Catalogne: ce que les médias oublient

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Les parlementaires catalans divisés sur le verdict contre les séparatistes


Le verdict de la Cour suprême espagnole (CSE) à l’encontre des indépendantistes catalans est désormais bien connu. La couverture très médiatisée de ce jugement ignore cependant plusieurs faits importants.


Premièrement, ce verdict démontre que les juges de la CSE ont laissé tomber l’accusation de rébellion, qui aurait pu valoir aux accusés des peines d’emprisonnement de 25 à 30 ans, car ils n’avaient aucune preuve que ces derniers avaient utilisé la violence lors du référendum sur l’indépendance de la Catalogne organisé le 1er octobre 2017. Le refus de la Belgique et de l’Allemagne de reconnaître cette accusation de rébellion a sans doute influencé son rejet par les juges de la CSE.


Deuxièmement, les médias oublient que la sentence d’emprisonnement imposée par la CSE aux leaders indépendantistes se traduira à plus ou moins court terme, selon le journal El País du 14 octobre 2019, par un régime de semi-liberté, qui leur permettra de vivre normalement, avec néanmoins la contrainte de dormir en prison (à Madrid ou en Catalogne), du lundi au jeudi. Malgré cette « clémence » de la CES, le jugement demeure sévère et il a déjà provoqué de nombreuses manifestations en Catalogne, qui risquent de durer pendant un temps indéterminé.


Troisièmement, les médias ne tiennent pas compte du fait que, selon une loi espagnole de 1870, le gouvernement national a le pouvoir de gracier des accusés. Cette avenue est toutefois très improbable, étant donné que tous les partis politiques représentés au Cortès, y compris le Parti socialiste ouvrier espagnol au pouvoir, qui fera face à de nouvelles élections législatives en novembre, le parti de gauche Podemos et les partis régionalistes basque, andalou et galicien sont contre l’indépendance de la Catalogne, au même titre que les pays de l’Union européenne. Les accusés ne peuvent même pas compter sur le soutien des députés du Parlement catalan, car ces derniers, très divisés, n’ont pas été en mesure d’adopter une résolution commune pour condamner le verdict de la CSE.









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