Écosse: vers un référendum sur l'indépendance

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Écosse et indépendance

AFP Londres -- Le Parti national écossais (SNP), qui dirige l'exécutif régional au pouvoir à Édimbourg, a dévoilé hier un plan prévoyant un référendum sur l'indépendance de cette province riche en pétrole rattachée à la Couronne britannique depuis trois siècles, et lancé des consultations pour déterminer le degré d'autonomie dont le pays doit disposer.

Cette campagne du SNP, qui a supplanté pour la première fois depuis 50 ans la domination du Parti travailliste lors du scrutin régional du mois de mai, pourrait déboucher sur un accroissement des pouvoirs du Parlement d'Édimbourg.
«Un nouveau chapitre»
Alex Salmond, premier ministre écossais et chef du SNP, a déclaré qu'il était déterminé à entamer «un nouveau chapitre» de la politique écossaise. Son projet de 40 pages propose un éventail de solutions pour l'Écosse, qui vont d'une extension limitée des pouvoirs actuels du Parlement à une partition complète du Royaume-Uni en passant par une autonomie plus large.
Le SNP avait promis avant d'être élu de présenter, dans les 100 jours suivant sa prise du pouvoir, des propositions en vue d'un référendum sur l'indépendance en 2010, l'un des thèmes clés de sa campagne.
«Aujourd'hui est lancée la nouvelle et, je l'espère, la plus dynamique phase du programme de réformes constitutionnelles pour l'Écosse», a expliqué Alex Salmond, chef du SNP, lors d'une conférence de presse.
Projet de loi
Le SNP a publié un projet de loi qui, en cas d'adoption, prévoit la tenue d'un référendum sur la création d'«un État pleinement indépendant» et se prononce pour un débat national sur d'autres options, y compris l'attribution de pouvoirs élargis à l'assemblée d'Édimbourg.
La perspective d'une indépendance de l'Écosse est combattue par Gordon Brown, le nouveau premier ministre britannique, un Écossais fermement en faveur du maintien de l'Union vieille de 300 ans entre l'Angleterre, le pays de Galles et l'Écosse.
Les trois grandes formations représentées dans tout le royaume -- le Parti travailliste, le Parti conservateur et le Parti libéral-démocrate -- sont hostiles à l'idée d'un référendum sur l'indépendance de l'Écosse et, selon les sondages, moins d'un Britannique sur trois est contre un divorce entre Londres et Édimbourg.
Fait sans précédent, ces trois formations ont pris soin de publier, avant l'annonce d'Alex Salmond, une déclaration conjointe affirmant qu'un référendum sur l'indépendance serait dommageable à l'Écosse, tout en reconnaissant qu'il serait souhaitable de revoir à la hausse les pouvoirs exercés par l'assemblée et l'exécutif écossais mis en place en 1999.
Le dilemme de Brown
Le Parlement d'Écosse traite des questions de santé et d'éducation, celui de Westminster à Londres conservant les domaines régaliens de la défense, des affaires étrangères et de l'économie.
Alex Salmond veut, quant à lui, que les Écossais soient souverains dans les domaines de l'utilisation des recettes tirées du pétrole et du gaz de la mer du Nord, de l'immigration et de la pêche, entre autres.
Le successeur de Tony Blair au 10, Downing Street est ici placé devant un dilemme: tout en étant foncièrement hostile à l'indépendance de sa région natale, Gordon Brown doit s'employer à satisfaire les aspirations des Écossais à plus d'autonomie, au risque de subir un retour de bâton politique. Le vote écossais a en effet joué un rôle non négligeable dans les trois victoires successives remportées par le Labour au niveau national.
Un SNP considéré à la fois comme populaire et compétent risquerait d'éroder le soutien aux travaillistes et de menacer leurs chances de remporter une quatrième victoire d'affilée lors des législatives, prévues au plus tard en 2010.
Pour le SNP, trois grands choix «réalistes» s'offrent aujourd'hui à l'Écosse: statu quo actuel, accroissement des prérogatives de l'assemblée d'Édimbourg ou indépendance pleine et entière.
Alex Salmond affirme préférer la dernière voie, tout en se disant ouvert à une consultation à options multiples proposant aux Écossais de se prononcer pour des pouvoirs élargis.


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