Gérontocratie démocrate

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Le parti démocrate incapable de présenter un opposant crédible à Trump


Le Congrès américain issu des élections de novembre dernier sera assermenté aujourd’hui. Avec la sénatrice Elizabeth Warren qui annonçait lundi sa candidature à l’investiture démocrate, le compte à rebours vers l’élection présidentielle de 2020 est lancé.


Pour reconnaître quelqu’un qui parle de politique américaine sans s’y connaître, il suffit de chercher ceux qui déplorent qu’on peine à voir qui, des démocrates, battra Donald Trump. Le système américain n’est pas comme le nôtre, où les partis sont dirigés par un chef connu longtemps à l’avance. Personne ne connaissait Bill Clinton un an avant qu’il ne soit président.


Des démocrates en vue qui se voient candidats, on en compte treize à la douzaine. Ils ont des profils assez différents pour qu’un vrai choix soit offert. Rien ne sert que l’actuel locataire de la Maison-Blanche dispose de près de deux ans pour démoniser son adversaire sur Twitter en s’assoyant chaque matin sur son bol de toilette en or.


L’establishment


Toute l’attention est placée sur le Congrès pour dénouer l’impasse du « shutdown » qui paralyse l’administration américaine. Dans ce contexte, le plus gros problème des démocrates, c’est qu’ils présenteront aux électeurs un leadership qui leur rappellera tout ce qu’ils détestent de cette famille politique.


L’establishment démocrate a interdit que l’on considère une autre candidature que celle de Nancy Pelosi pour présider la Chambre des représentants, fonction très importante, deuxième dans l’ordre de succession présidentielle. L’élue du 12e district de Californie est âgée de 78 ans. Elle est au Congrès depuis 1987, dans des circonscriptions où les démocrates sont indélogeables.


Valorisation de l’ancienneté


Pelosi a déjà occupé le poste de 2007 à 2011. Elle représente l’archétype de la bourgeoisie démocrate libérale ambiguë, qui adapte son discours au contexte, sans jamais l’épouser vraiment. Alors que le parti de l’âne table sur un formidable renouvellement dans la foulée des élections de novembre, la machine à perdre démocrate a choisi de plutôt mettre en vitrine un visage usé, s’appuyant sur un principe dépassé de valorisation de l’ancienneté qui pousse à la gérontocratie.


Bref, l’antagoniste rêvée pour le prétendument antisystème Donald Trump.



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Claude Villeneuve136 articles

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L’auteur est blogueur au Journal de Montréal et au Journal de Québec. Il a été président du Comité national des jeunes du Parti Québécois de 2005 à 2006 et rédacteur des discours de la première ministre Pauline Marois de 2008 à 2014.