Un diplomate veut garder les touristes québécois au Mexique

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Terrible climat sécuritaire au Mexique



L’ambassadeur Alejandro Estivill Castro, consul général du Mexique à Montréal, lance un cri du cœur aux Québécois pour qu’ils continuent à visiter son pays malgré la guerre sanglante des cartels de la drogue.




« N’ayez pas peur. Si vous venez à Cancún, vous retrouverez une ambiance bien meilleure qu’ailleurs avec de nombreuses attractions », a déclaré au Journal l’ambassadeur Alejandro Estivill Castro, consul général du Mexique à Montréal, au cours d’un entretien à ses bureaux du centre-ville plus tôt cette semaine.




Fin août, un Québécois qui avait travaillé comme consul honoraire du Canada a été assassiné dans sa résidence de Cancún. En début d’année, une tuerie liée au narcotrafic a fait sept morts à Playa del Carmen, une station balnéaire prisée des Québécois.




Or, malgré cette flambée de violence, le diplomate Alejandro Estivill Castro veut se faire rassurant et affirme que son pays reste sécuritaire pour les touristes.




« Ce n’est pas plus dangereux qu’à plusieurs endroits aux États-Unis », insiste l’homme.




Partenaire commercial




Pour le diplomate, les liens économiques entre le Québec et le Mexique dépassent l’industrie touristique ou même les 4000 travailleurs agricoles qui viennent aider nos fermiers chaque année. Les économies des deux pays sont de plus en plus liées.




Entre 2016 et 2017, les échanges commerciaux entre le Mexique et le Québec ont bondi de 10 %, passant de 5,9 milliards $ à 6,5 milliards $, ce qui fait de ce pays latin d’Amérique du Nord le troisième partenaire commercial de la province.




Durant cette période, les exportations du Québec vers le Mexique se sont élevées à 1,7 milliard $, et les importations mexicaines ont dépassé les 4,7 milliards $. Bombardier, CAE, Damafro, ADS brassent des affaires au Mexique, souligne le consul.




« Le secteur manufacturier est très solide », ajoute-t-il.




Des échanges commerciaux qui risquent d’exploser quand l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), renégocié à la dure, sera ratifié par les membres du Congrès américain, souligne Alejandro Estivill Castro.




Mais pour celui qui a côtoyé l’ex-président Barack Obama à Washington avant d’arriver ici, il y a encore du pain sur la planche pour rapprocher l’économie des trois pays.




« L’administration Trump a changé beaucoup de règles du jeu », résume-t-il.




Renforcer les liens économiques




D’après lui, le Québec et le Mexique doivent renforcer leurs liens économiques, en misant sur les nouvelles technologies, les jeunes entreprises et la reconnaissance des diplômes pour faciliter la mobilité de la main-d’œuvre.




« Il y a beaucoup d’opportunités au Mexique. Nous sommes le pays avec le plus d’ingénieurs de toute l’Amérique latine. Nous avons plus de 120 000 nouveaux diplômés en génie chaque année », conclut l’homme.