ÉDUCATION

De nouvelles coupes à la demande de Coiteux

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Surtout n’instruisons pas trop les Québécois. Ça pourrait leur donner des idées. N’est-ce pas messieurs Coiteux et Bolduc?

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a exigé du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science, Yves Bolduc, qu’il impose de nouvelles coupes aux cégeps et aux universités, compressions qui s’ajoutent à celles déjà décrétés au début de juin.

« On doit contribuer un certain montant à la demande du Conseil du trésor. Mais il y a encore des marges de manoeuvre au niveau des cégeps et au niveau des universités », a soutenu Yves Bolduc. « Quant à moi, c’est une demande raisonnable » qui va permettre d’atteindre le déficit zéro « sans toucher aux services aux étudiants ».

Québec impose aux universités une coupe de 32 millions qui s’additionne aux 172 millions déjà retranchés. Pour les cégeps, c’est une somme récurrente de 19 millions qui doit être sabrée, presque le même montant que la compression de 21 millions exigée dans le dernier budget Leitão. Au cours des quatre dernières années, c’est une réduction récurrente de 90 millions de leur budget qu’ont dû absorber les cégeps et qui est porté à 109 millions.

Le p.-d.g. de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, ne partage pas du tout le point de vue lénifiant du ministre. « C’est ingérable », juge-t-il. Les cégeps ont arrêté leur budget il y a six semaines et établi leur plan d’effectifs pour l’année.

« C’est l’effet cumulatif qui fait mal », a-t-il souligné. Les cégeps les plus fragiles en région n’auront d’autre choix que de creuser leur déficit, a prévenu Jean Beauchesne, ce qui n’améliore pas les finances publiques puisque les cégeps font partie du périmètre comptable du gouvernement, contrairement aux universités à charte. Pour d’autres cégeps, ce seront les services en périphérie qui seront sacrifiés : heures d’ouverture réduites pour les bibliothèques ou abandon d’équipes sportives, par exemple.

« Il n’y a plus de marge de manoeuvre. Les services donnés aux étudiants sont désormais en péril et, comme éducateurs, c’est une réalité que nous ne pouvons pas accepter », a indiqué Jean Beauchesne, Selon lui, ce sont les étudiants les plus vulnérables qui écoperont.

Dans une entrevue accordée au Devoir il y a trois semaines, Yves Bolduc a affirmé que les cégeps, contrairement aux universités, n’auraient pas à subir de nouvelles coupes. Les cégeps ont moins de marge de manoeuvre que les universités, estimait le ministre. Jean Beauchesne a rappelé que les cégeps sont presque entièrement financés par l’État — ils n’imposent pas de droits de scolarité — et la plus grande part de leur budget « est consacrée à la masse salariale incompressible du personnel enseignant ».


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