Vincent Marissal: le cynique converti?

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Entre le PLC et QS, c'est la même vision du monde cosmopolite


Vincent Marissal n’était pas un journaliste politique passionné. On ne sentait pas chez lui un grand intérêt pour les enjeux de fond qui traversent la politique québécoise. Ce qui le distinguait, c’était un cynisme insistant, comme s’il surplombait les politiciens du haut de son dédain en goûtant sa lassitude.


Gauche


On a appris aussi, ces jours-ci, que c’était un journaliste qui s’ennuyait, et depuis quelque temps déjà. Il voulait passer de l’autre côté du miroir politique. Il a d’abord vérifié si on voulait de lui au Parti libéral du Canada. C’est normal : c’est le parti des ambitieux convaincus de leur importance. On ne lui a pas fermé la porte, mais l’accueil n’était pas enthousiaste non plus.


À ce moment-là, Marissal est allé voir ailleurs si on le désirait plus ardemment. Ailleurs, c’était chez Québec solidaire, où Gabriel Nadeau-Dubois l’a accueilli avec un regard enamouré, tout fier de voir un homme n’appartenant pas déjà à la gauche radicale rejoindre la secte solidaire. Il faut en convenir : Vincent Marissal est une grosse prise. La première vraie grosse prise de ce parti.


On peut néanmoins comprendre ce passage : le PLC et QS, sur la question identitaire, la plus importante de notre époque, ont des positions similaires. Ils chantent la gloire du multiculturalisme. D’ailleurs, chez Québec solidaire, le multiculturalisme est une conviction beaucoup plus forte que le souverainisme. Si on peut y faire des compromis sur l’indépendance du Québec, on n’en fera pas sur les accommodements religieux, encore moins sur l’ouverture au voile islamique.


À chacun ses priorités. On ajoutera une chose : l’obsession commune du PLC et de QS, c’est l’antipéquisme. L’ancien chroniqueur de La Presse se sentira à l’aise. Ce n’est pas sans raison que Marissal se présente contre Jean-François Lisée, le chef du PQ. Il s’agit de l’éliminer du portrait. Le grand objectif de QS, c’est d’en finir avec le PQ, et liquider sa version du souverainisme, du nationalisme et de l’identité québécoise, pour ensuite prendre sa place.


Il n’en demeure pas moins que l’entrée de Marissal en laisse plusieurs perplexes. Comment, après avoir cultivé pendant des années un cynisme sophistiqué et mondain, peut-il rejoindre un parti utopiste qui fait de l’existence de la réalité un affront à l’idéal ? Est-ce que Marissal se sent vraiment proche de la gauche radicale ? Est-ce vraiment sa famille politique ? Sait-il où il met les pieds ?


Cynisme


QS est quand même le parti qui rassemble dans sa base les militants venus des sectes les plus inquiétantes de la gauche radicale, en lutte contre la « transphobie », le « spécisme », le « capacitisme » et autres causes semblables. On ne devrait pas sous-estimer la hargne idéologique dont ils peuvent faire preuve. Sur les réseaux sociaux, les sympathisants QS sont souvent les plus hargneux.


Alors on reposera la question : qu’est-ce que Marissal va faire dans cette galère ? Il ne faudrait pas qu’il feigne avoir ces convictions. Ce serait la marque ultime du cynisme.