Creux historique de 20 000 membres au PLQ

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Un PLQ en pleine débandade


(QUÉBEC) Le Parti libéral du Québec (PLQ) atteint un creux historique de quelque 20 000 membres en règle au moment où démarre sa course à la direction.


En cinq ans, la formation a perdu 60 % de ses militants, et ce, malgré son séjour au pouvoir de 2014 à 2018. Résultat : le parti se retrouve avec un nombre de membres à peu près équivalent à celui de Québec solidaire.


Un rapport interne avait sonné l’alarme dès 2016 au sujet de « la base militante en chute libre » au PLQ. La formation avait alors 37 000 membres, 15 000 de moins qu’en 2014. Elle n’avait pas encore touché le fond, comme en témoignent les informations obtenues par La Presse.


Le rapport interne avait été produit par l’ex-président de la commission politique du parti Jérôme Turcotte, qui s’implique maintenant dans la campagne à la direction de Dominique Anglade. Il se désole de la situation actuelle au PLQ, mais il ne s’en étonne pas.


 

« À la base, il y a une tendance générale en faveur d’un militantisme à la carte, dans des groupes de pression plus que dans les partis. Mais évidemment, il aurait pu y avoir une plus grande mobilisation des membres. »




Il y a un travail qui n’a pas été complété ou qui n’a pas été entamé avec suffisamment de vigueur pour redonner aux militants un sentiment d’impact et assurer une reconnexion entre le parti et la base militante.



Jérôme Turcotte, ex-président de la commission politique du PLQ



Selon lui, Dominique Anglade « s’engage résolument dans une démarche de démocratie participative » au PLQ. Son adversaire, Alexandre Cusson, compte lui aussi stimuler le militantisme. Il lancera sa campagne le 26 janvier, juste avant de quitter officiellement la mairie de Drummondville. Il a confirmé sa candidature à la fin de novembre, à l’occasion du coup d’envoi officiel de la course.


Selon les données du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), M. Cusson a amassé jusqu’ici 35 225 $ auprès de 87 donateurs, mais son équipe dit en être à 50 000 $ maintenant. La députée Anglade, en campagne depuis quelques mois déjà, a récolté 105 170 $ auprès de 455 donateurs.


Le quartier général du PLQ ne veut ni confirmer ni infirmer le nombre de ses membres, mais il reconnaît la nécessité de redresser la barre. « La course à la chefferie, on l’espère, va nous amener de nouveaux membres, mais on doit travailler aussi sur un brassage d’idées, et c’est ce qu’on va faire dans les prochains mois. C’est en ayant de nouvelles idées qu’on va retrouver des membres », soutient son directeur des communications, Maxime Roy.


Sur la colline parlementaire, le parti vit un autre départ après ceux de la directrice de la recherche, Julie White, et de l’attachée de presse Aurélie Gagnon, l’automne dernier. La responsable des relations avec les médias, Marie-Pier Richard, prend le chemin d’Ottawa et devient directrice des communications du ministre de l’Immigration, Marco Mendicino.


Vote de confiance pour Legault


Le Parti québécois dit avoir 50 000 membres – 47 600, précisait-il l’an dernier. Il en avait toutefois 73 000 en 2016, à l’issue de la campagne à la direction ayant fait élire Jean-François Lisée.


De son côté, la Coalition avenir Québec (CAQ) refuse de divulguer le nombre de ses membres. Un an avant les élections de 2018 qui l’ont portée au pouvoir, elle disait en avoir 11 500. « Le chiffre est plus élevé » aujourd’hui, se contente-t-on de dire.


La CAQ occupe d’ailleurs la tête en matière de financement politique pour la première fois. Voici le portrait selon les plus récentes données disponibles au DGEQ pour l’année 2019 : 


CAQ : 743 644 $ (7968 donateurs)


PQ : 428 210 $ (6750 donateurs)


PLQ : 319 827 $ (3931 donateurs)


QS : 237 784 $ (3334 donateurs)


On pourra avoir un aperçu de la base militante de la CAQ au congrès des membres, qui aura lieu les 30 et 31 mai. Il se tiendra en même temps que le congrès à la direction du PLQ. Les deux partis se disputeront donc l’attention médiatique.


Le chef et premier ministre François Legault devra subir un vote de confiance lors de ce week-end. En vertu des statuts de son parti, il doit en effet y avoir un tel test à l’occasion du premier congrès qui suit des élections générales. À l’interne, on dit s’attendre à un résultat « soviétique » compte tenu de la faveur populaire dont bénéficie le gouvernement.