Couillard: oui assuré au pipeline Énergie Est (1ère partie)

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Un «oui» arrangé avec le gars des vues





Couillard fait durer le plaisir


Bon, faut pas être un devin ou même Jojo Savard pour savoir que Philippe Couillard va assurément dire «oui» à l’insensé pipeline Énergie-Est de la multinationale TransCanada qui transportera du pétrole sale issu des sables bitumineux de l'Alberta, sur une longueur de près de 700 kilomètres au Québec et qui traversera plus de 800 cours d'eau, dont le fleuve Saint-Laurent, des milieux humides, des terres agricoles et plusieurs municipalités. Il acheminera 400 millions de barils de pétrole chaque année pour une poignée de jobs, pas de redevances et beaucoup de pollution. Les États-Unis et la Colombie-Britannique ont dit non, mais le Québec va dire oui et va devenir une autoroute, un pantin de l'Alberta qui se servira de ce pipeline maudit pour exporter son pétrole vers des marchés étrangers. Québec sera son faire-valoir, son porte-queue et son complice afin de polluer toujours plus la planète.


La population dit non


La population du Québec a plusieurs fois répété qu'elle n'en veut pas, mais, comme toujours, le Philippe Couillard et ses ministres s'en fichent: « Non au pétrole albertain... si cela permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, disent une majorité de Québécois» (La Presse, 22 avril 2013). Puis: «Sondage. Les Québécois rejettent Énergie Est en masse» (Le Devoir, 21 novembre 2014). Et aussi: «Pas de pétrole de l'Ouest disent les Québécois» (Le Journal de Montréal, 24 novembre 2014). Et enfin, l'Assemblée des Premières Nations: «Énergie Est. Un «non» autochtone lourd d'impact» (Le Devoir, 16 juin 2016). Je le répète, ce que pense la majorité ordinaire de la population n'a aucune valeur pour Couillard. Seuls les vœux et les besoins de la minorité extraordinaire ont de l'importance à ses yeux. Ben, c'est pas moi qui le dit, c'est Couillard lui-même: «Non, la majorité n'a pas toujours raison. Le courage politique consiste à affirmer et à maintenir des positions différentes si elles s'opposent sur des principes profonds» (La Presse, 12 décembre 2013). En fait, la majorité n'a jamais raison et l'élite a toujours raison. Quand Couillard nous parle de «principes profonds», c’est aussi pathétique que quand Jean Charest parle d'éthique en se prenant même comme modèle. Pour rire du monde, il n'y a pas mieux que le tandem Couillard-Charest.


Toujours la frime de Couillard


Voici quelques faits sur les immenses méfaits du pétrole et encore plus le pétrole très sale des sables bitumineux de l'Alberta et le pétrole de schiste: «Sommet sur le climat. L'ONU invite Ottawa à abandonner le pétrole» (Le Devoir, 15 avril 2015). Puis: «Les énergies fossiles drainent 5 300 milliards en fonds public par an, estime le FMI» (Le Devoir, 19 mai 2015). Et enfin, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) affirme que: «Sables bitumineux et pétrole de schiste. Une onde de choc en vue. La surproduction de pétrole est une mauvaise nouvelle pour l'environnement» (Le Devoir, 15 mars 2013).


Face à ces nouvelles catastrophiques émanant d'organismes internationaux crédibles comme l'ONU, le FMI et l'AIE, comme à son habitude, Couillard se drape de son habit de fervent défenseur de l'environnement: «Couillard s'alarme. Nous sommes à la veille de points de bascule, dit le premier ministre» (Le Devoir, 17 octobre 2015). Philippe, j'ai-tu une poignée dans le dos? Et aussi: «Politique énergétique. Philippe Couillard promet un changement de cap majeur» (Le Devoir, 12 février 2016). Vous l'aurez deviné, ou du moins je l'espère, un changement de cap majeur, mais pour le pire. Ça n'empêche pas que: «Énergie Est. GES: Québec moins exigeant qu'Ottawa» (Le Devoir, 11 décembre 2015). Allô changement de cap.


Un oui de Couillard au pipeline basé sur des évidences


Premièrement, c'est en septembre 2014 que Philippe Couillard a déclaré, presque la larme (de crocodile) aux yeux, que le Québec doit contribuer à l'économie canadienne en laissant transiter sur son territoire le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta grâce à la construction d'un gros pipeline dans la province, d'un gros port à Cacouna, à la circulation de plein de gros bateaux sur le fleuve Saint-Laurent, etc. (Le Devoir, 26 septembre 2014. Transfert du pétrole. Parent pauvre, le Québec doit fait sa part). Pis, mes amis, qu'en dites-vous? Couillard voudrait-il se faire aimer du reste du Canada au cas où il ferait le saut en politique fédérale. On vas-tu l'avoir notre beau pipeline au Québec?


Deuxièmement: «TransCanada embauche un influent libéral. Patrice Ryan [le fils de Claude] agit comme lobbyiste pour le pipeline Énergie Est» (Le Devoir, 9 janvier 2016). Patrice Ryan est un poids lourd du PLQ qui est membre actif de la Commission politique du Parti libéral du Québec, ce qui lui permet de rencontrer facilement et régulièrement les bonzes de ce parti politique. Pis, y a-t-il encore des crédules qui doutent des véritables intentions de Couillard et du PLQ?


Troisièmement: «Le lobby des pipelines plus actif que jamais [au Québec]. Pas moins de 75 lobbyistes plaident pour les projets d'Enbridge et de TransCanada» (Le Devoir, 19 juin 2015). Quand vous avez du fric, vous pouvez vous payer plein de lobbyistes, et même des libéraux, pour faire entendre vos «principes profonds» empreints de bien commun, d'amour fraternel et de générosité.


