«Bonjour-Hi, suivant-next!» à la SAQ

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L'anglicisation de Montréal n'est pas qu'une impression


La formule d’accueil bilingue «Bonjour-Hi» fait son chemin jusqu’à la Société des alcools du Québec (SAQ), qui n’encourage pas cette pratique, mais ne l’interdit pas non plus.


«Bonjour-Hi, suivant-next!» Des clients ont été interpellés de la sorte par la caissière d’une succursale de la rue Sainte-Catherine à Montréal, au moment de payer leur pinard. Surpris d’un tel accueil dans une société d’État, ils se sont confiés à notre Bureau parlementaire sous le couvert de l’anonymat.


«C’est surprenant et questionnable», soutient un des amateurs de vin qui s’est confié à notre Bureau parlementaire. Un autre, issu des communautés culturelles, se demande encore si c’est son apparence qui a poussé la commis à l’aborder en utilisant cette formulation bilingue.


Rappelons que les députés de l’Assemblée nationale ont manifesté à deux reprises leur opposition à la formule d’accueil bilingue par une motion appuyée par toutes les formations politiques.


Une «initiative personnelle»


À la SAQ, on assure qu’il ne s’agit pas d’une situation «endémique». «Je ne dis pas que ça ne peut pas arriver, par contre, si c’est le cas, ça serait probablement une initiative personnelle d’un employé. Ce n’est pas quelque chose qu’on encourage, mais on n’a pas de consigne pour l’interdire non plus», a réagi le porte-parole de la société d’État, Mathieu Gaudreault.


Il ajoute que la SAQ respecte la Charte de la langue française et affiche en français.


Dans les succursales des coins plus anglophones, comme Westmont, l’usage de l’anglais est peut-être évidemment plus fréquent, convient le relationniste.


«S’il y a des clients [...] qui sont des clients réguliers anglophones, ça se peut que le commis l’interpelle en anglais seulement, mais la pratique usuelle à la SAQ, c’est vraiment de répondre en français», insiste Mathieu Gaudreault.


La SAQ ne s’est pas penchée sur la possibilité d’imposer des mesures disciplinaires aux employés utilisateurs du «Bonjour-Hi». Le porte-parole signale qu’il n’y a pas eu de plainte à ce sujet dans les derniers mois.


«Pour l’instant, je pense que les gestionnaires à l’interne vont le traiter au cas par cas, dit-il. On est conscient du rôle de la SAQ en rapport avec la Charte de la langue française, donc c’est sûr que nous, ce qu’on souhaite, c’est [l’utilisation du] bonjour».








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