Changements cosmétiques ou transformation profonde?

Élection Québec - 8 décembre 2008



Depuis trois décennies, le Québec vit en régime politique d'alternance. Malgré leurs divergences, notamment sur le plan constitutionnel, le Parti libéral et le Parti québécois mettent en application à peu près la même politique sur le plan économique, social et culturel. (...)
Il n'en a pas toujours été ainsi. Durant les années 70, le Parti québécois en émergence incarnait des idées nouvelles: l'indépendance et la social-démocratie face à un Parti libéral fédéraliste et partisan du marché. Les citoyens se voyaient proposer un véritable choix entre deux politiques opposées représentant des conceptions substantiellement différentes de la vie collective et du bien commun. Ils se retrouvaient face à une authentique alternative, impliquant non seulement un changement d'équipe dirigeante, mais un choix entre deux orientations politiques.
Nous n'en sommes plus là aujourd'hui. Le Parti québécois, tout en gardant formellement la souveraineté au coeur de son programme, n'en fait toutefois pas un enjeu central de la campagne électorale, pas plus qu'il ne s'engage dans la promotion de la visée sociale-démocrate qui l'inspirait naguère. (...)
La crise actuelle
Québec solidaire est le seul parti à prendre sérieusement en compte la crise actuelle de notre société, à en signaler la profondeur, au-delà de sa dimension proprement économique, et à proposer des solutions radicales et inédites pour en sortir. Et cela, en questionnant les valeurs qui servent de fondements au désordre établi et aux priorités qu'elles impliquent: primauté du marché, de la concurrence, de l'individualisme, du chacun-pour-soi, au détriment de la vie sociale et de l'accomplissement personnel dans le cadre du bien commun et du progrès par et pour tous et toutes.
Québec solidaire privilégie la justice sociale et la lutte contre la pauvreté, l'égalité entre les femmes et les hommes, l'inclusion sociale des marginaux et des exclus, le respect de l'environnement et la démocratisation effective du système politique. Il reconnaît le rôle essentiel de l'État comme régulateur de l'économie et de la redistribution sociale des richesses. Et il estime avec raison que cette régulation nécessaire doit s'étendre à l'échelle internationale dans le cadre d'un pacte nouveau entre peuples libres, délivrés de la domination impérialiste. Ajoutons que cette formation est aussi la seule, au cours de la présente campagne, à promouvoir la souveraineté populaire par une démarche démocratique et inclusive, à cent lieues des frilosités et des fantasmes identitaires. (...)
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M. Pelletier enseigne en études littéraires à l'UQAM et M. Piotte est professeur émérite de sciences politiques à l'UQAM. Leur texte est cosigné par une brochette d'autres professeurs universitaires.

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Jacques Pelletier5 articles

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Professeur à l'UQAM, essayiste et auteur de Question nationale et lutte sociale - La nouvelle fracture, Éditions Nota Bene

Professeur au département d'études littéraires et membre du collectif de rédaction de la revue À Bâbord





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