Bush dénonce la «menace iranienne»

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Géopolitique - Nucléaire iranien

(Photo Reuters)

Laurent Lozano - Agence France-Presse - Abou Dhabi, É.A.U. - Le président américain George W. Bush a affirmé l'engagement des États-Unis à assurer la sécurité dans le Golfe face à l'Iran, dénoncé comme une «menace» pour le monde, et s'est adressé directement aux Iraniens pour leur dire qu'ils avaient droit à la démocratie.


Dans une allocution à Abou Dhabi présentée comme le grand discours de sa longue tournée au Proche et Moyen-Orient, M. Bush a aussi appelé les dirigeants arabes à soutenir ses efforts pour un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens avant fin 2008, un retour à la stabilité en Irak et la démocratie au Liban.
Au cinquième jour de son périple, à environ 200 kilomètres des côtes iraniennes de l'autre côté du Golfe, M. Bush a dressé la liste, dejà connue, de ses griefs contre l'Iran, sa bête noire, et affirmé sa volonté d'agir «avant qu'il ne soit trop tard».
«L'Iran est aujourd'hui le principal État à parrainer le terrorisme dans le monde», il livre des armes aux talibans en Afghanistan et aux extrémistes chiites en Irak, soutient les organisations «terroristes» palestiniennes et libanaise du Hamas, du Jihad islamique et du Hezbollah, a-t-il dit.
Il «intimide ses voisins par ses activités balistiques et sa rhétorique belliqueuse», a-t-il dit.
«Il défie les Nations unies et déstabilise la région» par ses activités nucléaires, a-t-il surenchéri.
«Les agissements de l'Iran représentent partout une menace pour la sécurité des nations», a-t-il résumé.
C'est pourquoi les États-Unis renforcent leur «vieil engagement en matière de sécurité auprès de leurs amis dans le Golfe et rassemblent des amis dans le monde pour faire face à ce danger avant qu'il ne soit trop tard», a-t-il ajouté.
Il s'est adressé directement aux Iraniens eux-mêmes en affirmant leur «droit» à un régime qui les écoute et leur assure un avenir meilleur.
L'un des principaux objectifs de la tournée de M. Bush au Koweit, à Bahrein, dans les Emirats et en Arabie saoudite à partir de lundi, était de rassurer ses alliés arabes sunnites sur la détermination des États-Unis à continuer de les protéger face à la montée en puissance de l'Iran chiite.
Il entendait aussi s'assurer leur coopération à son entreprise internationale pour isoler la République islamique au moment où certains d'entre eux, comme l'Arabie ou l'Égypte, dernière étape de la tournée de M. Bush mercredi, semblent se montrer plus accomodants avec l'Iran.
«M. Bush cherche en vain à nuire aux relations de l'Iran avec les pays de la région» et sa tournée est un «échec», a lancé à cet égard le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki sur la télévision Al-Jazira.
Plus encore peut-être que les menées iraniennes, les pays arabes redoutent, après l'Irak, les conséquences d'une nouvelle guerre américaine.
M. Bush était attendu lundi après-midi chez le grand allié saoudien. Il devait à cette occasion affirmer, comme il l'a fait à chaque étape, la nécessité «d'adresser un message ferme et clair à l'Iran», a dit un haut responsable de l'administration sous couvert de l'anonymat.
Mais M. Bush devait aussi se servir de sa relation personnelle avec le roi Abdallah pour le presser de faire «un investissement stratégique dans l'avenir de la région» et de soutenir les modérés, au Liban mais surtout dans les Territoires palestiniens, a dit ce responsable.
Pousser à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens avant fin 2008 et rallier les pays arabes à cette entreprise constituait l'autre priorité de la tournée de M. Bush, commencée mercredi en Israël et dans les Territoires.
«Nous vous appelons à nous rejoindre en engageant les ressources (nécessaires) pour aider les Palestiniens à bâtir les institutions d'une société libre», a lancé M. Bush aux pays arabes, dont il estime indispensable la contribution.
M. Bush devait engager le roi Abdallah à utiliser à la fois son argent et son influence diplomatique pour aider les Palestiniens dans les négociations de paix, a dit le même responsable.
L'administration se garde d'appeler ouvertement à une reconnaissance d'Israël que seules l'Égypte et la Jordanie ont acceptée.
Mais le responsable a rappelé que le roi Abdallah, quand il était encore héritier de la couronne, avait été à l'origine d'une initiative qu'a reprise la Ligue arabe et qui «offre le cadre d'une réconciliation potentielle entre les États arabes et Israël».
Les deux dirigeants devraient également parler pendant deux jours de la lutte contre le terrorisme, l'administration Bush estimant que son allié avait «plus à faire», et de vente d'armes.
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