Gendron-le-clown

Coalition pour l’histoire


Non mais y est-tu drôle un peu, notre ami le maire d'Huntindgon? À le voir à TQS faire ses grimaces dignes d'un déficient atteint de paralysie cérébrale, on se dit qu'il devrait changer de carrière et se lancer dans l'humour. On est habitués à voir des humoristes se prendre au sérieux sur une scène, il serait dans son élément, la tête d'œuf à Gendron.
Avez-vous entendu les dernières « jokes » de ce zigoto qui se prend pour quelque chose? Je vous les donne en mille, si vous étiez occupés à autre chose de plus important que regarder ces deux guignols : il n'y a pas eu de Conquête anglaise ni d'oppression, les Patriotes ne se battaient pas pour l'indépendance et l'Union a été une bonne chose. Tordant au boutte! Le Festival Juste pour rire devrait lui ouvrir grandes ses portes et lui donner un cachet supérieur aux autres petits comiques, qui n'arrivent visiblement pas à la cheville de Gendron-le-clown. Faut bien rendre à César ce qui appartient à César!
Ainsi donc, il n'y a pas eu de Conquête en 1759-60? Ben non, voyons! C'est la France qui a donné des forfaits vacances à quelques soldats anglais et, voyant qu'ils se plaisaient sur nos terres, les leur ont donnés lors du traité de Paris! Les histoires à l'effet que Wolfe aurait saccagé la Gaspésie et les villages le long du fleuve, ainsi que bombardé Québec pendant deux mois avant la bataille des Plaines, c'est des mythes « séparatisses », hein mossieu l'maire?
Les Patriotes ne se battaient pas pour l'indépendance? Vous voulez rire? C'est vrai que certains devaient se battre pour des « réaménagements » de type « souveraineté-association-partenariat », mais De Lorimier, à la fin de son testament, s'écrie « VIVE LA LIBERTÉ! VIVE L'INDÉPENDANCE! »... mais il ne se battait pas pour ça? Et Robert Nelson, signataire de la Déclaration d'indépendance de 1838 à titre de président du gouvernement provisoire de la République du Bas-Canada, il se battait pourquoi? Pour le déséquilibre fiscal? Quel historien à la gomme vous faites, M. Gendron!
Quant à l'oppression, c'est sûr qu'il y en a pas eue, voyons! Y a pas eu de villages incendiés lors des rébellions, de Patriotes exécutés ou déportés, d'émeutes réprimées dans le sang en 1832 à Montréal et en 1917 à Québec, rien de tout ça! Nos amis anglais ne peuvent pas avoir fait ça, c'est impossible! Ils voulaient nous ouvrir à la civilisation, la démocratie et la liberté, comme ces bons Américains en Irak. Arrêtons donc de toujours vouloir la chicane avec d'aussi généreux « partenaires »...
Et l'Union et la Confédération? Ben voyons, ç'a été bon pour nous, c't'affaire! Comme vous êtes intelligent, monsieur l'humoriste-avocat-politicien-animateur! Durham ne voulait pas l'assimilation, qu'est-ce que vous pensez là? Comme ses amis de Westminster, il était bien intentionné à notre égard, il trouvait que ça servait à rien de parler français, il ne voulait pas qu'on se replie sur nous-mêmes mais plutôt qu'on s'ouvre sur le monde. Et ça, ça passait par l'inféodation du peuple québécois, pas par son indépendance. C'est ça qu'ils nous disent, nos brillants fédéralistes comme Gendron et compagnie.
Il ne viendrait pas à l'idée d'un Français (sauf aux nostalgiques de Vichy) de dire qu'il n'y a pas eu d'oppression de la part des Allemands pendant l'occupation de la France, quand on sait que des milliers de Français ont combattu cette occupation, au prix de dizaines de milliers de victimes. Et il ne leur viendrait pas à l'idée non plus de dire que l'occupation allemande a été bonne pour la France! « Mais ici, c'est pas pareil », qu'on va nous dire. Ah oui? Pourtant, on vit sur la même planète, nous sommes des humains comme les autres, donc les mécanismes de colonisation qui se sont passés ailleurs et qui se passent en Palestine ou en Tchétchénie devraient être les mêmes ici, non? La forme peut changer d'un endroit à l'autre mais sur le fond, où est la différence?
L'occupation d'un pays par un autre ne profite qu'à l'occupant et à ses valets parmi les occupés. Les fédéralistes vantent les bienfaits de l'annexion du Québec au Canada car ils en tirent des bénéfices : postes de ministres fédéraux, de sénateurs, de juges à la Supreme Court, d'éditorialistes, etc. Et ils s'emploient à nier l'occupation et à combattre ceux qui veulent y mettre fin pour rester dans les bonnes grâces de l'occupant. Le Plan B de Chrétien et ses sbires, c'était ça. Et le révisionnisme d'un Gendron et la défection d'un Pratte ou d'un Bachand, c'est le syndrome du rebelle écrasé par le poids de la dépendance, incapable d'assumer la responsabilité de défendre sa cause jusqu'au bout parce qu'il n'y croit pas ou par manque de caractère ou de volonté.
Encore un peu et, grâce aux bons soins de nos experts en maquillage du passé, l'histoire du Québec après 1760 ne sera plus celle d'un peuple envahi et soumis à un autre qui cherche à le néantiser mais celle de deux peuples qui n'en font plus qu'un et qui mettent leurs chicanes de côté et qui marchent main dans la main pour le meilleur et le pire dans la bonne entente et l'harmonie. « Dans l'honneur et l'enthousiasme », comme disait l'autre dans son discours écrit par son ami Lucien.


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