sont entrées au Canada de manière irrégulière entre le 1er janvier et le 30 juin 2019, soit une diminution de 38 % par rapport à 2018.


29 août 2019


Le gouvernement fédéral verse 250 millions au gouvernement du Québec pour les coûts liés aux migrants qui sont arrivés de manière irrégulière par le chemin Roxham en 2017 et en 2018.