DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL

Fronde contre le démantèlement et les coupes

La coalition Touche pas à mes régions! est née

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La révolte des «abitants» de l'Acte de Québec de 1774

Une fronde s’organise contre l’abolition des Conférences régionales des élus (CRE) avec la mise sur pied de la coalition Touche pas à mes régions ! qui regroupe jusqu’à maintenant sept régions du Québec.

Dans une lettre envoyée lundi à Philippe Couillard, les porte-parole de la coalition, le maire de Gaspé, Daniel Côté, et le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, préviennent le premier ministre que les décisions de son gouvernement en matière de développement régional, au premier chef l’abolition des CRE et les coupes imposées aux centres locaux de développement (CLD), « auront des répercussions extrêmement néfastes sur le développement, l’autonomie et la gouvernance des régions rurales du Québec ».

Pour l’heure, cette coalition est formée des régions de l’Abitibi-Témiscamingue, du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, du Nord-du-Québec, de l’Outaouais et de Chaudière-Appalaches. Elle exige de se faire entendre à la commission parlementaire qui se penchera sur le projet de loi 28. Il est toutefois trop tard pour espérer y prendre part, la liste des participants étant déjà arrêtée depuis le début de décembre, a-t-on indiqué au cabinet du leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier. Ce projet de loi dit « omnibus » met en oeuvre diverses dispositions du budget Leitão en vue, notamment, du retour à l’équilibre budgétaire.

Pour bien des régions ressources ou éloignées, « la CRE est devenue un moteur essentiel de concertation et de développement régional », a affirmé au Devoir Jean-Maurice Matte, le président de la CRE de l’Abitibi-Témiscamingue et aussi préfet de la MRC de la Vallée-de-l’Or. Pour Daniel Côté, en vidant « le coffre à outils » des régions rurales et en les privant de ressources financières et d’une « riche expertise », le gouvernement Couillard « provoquera la stagnation, voire la régression de leur développement social et économique ».

Au lieu de compter sur 19 « interlocuteurs privilégiés » que représentaient les CRE, le gouvernement devra s’adresser à plus de 100 administrations, soit 87 MRC, et à 14 villes qui détiennent des compétences de MRC, a fait valoir Jean-Maurice Matte. « Le gouvernement ne fait aucun gain, ni administratif ni d’efficacité », juge-t-il. Le maire a rappelé que les CRE, mises sur pied en 2004 par le gouvernement Charest, avaient pris la relève des centres régionaux de développement (CRD), un levier de développement qui existait depuis 50 ans. « Notre plus grosse crainte, c’est la centralisation à Québec », a-t-il dit.

Touche pas à mes régions ! réclame que le gouvernement Couillard sursoie à ses décisions édictées sans qu’il consulte les régions, sans l’assentiment, non plus, de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), a indiqué son porte-parole.


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