Une conséquence de la politique étrangère américaine, estiment les Québécois

11 septembre 2001


Par Duchesne, André
Plus de trois Québécois sur quatre attribuent principalement à la politique étrangère des États-Unis les attentats du 11 septembre 2001.
Les résidants du Québec (77%) sont ainsi plus nombreux que ceux des autres provinces canadiennes (63%) à faire ce lien. Ils sont aussi plus nombreux que les autres Canadiens (38% par rapport à 31%) à associer les actions d'Israël au Proche-Orient aux attaques survenues il y aura cinq ans.
C'est ce qu'on retient d'un sondage Léger Marketing réalisé pour le compte de l'Association d'études canadiennes (AEC), organisme qui travaille à la sensibilisation du public à différents aspects de la réalité canadienne.
Le Québec est-il encore une fois une société distincte?
"La différence est significative mais pas énorme, répond le directeur général de l'AEC, Jack Jedwab. Au Québec, on a davantage l'impression que les États-Unis sont perçus comme détenteurs d'un grand pouvoir et qu'ils auraient pu intervenir différemment."
Coordonnateur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, le chercheur Marc-André Boivin fait de son côté remarquer que le Québec n'est pas la seule région à se démarquer.
"Lorsqu'on demande aux gens si les attaques sont principalement dues à la réaction des intégristes islamiques contre le monde occidental, 76% des Albertains disent que oui, alors que la moyenne canadienne est de 67%", observe-t-il. Dans cette catégorie, la réponse des Québécois est de 67%.
Écouter les organisations terroristes
M. Jedwab estime aussi que les répondants portent un jugement sur des événements antérieurs (comme le 11 septembre 2001) en les analysant avec le filtre de ce qui se passe dans l'actualité. Il croit par exemple que la récente guerre au Liban a eu une influence sur le fait que près d'un tiers des Canadiens associent la politique d'Israël aux événements du 11 septembre, un taux qu'il juge élevé.
Dans la deuxième partie du sondage, on demandait aux gens si le Canada devait être davantage à l'écoute des préoccupations exprimées par les membres des organisations terroristes au Proche-Orient. La moitié (49%) répondaient par l'affirmative (53% au Québec), alors que 42% se rangeaient dans le camp des personnes en désaccord (40% au Québec).
À noter que les jeunes (groupes de 18-24 et de 25-34 ans) sont plus ouverts aux préoccupations des organisations terroristes que les 35 ans et plus. De même, ce sont les personnes avec un niveau d'éducation primaire (61%) et secondaire (53%) qui sont les plus enclines à écouter ces doléances, alors que chez les personnes qui ont étudié au cégep et à l'université, on tombe sous la barre des 50%.


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