Dumont et l'ADQ remontent

Québec 2007 - ADQ



L'Action démocratique du Québec trouve un nouvel écho dans la population. Après un an d'une montée constante, le parti de Mario Dumont grimpe à 24 % dans les intentions de vote et se classe même en tête dans la région de Québec, selon un sondage Léger Marketing réalisé pour Le Devoir.
Le battage médiatique des dernières semaines sur les accommodements raisonnables dont l'Action démocratique du Québec (ADQ) a fait ses choux gras semble avoir influencé les électeurs. Mario Dumont a occupé le devant de la scène dénonçant ce qu'il voyait comme un danger pour l'identité québécoise. Mais si ce positionnement aux accents populistes semble avoir donné un élan à l'ADQ, il n'explique pas à lui seul l'ascension de la dernière année.
Depuis l'automne, l'ADQ a rectifié le tir dans son programme politique. Exit les bons d'études, les bons de garde, le taux d'imposition unique et la santé privée. Il continue toutefois à se présenter comme le parti du gros bon sens, parlant de liberté de choix et de responsabilisation des individus. L'arrivée de l'ancien président du Conseil du patronat, Gilles Taillon, à la tête de l'ADQ a vraisemblablement contribué à ce changement de ton. Chose certaine, depuis mars 2006, l'ADQ a plus que doublé ses intentions de vote, passant de 11 % à 24 %.
Ce score maintient toutefois l'ADQ en troisième place. Après répartition des intentions de vote, le Parti libéral du Québec (PLQ) récolte 34 % d'appuis populaires contre 32 % pour le Parti québécois (PQ). Le parti Québec solidaire stagne au niveau des tiers partis avec seulement 5 % des intentions de vote.
Dans la région de Québec, l'ADQ devance nettement ses adversaires avec 35 % des intentions de vote. Les libéraux arrivent bons deuxièmes avec 31 % d'appuis, alors que le PQ doit se contenter d'une performance qui n'augure rien de réjouissant pour les prochaines élections générales, c'est-à-dire 23 %.
Le sondage Léger Marketing fait également ressortir une tendance très favorable à l'ADQ dans les régions du Centre-du-Québec (36 %) et de l'Est (32 %), ce qui couvre l'immense territoire du Saguenay-Lac Saint-Jean, de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.
«La montée de l'ADQ vient essentiellement d'un vacuum politique. Il y a beaucoup d'électeurs qui sont orphelins, qui ne se retrouvent pas dans les deux grands partis politiques. L'ADQ devient ainsi tranquillement une alternative crédible. Le populisme de l'ADQ lui a permis de marquer des points», analyse Jean-Marc Léger, sondeur de la firme Léger Marketing.
Un Québécois sur quatre croit que Mario Dumont ferait le meilleur premier ministre comme c'est le cas pour Jean Charest. Le chef péquiste reçoit un appui favorable de 22 % des électeurs. En tenant compte de la marge d'erreur, les trois hommes sont donc à égalité.
En mars 2006, c'est la performance d'André Boisclair qui était jugée la meilleure (32 %). Jean Charest n'obtenait que 19 % d'appui, et Mario Dumont fermait la marche avec 17 %.
Les électeurs québécois estiment à 58 % que les libéraux de Jean Charest ne méritent pas d'être réélus. Le tiers des gens interrogés croient le contraire, ce qui correspond aux intentions de vote exprimées en faveur du PLQ. Le potentiel de croissance des libéraux est donc plutôt limité, analyse M. Léger.
Ce coup de sonde téléphonique a été fait auprès de 1001 Québécois du 25 au 28 janvier derniers. Réalisé sur une période très courte, le sondage permet de mesurer l'impact des prises de position récentes de Mario Dumont concernant les accommodements raisonnables, mais aussi dans le milieu municipal. Cette enquête est précise à trois points près, 19 fois sur 20.
L'élan dont semble bénéficier l'ADQ n'est pas sans rappeler l'engouement que le parti avait suscité quelques mois avant les élections générales de 2003. L'ADQ s'était retrouvée en tête avec 40 % d'appui. Mais Mario Dumont avait vu son programme politique d'alors décortiqué et critiqué. Le «dumontisme» était devenu une cible pour les adversaires; une dégringolade s'est ensuivie.
Deux mois avant le scrutin d'avril 2003, l'ADQ récoltait 25 % des intentions de vote. Aujourd'hui, il obtient un score semblable, à la différence que le parti se situe dans une tendance ascendante plutôt que descendante comme à l'époque.
Chez les francophones, le PQ domine toujours avec 37 % des intentions de vote. Cependant, l'appui populaire au PQ a chuté de 18 points depuis qu'André Boisclair dirige le parti.
Le PLQ conserve une légère avance sur le PQ depuis juin. C'est à compter de ce moment que le gouvernement de Jean Charest a multiplié les annonces d'investissements publics. Cette manne qui se compte en milliards de dollars (la politique de l'innovation, le plan d'action pour atteindre les objectifs de Kyoto, la politique énergétique, par exemple) n'a pas encore eu d'effets importants sur les électeurs, fait remarquer Jean-Marc Léger. «Par contre, la campagne de dénigrement des libéraux contre André Boisclair, sur son immaturité, a réussi à enlever de la crédibilité au chef péquiste. Mais c'est surtout l'ADQ qui en a profité», constate le sondeur.
Ce dernier croit que bien des luttes à trois sont à prévoir dans les circonscriptions francophones. «De parti régional, l'ADQ devient de plus en plus national, à l'exclusion de Montréal», souligne-t-il.
Mais l'ADQ n'a jamais renoncé à percer dans la grande région métropolitaine. Mario Dumont et son équipe ont entrepris depuis plusieurs mois un travail de moine auprès des élites municipales que les réformes successives de fusion et de défusion ont échaudées.
D'ailleurs, M. Dumont a obtenu le soutien de quatre maires de l'Ouest de l'île de Montréal ainsi que de groupes de citoyens la semaine dernière. Mario Dumont prône l'abolition des conseils d'agglomération, des structures qu'il juge antidémocratiques. Jusqu'à maintenant, les électeurs montréalais sont demeurés insensibles à la vision adéquiste.
Les intentions de vote au Québec (Léger Marketing-Le Devoir)
Parti Libéral: 34%
Parti Québécois: 32%
Action Démocratique: 24%
Québec Solidaire: 5%
Le meilleur Premier ministre ?
Jean Charest: 25%
Mario Dumont: 25%
André Boisclair: 22%
Françoise David: 5%


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