Guerre culturelle

Être homme au Québec en 2020

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La révolution dévore toujours ses enfants


Il n’y a pas que la pandémie qui bouleverse la société. Le tsunami de dénonciations d’inconduite sexuelle élargit son territoire. Ceux qui sont dénoncés publiquement pour leur comportement déplorable envers les femmes ne représentent que la pointe de l’iceberg.


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Pour avoir eu vingt ans dans les années soixante, pour avoir travaillé dans le monde glamourisé des médias et de l’édition ici et en France, je saurais affirmer qu’au Québec, les hommes, quel que soit leur âge, sont susceptibles jusqu’à leur mort s’ils sont des personnalités publiques de se retrouver un matin en manchettes des journaux et sur les réseaux sociaux.


Dans le climat actuel, compte tenu de la libération de la parole féminine, peu d’hommes oseraient clamer qu’ils sont blancs comme neige. Qu’ils soient politiciens, professionnels, artistes, chefs d’entreprise ou membres du clergé, les hommes savent qu’avec les critères d’évaluation actuels leurs mains trop baladeuses, leurs propos grivois, leurs baisers volés, leur comportement de chasseur de femmes ou de prédateur sont une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Les tombeurs de femmes ne sont plus admirés. Au contraire, ce sont des femmes qui font tomber des hommes, avec ou sans preuve.


Dénonciation


Prenons le cas de Me Marc-Antoine Cloutier, président fondateur de Juripop, l’organisme d’aide aux victimes de violence conjugale ou sexuelle. En 2015, selon une femme qui exige l’anonymat, il aurait, dans une soirée privée, insisté pour coucher avec elle. Celle-ci a refusé ses avances.


Il y a un mois, la femme a raconté ce fait à la directrice de Juripop. Me Cloutier a nié les faits et a décidé de démissionner. Informée de cela, la victime alléguée, d’abord soulagée, s’est ravisée. Elle considère maintenant que Juripop l’a laissée tomber.


Notons que depuis 2015, la victime avait conservé des liens avec celui qu’elle accuse. En 2016, dans un texto, elle l’a invité à son anniversaire en lui avouant qu’elle l’aimait. En 2018, elle lui écrit de nouveau pour lui dire qu’elle souhaitait prendre une photo avec lui pour fêter les dix ans de leur amitié.


Comment l’avocat pourra-t-il blanchir sa réputation, son souhait le plus cher, évidemment ? Si les femmes qui dénoncent les hommes pour leur avoir fait des avances sexuelles se considèrent comme des victimes sous l’inspiration du féminisme radical, il faut dès lors désespérer des relations hommes/femmes. Sauf si des femmes elles-mêmes dénoncent ces chantages aux relents de vengeance. 








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Sexualité


À l’évidence, les relations entre les sexes se complexifient au Québec. Les contraintes sexuelles du temps de la morale catholique de l’époque du péché mortel apparaissent simples quand on les compare à ce que l’on trouve dans le Code criminel concernant les actes sexuels entre adultes.


Donc un homme, ayant exprimé son désir pour une femme, mais qui s’incline devant son refus à elle d’y consentir, peut devenir néanmoins un objet médiatique à la suite d’une dénonciation anonyme de la personne désirée. C’est le monde à l’envers.


Cette irresponsabilité de la part de victimes supposées et les conséquences pour les hommes en cause affectent aussi toutes les victimes réelles des agressions sexuelles. Et ce jeu de massacre des vengeresses met dans l’ombre les vrais prédateurs qui se terrent et continuent, eux, de sévir impunément.