Du temps de glace pour le Québec

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Résister au chant des sirènes du NPD

« On n'a jamais voté pour ça ! ». Je me souviens d'une époque pas si lointaine où des milliers de Québécois marchaient dans les rues en criant leur révolte face aux agissements du gouvernement libéral de l'époque, dirigé par Jean Charest. Tellement de gens semblaient outrés des agissements de ce gouvernement qu'on pouvait presque se demander qui avait voté pour ce dernier, qui l'avait porté au pouvoir. Évidemment, ces électeurs se faisaient plutôt discrets en cette période de turbulences sociales. Plusieurs devaient même avoir passablement honte du choix qu'ils avaient effectué quelques mois plus tôt.
De ces temps-ci, on commence à voir poindre un nouveau mouvement de ras-le-bol général, particulièrement chez les employés de l'État. Je demeure néanmoins surpris à chaque fois de rencontrer des personnes disant avoir appuyé le PLQ lors des dernières élections, mais amèrement regretter leur choix en raison des politiques d'austérité du gouvernement. S'il fut une époque où j'étais compatissant envers ces gens, les agissements de ces derniers commencent à m'agacer passablement. Il me semble qu'après tant d'années, on commence à connaitre le Parti libéral du Québec et le genre de politiques qu'il met de l'avant ! On ne reprochera quand même pas au PLQ d'agir en PLQ ! Ce serait à certains électeurs de réfléchir davantage avant de voter !
Voilà qu'une élection fédérale est déclenchée et que bon nombre de Québécois semblent s'apprêter à tomber dans un piège similaire. Ce qui me surprend le plus, c'est que certains indépendantistes semblent prêts à se jeter tous azimuts dans la gueule du loup. N'a-t-on rien compris des dernières années, des dernières décennies ? Le NPD est un parti foncièrement fédéraliste et centralisateur. En aucun cas, il ne se gênera pour empiéter dans les champs de compétences du Québec. Sa proposition de système de services de garde pancanadien est un bon exemple du déni de la réalité québécoise qui est en place au NPD.
De plus, le chef néodémocrate étant un grand anti-indépendantiste fier et affirmé, il serait franchement périlleux pour les indépendantistes de lui faire confiance. D'ailleurs, aux élections québécoises, ce dernier ne cache pas son appui sincère aux libéraux du Québec. Il l'a même déjà affirmé au cours d'une entrevue. Monsieur Mulcair appuie donc sans gêne le parti de l'austérité. N'y a-t-il pas là une drôle de contradiction avec les propositions qu'il met de l'avant dans l'arène politique fédérale ? Cet ex-avocat d'Alliance Québec a d'ailleurs affirmé dans un récent débat en langue anglaise qu'il ne voulait rien de moins que combattre avec acharnement les tenants de l'indépendance du Québec. Et après ça, certains d'entre eux s'apprêtent à lui donner leur appui ?
La position de Mulcair au sujet du pipeline nous amène aussi émettre de sérieux doutes sur les véritables volontés du chef du NPD qui semble prêt à tout promettre, à tout faire pour être élu. Une belle opération de racolage politique pour séduire les Canadiens des Prairies et espérer ainsi obtenir leur vote ! Ce n'est pas étonnant après cela d'apprendre que Thomas Mulcair avait offert ses services au Parti conservateur avant de joindre le NPD. L'étiquette politique semble bien secondaire pour M Mulcair lorsque ce dernier cherche à se trouver une niche. Peu importe les valeurs ou les positions du parti, tant que ce dernier est fédéraliste, ce cher Tom s'y sentira chez-lui !
Face à ce constat, il apparait primordial pour les indépendantistes de resserrer les rangs et de se montrer unis face à ce bloc fédéraliste qui se profile à l'horizon. C'est à ne point en douter, en contexte de référendum, les néodémocrates feront équipe avec les conservateurs et les libéraux fédéraux. La véritable coalition, elle sera là. Les ennemis d'aujourd'hui seront les amis de demain. D'autant plus que Pierre-Karl Péladeau, le chef péquiste, semble plus déterminé que jamais de mener la bataille pour l'indépendance du Québec dans les prochains mois, les prochaines années. Il se pourrait donc que les élus fédéraux que nous élirons en octobre soient ceux qui seront en place lorsque les indépendantistes reviendront au pouvoir à Québec. Il ne faudrait sous-estimer cette possibilité. Le choix des indépendantistes québécois devrait donc se tourner vers le Bloc québécois. Son rôle sera primordial dans la préparation d'un éventuel référendum.
Imaginons-nous un instant que le Canadien de Montréal ait plusieurs choix à faire au repêchage et qu'il donne tous ces choix aux Sénateurs d'Ottawa. Il y aurait là bien des partisans qui s'insurgeraient et qui auraient l'impression que les dirigeants du Canadien sont tombés sur la tête ! Le choix qui se pose aux indépendantistes en vue de l'élection fédérale se situe au même niveau. Laisserons-nous le filet désert ? Permettrons-nous à l'équipe fédéraliste de marquer dans nos propres buts sans même avoir de joueurs sur la glace pour défendre le Québec et le projet d'indépendance ? Il me semble que plus le Québec aura de temps de glace, plus nous aurons de chance de marquer des points, voire même peut-être de gagner l'ultime coupe en fin de saison !
Pour ma part, je préfèrerai toujours choisir des candidats pour mon équipe, des hommes et femmes qui défendront bec et ongles le Québec et qui, je sais, le temps venu, feront équipe avec les autres indépendantistes pour mener à bout de bras le projet de pays. J'en appelle donc à la cohérence de mes compatriotes en quête de liberté pour leur nation. Soyons forts, unis et fiers, ignorons le chant des sirènes du bloc fédéraliste qui tentera de nous amadouer de toutes les façons pour tenter d'éteindre notre option. PCC, NPD et PLC sont en perpétuelle chasse en vue de devenir le parti qui réussira à mettre sur le « hood de son char » la carcasse du mouvement indépendantiste. Ne tombons pas dans le panneau, de grâce !
Le choix qui se posera dans les prochaines semaines pour les Québécois en sera un entre l'affirmation ou la résignation. Il ne s'agira pas simplement de battre un gouvernement fédéraliste pour le remplacer par un autre qui aura lui aussi ses lacunes, qui lui aussi donnera des coups de Jarnac au Québec, il s'agira plutôt de faire un choix sur le type de Québec que nous voulons. En rejetant la fédération canadienne et ses grands défenseurs, nous enverrons un message clair que, plus que jamais, la marche vers un Québec plus libre et plus fier est bien entamée.


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