ÉTATS-UNIS

Un grand mouvement de colère contre la police

En Californie, une manifestation dénonçant les traitements injustes envers les Noirs dégénère

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Après le printemps érable, un printemps Coca-Cola ?

Les manifestations contre les violences policières contre les Noirs se sont poursuivies samedi aux États-Unis, et l’une d’elle, en Californie, a dégénéré en violences et pillages, alors qu’à New York on enterrait un jeune père de famille noir tué « accidentellement » par un policier blanc.

Un homme de 28 ans, Akai Gurley, a été tué par balles le 20 novembre « par accident » par un jeune policier blanc dans une cage d’escalier mal éclairée d’une HLM de Brooklyn.

L’affaire a suscité l’émotion dans tout le pays et intensifié les manifestations dénonçant depuis cet été le comportement de la police dans une succession d’altercations mortelles face à des Noirs non armés, ravivant les tensions raciales.

Si les manifestations se sont déroulées dans le calme dans la plupart des grandes villes, cela n’a pas été le cas à Berkeley, dans la banlieue de San Francisco, où des petits groupes détachés de la manifestation principale se sont affrontés violemment avec la police et ont pillé des magasins.

« Certains ont commencé à lancer sur les policiers des briques, des tuyaux, des grenades fumigènes », a déclaré à l’AFP Jennifer Coats, porte-parole de la police, ajoutant que de nombreux policiers avaient été blessés.

La police de son côté a fait usage de gaz lacrymogène alors que certains manifestants commençaient à briser des vitrines de magasins et les piller, a-t-elle ajouté, sans pouvoir préciser le nombre de victimes.

«Je ne peux pas respirer»

À New York, qui en était samedi à son quatrième jour de manifestations, la foule rassemblée dans l’après-midi malgré une pluie diluvienne scandait « Je ne peux pas respirer », les derniers mots répétés par Eric Garner, ce père de famille noir âgé de 43 ans mort étouffé en juillet lors d’une interpellation brutale par la police de New York.

Un autre rassemblement a eu lieu dans le quartier d’Harlem, à l’appel de la figure de la lutte pour les droits civiques Al Sharpton, en présence du réalisateur Spike Lee.

Samedi matin, une centaine de proches et de militants des droits civiques, ainsi que plusieurs responsables de la ville, s’étaient recueillis sur le cercueil d’Akai Gurley dans une église baptiste de l’arrondissement de Brooklyn. Sa mère, Sylvia Palmer, et sa compagne, Melissa Butler, étaient présentes à la cérémonie.

« Akai était innocent, innocent, innocent », a martelé le militant Kevin Powell. Il a remercié la ville de New York et le maire Bill de Blasio pour avoir pris en charge le coût des obsèques. « Encore et encore, nous assistons à des lynchages des temps modernes. Akai Gurley n’en est que la dernière des victimes », a-t-il lancé, en appelant à l’inculpation du jeune policier.

Dans le cas de la mort d’Akai Gurley, la justice new-yorkaise a annoncé vendredi la convocation d’un grand jury pour décider si le policier, Peter Liang, devait être poursuivi devant les tribunaux ou non.

De multiples affaires policières se superposent en effet depuis cet été et alimentent les appels à une réforme des méthodes policières, et du système pénal en général.

Brutalité

Manifestants et dirigeants des droits civiques accusent les policiers d’avoir trop souvent recours à une force excessive contre les Noirs, tout en étant rarement renvoyés devant la justice.

Un représentant de New York au Congrès, Charlie Rangel, a tonné que le « cancer du racisme » persistait aux États-Unis.


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