Exhumer l'imposture libérale

Verdict et vindicte : Fournier, Fournier, déconne toujours!

Tribune libre

Exiger l’excuse suprême, la contraindre in extenso et en toutes lettres, c’est abdiquer d’avance en face de l’ennemi. S’élever au-dessus des craintes et des rebuffades, c’est faire preuve d’un sens de l’État. Garder toute liberté d’action politique éventuelle, c’est se donner la marge de manœuvre voulue pour rectifier en nos termes le tort causé. Nous ne pouvons point présumer de l’avenir. C’est ce qu’il nous faut retenir du scribouillage autour de l’affaire Michaud. Au grand jamais nous ne pourrons nous substituer au souverain, sauf dans la mesure d’un précédent établi.
Soyons grandis par l’adversité et en face du courage démontré. Apprécions la situation politique et permettons-lui plusieurs lectures possibles. Ainsi, depuis plusieurs jours, l’affaire bat son plein. Les grenouilleurs s’en donnent à cœur joie. Entre le châtiment exigé et les nécessités circonstancielles, la tentation du court terme vient émousser certains repères intemporels. Saluons au passage la vaillance et l’engagement du citoyen Michaud. Démontrer avec tant d’éloquence et de conviction l’injustice du statut quo politique québécois n’est pas le lot du commun des mortels.
Dénonçons à juste titre ce qui grouille, laissons ensuite les odeurs de l’affaire épandre leur pestilence, et ainsi nous pourrons secouer le joug de la domination en œuvre. Laissons rompre les digues et s’entrouvrir les fissures de ce mur du bâillon schiste ainsi constaté. Donnons l’électricité nécessaire à l’embrasement de notre résolution. Accusons la dilapidation de nos richesses collectives au seul profit du secteur privé. Regroupons en nous ce qui nous reste de dignité, affranchissons-nous de la mainmise du Parti libéral et de l’aréopage de la clique affairiste qui l’accompagne.
Entre le verdict impopulaire et la vindicte perpétuelle, le gouvernement libéral oscille dangereusement. À visage découvert, nous poussons l’ennemi jusqu’à ses derniers retranchements. Comme l’a démontré M. Robert Barbéris-Gervais, la tentative d’Amir Khadir de rétablir l’honneur de Yves Michaud prêtait le flanc à une critique partisane. Verrons-nous le temps venu une convergence transpartisane puisque le Parti libéral a déjà fait son lit?
Faisant le procès des votes ethniques ad vitam aeternam, les tenants du statut quo ont tout intérêt à entretenir les amalgames tout autant fallacieux les uns que les autres autour du recoupement des déclarations de Michaud et Parizeau. Mme Lopez devra répondre devant l’histoire ce qu’elle entendait en face du citoyen Michaud par « les votes ethniques », l’assertion de quelque peur de « perdre vos bénéfices » et la menace présumée du voile de « [t]oute votre pension va disparaître. » En ces temps post-scandale des commandites, nous connaissons l’enseigne à laquelle logent les tenants du statut quo et des privilégiés lorsqu’il s’agit d’argumenter. Fournier, Fournier, déconne toujours!


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