Quatrièmement, TransCanada invite en catimini des politiciens et des gens importants, mais pas les médias, dans un chic hôtel de Montréal pour une soirée «d'information» et d'échanges sur les bienfaits du pipeline et des ports de mer à Cacouna, lunch et «drinks» sur le bras de la compagnie. Ah oui, l'entrée est gratuite. TransCanada, un modèle de philanthropie: «Nos politiciens dans la mire de TransCanada» (Le Journal de Montréal, 10 septembre 2014). Naturellement, Jean Charest, Monique Leroux, anciennement de Desjardins et aujourd’hui présidente du C.A. d’Investissement Québec, et le ministre des Ressources naturelles Pierre Arcand y étaient. Même que Pierre Arcand a fait un exposé.


Ah ben, la soirée a porté conseil à Pierre Arcand, puisque le lendemain de cette réunion «top secret», réservée a la grosse gomme qui nous joue dans le dos, voilà-tu pas qu'il déclare solennellement: «Plaidoyer en faveur d'un oléoduc. Le ministre Arcand vante les avantages économiques du projet de TransCanada» (Le Devoir, 11 septembre 2014). En fait, en bon perroquet qu'il est, il a répété tel quel les inepties et les grossièretés des dirigeants de la transnationale. Et après avoir agi comme son haut-parleur et son amplificateur, le ministre libéral s'enfonce dans le ridicule en affirmant que: «Québec ne se laissera pas influencer par la compagnie TransCanada, dit Arcand» (Le Devoir, 18 novembre 2014). Faut le croire et lui faire entièrement confiance pour défendre les intérêts supérieurs des Québécois?


À ceux qui sont encore sceptiques et réticents, un peu plus de «pédagogie» va les convaincre des mérites du pipeline et du port à Cacouna selon Arcand. Pédagogie libérale s'assimile à «démagogie» et propagande: «Hydrocarbure. L'évaluation environnementale stratégique est un "travail pédagogique", dit le ministre Arcand» (Le Devoir, 3 juin 2014). Toujours du n'importe quoi et du vide. C'est comme l'ancienne ministre libérale Nathalie Normandeau, maintenant accusée au criminel, qui, pour faire passer un budget indigeste de Jean Charest avait clamé: «Nathalie Normandeau mise sur la "pédagogie"» (La Presse, 12 avril 2010). La pédagogie de Nathalie Normandeau vous savez bien à quoi ça rime. Comme elle aura besoin de beaucoup de sous pour payer ses frais d'avocats, voilà qu'un groupe d'amis indéfectibles lèvent une collecte de dons pour venir en aide à Nathalie. J'espère que Québec et Ottawa vont donner un numéro officiel d'organisme de bienfaisance à Nathalie afin que ces dons soient déductibles d'impôts pour les âmes libérales généreuses et solidaires d'une des leurs dans son intrépide combat pour sauver son honneur et son éthique: «Nathalie Normandeau défend son éthique» (Le Devoir, 14 janvier 2012). Quel émouvant et courageux geste que celui-ci: «Charest à la rescousse de Nathalie Norandeau.» (Le Journal de Montréal, 5 avril 2016). En fait, Charest et Normandeau font la paire.


Terminons la première partie de mon texte sur une bonne note en revenant sur l'indépassable ministre des Ressources naturelles du Québec, Pierre Arcand, qui nous prend tout le temps pour des valises, et qui a largué cet autre ineptie: «Le choix du Québec: produire ou imposer ses hydrocarbures. Pierre Arcand juge raisonnable de s'engager dans la filière pétrolière tout en luttant contre le réchauffement climatique» (Le Devoir, 10 novembre 2015). Incroyable, mais vrai. Une chance que le ridicule ne tue pas.


Dans la deuxième partie de mon texte que je publierai la semaine prochaine, j'ai trouvé, juste pour vous dans mes dossiers d'articles de journaux, d'autres «initiatives» libérales incroyables qui vont finir par convaincre ceux qui ne le sont pas encore. Des entourloupettes des ténors du PLQ, en union et en symbiose avec les affairistes, qui vont mener à coup sûr à la construction éventuelle au Québec d'un gros pipeline plein de pétrole issu des sables bitumineux, d'un immense port de mer à Cacouna et à la venue de beaux bateaux gigantesques sur le fleuve Saint-Laurent qui vont venir accompagner nos bélugas et même les aider à éviter l'extinction.


Minute papillon, le doute s'installe chez moi


Ben, peut-être que le pipeline Energie Est au Québec ça va être une excellente affaire pour la province si l'on se fie à l'opinion de deux de mes idoles, deux personnes indépendantes d'esprit, très lucides et immensément connaissantes.


D'abord, il y a Régis dont je rêve d'avoir son autographe: «Québec. Énergie Est: Régis Labeaume persiste et signe» (Le Devoir, 16 février 2016). Persiste et signe dans son appui pour cette autre merveille planétaire. Quand Régis dit oui, il faut dire non, comme aussi dans le cas de l'ex-éditorialiste en chef de La Presse André Pratte, grand ami du PLQ et maintenant sénateur, une job à ne pas faire grand chose d'utile payée toutefois par les contribuables, qui a répété à plusieurs reprises son amour inconditionnel pour le pipeline et les sables bitumineux de l'Alberta: «Il faut aider l'Alberta», puis : «Bon pour le Québe.» et enfin: «Notre Keystone» (La Presse, 5 avril, 16 mai et 3 août 2013). C'est drôle à dire, mais peut-être qu'André nuit moins comme sénateur que comme éditorialiste en chef à La Presse, une filiale de Power corp. très active dans les sables bitumineux de l'Alberta par le biais de son importante participation à titre d'actionnaire de la transnationale pétrolière Total.




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