Un nouveau chapitre à la saga du CHUM

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Nous ne sommes pas au bout des péripéties dans ce dossier

Je suis interloqué mais non surpris par la nouvelle qui est reprise en boucle à la radio et à la télévision au sujet du Centre hospitalier de l’Université de Montréal. Interloqué par la démission du docteur Jacques Turgeon, mais non surpris par ce nouvel épisode de l’histoire du CHUM.

Je ne connais pas personnellement le docteur Turgeon, mais son CV et ses réalisations m’impressionnent fortement. Je suis encore plus impressionné de l’entendre affirmer qu’il démissionne par principe et sans empocher de fortes sommes au passage. Décidément, il y a lieu de garder un certain espoir dans ce monde marqué de cynisme, de faiblesse, d’escroquerie et de duperie. Il existe donc encore des hommes mus par un idéal et qui agissent en fonction de leurs principes.

Par ailleurs, je suis étonné de constater que l’ingérence politique actuelle au CHUM représente une si grande surprise pour plusieurs, dont les médias ! Cet interventionnisme s’est manifesté dès les débuts de ce projet et a toujours été présent tout le long de son pénible cheminement. À ma connaissance, tous les ministres de la Santé, de quelque parti qu’ils soient, y ont participé : de la fusion forcée des trois hôpitaux initialement concernés à la remise en question répétée de l’emplacement. À titre d’exemple, rappelons-nous l’intervention personnelle de Philippe Couillard dans la décision définitive sur le choix du site actuel. Maintenant premier ministre, Philippe Couillard était alors ministre de la Santé. Décision prise en désaccord complet avec Jean Charest, premier ministre à l’époque, et avec le recteur de l’Université de Montréal à ce moment, Robert Lacroix.

Dans leurs communications, les responsables du CHUM mentionnent que cet établissement doit être transformé en un Centre hospitalier universitaire de pointe en réalisant ses missions de soins, de recherche, d’enseignement, d’évaluation et de promotion de la santé. En conférence de presse, le docteur Jacques Turgeon a mentionné l’importance de l’aspect universitaire. Puis, au cours d’une entrevue accordée à RDI, le ministre Barrette a parlé d’une chicane de docteurs. Le CHUM représente de fait une entreprise colossale mal engagée dès le départ, dont les modalités et les objectifs n’ont jamais été acceptés par plusieurs des principaux intervenants. De plus, il apparaît qu’aucune remise en question de plusieurs facteurs primordiaux n’a été faite, notamment en ce qui concerne le cadre de pratique des médecins qui y exercent, particulièrement leur mode de rémunération. Ainsi, connaissant les conséquences qui en découlent, un véritable CHU doit-il accepter que des médecins y pratiquent en mode entrepreneurial ?

À mon avis, l’occasion est propice pour les responsables d’entamer une réflexion exhaustive le plus tôt possible. Un tel exercice ne devrait pas seulement être fait au CHUM, mais aussi au CUSM (Université McGill), ainsi qu’au CHUQ (Université Laval). Quant au CHUS (Université de Sherbrooke), les fondateurs semblent avoir démontré plus de savoir-faire.


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