Histoire à l’école: l’amnésie programmée

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En une génération, le Québec est passé de «Je me souviens» à «De kossé ?»






Certaines informations mériteraient davantage qu’un entrefilet.




Parmi celles-là, il y a l’intention annoncée de Sébastien Proulx de liquider le nouveau programme d’histoire du Québec que le ministère de l’Éducation était en train d’implanter.




Les désabusés s’en moqueront.




Pour eux, l’histoire est une série de dates périmées. Vivons au temps présent! Délivrons-nous des morts et des époques passées!




Évidemment, ils ont tort.




Un peuple sans mémoire est condamné à l’insignifiance. Il est aussi condamné à ne plus comprendre son présent. Une nouvelle chassant l’autre, il ne sera jamais capable de mettre les choses en perspective.




L’inculture historique est une des pires qui soient. C’est celle de l’individu qui croit que le monde est né avec lui et qu’il peut traiter avec condescendance les générations passées.




Inculture




À l’origine de ce nouveau programme, il y avait un constat: l’effondrement de la mémoire collective au Québec. Non seulement on enseignait insuffisamment l’histoire, mais on l’enseignait mal.




D’une année à l’autre, le récit était répétitif. C’est qu’il n’était pas très bien construit. L’histoire a tout pour émerveiller. Pourtant, elle lassait les jeunes générations.




En plus, le récit était écrasé par le politiquement correct.




Le monde amérindien était un paradis merveilleux. L’arrivée des Français, une tragédie odieuse. Et la conquête anglaise, le début de la démocratie lumineuse. En gros, nos origines françaises étaient diabolisées.




On tue l’identité d’un peuple en lui inculquant la honte de son passé.






Un peuple sans mémoire est condamné à l’insignifiance.










Puis, il y a eu une bataille. Des associations de professeurs d’histoire et des intellectuels se sont mobilisés pour réformer l’enseignement de l’histoire.




Leur objectif: redonner sa mémoire au peuple québécois. Apprendre aux générations à venir les grands repères qui façonnent notre passé.




Cette bataille a abouti sous le gouvernement Marois. Un nouveau programme a été élaboré. Puis mis en place. Une fois les libéraux arrivés au pouvoir, ils l’ont même endossé.




C’est que la transmission de l’histoire d’un peuple ne se laisse pas réduire à de simples considérations partisanes.




Qu’on soit péquiste, libéral ou caquiste, nous partageons la même aventure collective.




Et le cours était très bien accueilli par les enseignants.




Capitulation




Mais ça, c’était vrai jusqu’à la semaine passée.




La frange radicale du lobby anglophone, le Quebec Community Groups Network, chignait depuis un temps. Ce retour à l’histoire cachait selon elle une vision trop nationaliste du Québec.




En gros, le simple fait de rappeler dans l’enseignement de l’histoire que nous sommes un peuple avec son identité lui semblait exagéré.




Rappeler que nous ne sommes pas une minorité ethnique parmi d’autres, mais un peuple à part entière, c’est apparemment offensant.




Ce qui devait arriver arriva.




Puisque le PLQ est couché devant son électorat anglophone, Sébastien Proulx, le ministre de l’Éducation, a décidé, subtilement mais réellement, de déconstruire le cours d’histoire.




Le nouveau cours sera optionnel.




Autrement dit, l’histoire du peuple québécois devient optionnelle dans son propre pays.




L’amnésie progressera.




Nous travaillons très fort à réaliser la vieille prophétie de Lord Durham et à faire de nous un peuple sans histoire, voué à l’oubli.



 




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