Fondation du CHUM

Un objectif colossal: 300 millions

CHUM





La Fondation du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) devra trouver un moyen de susciter la philanthropie. Le gouvernement de Jean Charest lui demande en effet de contribuer à hauteur de 200 millions de dollars à la construction du mégahôpital, qui sera construit pour un coût de 1,6 milliard de dollars.
La tâche semble colossale pour la Fondation, qui devra trouver le moyen de faire tripler les dons qui lui sont faits. Elle doit recueillir, outre la somme de 200 millions pour 2010, quelque 100 millions supplémentaires pour maintenir l'état des équipements et de la recherche dans son réseau d'hôpitaux.
Malgré le défi qui l'attend, le président de la Fondation, Ekram Rabbat, demeure optimiste: « Bon an, mal an, nous recueillons de 12 à 13 millions de dollars. Alors, il faut prendre ce 12 à 13 millions de dollars, le doubler d'ici cinq ans et le tripler d'ici sept à huit ans, de façon à pouvoir avoir une vitesse de croisière de 30 à 40 millions de dollars par année. »
Une question de culture


M. Rabbat admet que la culture latine n'est pas autant portée sur la philanthropie que la culture juive ou anglo-saxonne. « Le problème de la philanthropie n'est pas un problème québécois, c'est souvent un problème latin, estime M. Rabbat. Les hôpitaux en France n'ont pas de fondations, en Italie c'est la même chose. »
Enthousiasmés par le projet, les donateurs québécois seront au rendez-vous, selon lui. Le monde de la grande entreprise québécoise devra fournir la moitié des 300 millions nécessaires et l'autre moitié proviendra de particuliers. Le gouvernement ne veut pas investir plus que les 954 millions qu'il a promis.
La Fondation aurait déjà pressenti un leader pour mobiliser la communauté d'affaires. Serge Godin, fondateur de CGI, l'un des plus grands succès d'entreprise au Québec, dirigerait cette campagne de financement.
Un doute


Un habitué des collectes de fonds, le président de BMO Groupe financier, Jacques Ménard, ne partage pas l'optimisme de M. Rabbat. « J'aurais peine à croire que 300 millions de dollars est un chiffre réaliste », déclare-t-il, même s'il a contribué à amasser 125 millions de dollars, avec l'aide de Céline Dion, pour la Fondation de l'hôpital Sainte-Justine.
M. Ménard craint que la communauté des affaires ne soit quelque peu rebutée par le projet. « Force est de constater que dans le milieu des affaires en général, le choix du site n'a pas fait consensus, ce qui n'aide pas, explique-t-il. Il faudra épurer cette question et passer à autre chose. »
La partie est loin d'être gagnée en ce qui concerne la participation que l'on attend des contribuables. Leur générosité sera sollicitée de toutes parts pour quelque 6 milliards de dollars au cours des 6 prochaines années. L'éventualité d'un échec de la Fondation n'est pas envisagée et le sort du futur CHUM demeure inconnu si l'objectif de 300 millions se révélait une mission impossible.


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