Sondages 2007 : PQ et PLQ à égalité avec 51 députés, 23 pour l’ADQ ! (4)

Québec 2007 - Tribune libre de Vigile

Lorsque 45% des électeurs disent qu’ils peuvent encore changer d’idée, c’est qu’ils voudraient bien qu’un bon gros pavé dans la mare électorale les aider à trancher. C’est ce qui semble transparaître du sondage Léger Marketing -TVA - Journal de Montréal - The Gazette de ce 2 mars. Par rapport au sondage Léger Marketing précédent (Le Devoir, 26 février), le PQ et l’ADQ ont chacun gagné un point tandis que le PLQ et Québec solidaire en ont chacun perdu un. Il est donc étrange que certaines manchettes indiquent une poursuite de la chute du PQ. On semble plutôt assister à une légère intensification du duel PQ-ADQ en région, aux dépens du PLQ. Et encore le sondage de ce matin est basé sur un échantillon trois fois plus important que le précédent, avec une marge d’erreur de 1,8% (19 fois sur 20) plutôt que les 3,1% d’erreur de la semaine dernière. Par conséquent, il ne s’est peut-être rien passé du tout dans l’opinion publique entre ses deux sondages. Mais celui de ce matin est évidemment plus fiable. Tous les partis peuvent encore espérer la victoire, la moins probable étant encore celle de l’ADQ qui, selon nos estimations, ne peut conquérir le plus grand nombre de sièges avant d’avoir franchi la barre des 31%. Ainsi, selon les données du sondage de ce matin :
● Le Parti Québécois d’André Boisclair élirait 51 députés, dans des luttes à trois serrées en région mais en pouvant toujours compter sur sa base traditionnelle dans la grande région métropolitaine, là où la question nationale supplante encore les accomodements raisonnables et… l’orientation sexuelle des candidats. À mesure que les écarts entre les partis rétrécissent, un tel scénario est davantage sujet à toutes sortes de considérations locales qu’aucune modélisation informatique ne saurait simuler. Sans grandes affinités avec ses deux principaux adversaires et peu enclin aux coalitions trop contre-nature, le PQ en serait quitte pour une belle victoire morale.
● Le Parti Libéral de Jean Charest ferait aussi élire 51 députés. Une telle éventualité donnerait assurément une belle indigestion de mignardises à notre lieutenant-gouverneur, à qui revient théoriquement le rôle de dénouer un tel imbroglio. Voilà qui contribuerait certainement à réduire le taux de chômage chez les constitutionnalistes. Quelques adéquistes parmi les plus à cheval sur les principes y verraient sans doute de nouveaux motifs de conversion offrant de belles occasions de carrière. À moins qu’il n’y ait carrément coalition PLQ-ADQ, dans un amalgame de fédéralisto-populisme de droite du plus grand raffinement.
● L’Action démocratique du Québec de Mario Dumont et ses 23 députés se verraient couirtisés comme jamais. Compte tenu que le chef et ses candidats se connaissent bien peu, voilà un épisode de la vie politique québécoise qui nous vaudrait probablement le meilleur et le pire.
Québec solidaire, Françoise David et ses 124 autres candidats défaits en profiteraient pour tenir à nouveau un débat sur les institutions démocratiques.
Bien sûr, ces prédictions sont à la merci d’une certitude : les 24 prochains jours de cette campagne nous réservent encore bien des surprises, et des bonnes. D’ici là, on peut quand même s’attendre à ce que :
● La participation d’André Boisclair à l’émission «Tout le monde en parle» de ce dimanche rejoigne un très (très !) vaste public dont le chef péquiste a justement grand besoin.
● L’issue de plus en plus imprévisible du scrutin du 26 mars ravive l’intérêt de l’électorat pour cette campagne et bien sûr, pour le débat des chefs du mardi 13 mars. Contrairement à ses deux vis-à-vis, André Boisclair en sera alors à sa première expérience du genre. Ses échanges avec Mario Dumont sont les plus susceptibles d’être retenus. Chacun jouant son va-tout, le modérateur risque d’être très occupé.
● Le bilan du gouvernement sortant se fasse de plus en plus lourd à porter pour Jean Charest. Au fait, où donc en est le juge Grenier dans la rédaction de son rapport d’enquête sur Pro-Canada ?
Si vous êtes comme moi, vous avez très hâte à la suite de ce captivant feuilleton électoral. Rendez-vous au prochain sondage.
CHRISTIAN GAGNON, ing.

L’auteur a été président régional du Parti Québécois de Montréal-Centre
d’octobre 2002 à décembre 2005

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CHRISTIAN GAGNON, ing.
_ L’auteur a été président régional du Parti Québécois de Montréal-Centre d’octobre 2002 à décembre 2005





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