Au tour des autochtones d'inviter Québec et Ottawa à leur table

Forum socio-économique des Premières nations


Le grand Forum socioéconomique des Premières Nations se tiendra à compter de mercredi à Mashteuiatsh (anciennement Pointe-Bleue)
PC
Québec - Le développement d'un peuple passe par la voie de l'éducation. C'est pourquoi de plus en plus d'Amérindiens se lancent à l'assaut des universités québécoises.
D'abord comme étudiants. Ainsi, il y en a 200 qui poursuivent des études supérieures à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). Cet établissement a décerné jusqu'à maintenant 153 diplômes universitaires à des étudiants provenant des Premières Nations.
Des autochtones commencent aussi à accéder à certains postes de commande à la direction des universités. C'est une Algonquine de 40 ans, Mme Édith Cloutier, qui est depuis septembre dernier présidente du conseil d'administration de cette institution de haut savoir, où elle a obtenu son diplôme en 1989. C'est la première fois de l'histoire qu'une université québécoise est présidée par une femme d'origine amérindienne.
«Voilà une contribution au rapprochement des deux communautés. C'est une occasion pour l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue d'accompagner les Premières Nations vers une prise en charge des institutions», a déclaré Mme Cloutier en entrevue à la Presse canadienne.
La nouvelle présidente de l'université caresse le projet de construction d'un pavillon des Premières Nations rattaché à l'UQAT. C'est un projet de huit millions pour lequel on a déjà commencé à amasser des fonds.
Mme Cloutier, qui est née d'un père québécois et d'une mère algonquine, dirige par ailleurs le Centre d'amitié autochtone de Val-D'Or. Le centre - il y en a sept au Québec - est une organisation de services qui offre aux Amérindiens venus habiter dans les villes de l'aide psychologique, des garderies, de l'hébergement temporaire et différentes formes de dépannage.
«Il s'agit d'un carrefour de services où l'approche est globale. Mais c'est également un lieu de préservation de la culture et de renforcement de l'identité», a dit Mme Cloutier.
Le Carrefour de Val-D'Or est une véritable entreprise d'économie sociale, avec son spacieux édifice de trois étages et ses 90 employés, dont 70 % sont autochtones.
Un Forum sans précédent
Mme Cloutier, véritable symbole de ce virage autochtone vers l'éducation, représentera le Regroupement des centres d'amitié autochtones lors du grand Forum socioéconomique des Premières Nations, qui se tiendra à Mashteuiatsh (anciennement Pointe-Bleue), du 25 au 27 octobre prochain.
Ce Forum constitue un précédent dans l'histoire des relations entre nations au Québec. Les chefs des onze nations autochtones seront présents, tout comme les dirigeants politiques du Québec et d'Ottawa, des dirigeants de plusieurs entreprises majeures et des leaders syndicaux.
Il faut noter que l'organisation de l'événement est l'oeuvre uniquement des nations autochtones. Les gouvernements et les autres organismes n'y interviennent que comme invités.
Après une cérémonie d'ouverture qu'on prédit riche en couleurs, cinq séances de travail sont à l'horaire. La première traitera de l'économie et de la création d'emplois, la seconde d'éducation et la troisième de santé. Les deux dernières séances toucheront les problèmes de logement et de développement durable.
Le premier ministre du Québec Jean Charest est censé assister aux trois journées du Forum. Quatorze de ses ministres seront également sur place à un moment ou l'autre, selon les documents produits par les organisateurs.
Du côté fédéral, la délégation sera présidée par le ministre des Affaires indiennes, Jim Prentice. Six autres ministres sont également attendus, dont les ministres québécois Jean-Pierre Blackburn et Maxime Bernier. Ils seront accompagnés du député de Bellechasse, Steven Blaney.
On attend aussi la présence du chef de l'opposition à l'Assemblée nationale, André Boisclair, du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et du chef néo-démocrate, Jack Layton.
On ignore si de nombreuses propositions feront consensus lors de ce Forum. Mais le chef des Premières Nations, Ghislain Picard, se dit assuré qu'il servira à «clarifier et approfondir les enjeux liés au développement social et économique» des siens.


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