Solidaire du PQ

Pour appuyer le texte de M. Raymond Poulin

PI - Parti indépendantiste

Vous avez raison. Nos amis qui vous répliquent ces jours-ci pensent que
l'indépendance est à portée du parti qui osera affirmer dans son programme
une volonté ferme de la réaliser. Pour eux, le peuple québécois est entravé
par les seules hésitations des leaders indépendantistes péquistes qui
répugnent à parler de l'indépendance par opportunisme électotal. C'est
apparamment leur seule grande explication pour le fait que le Québec soit
encore une province.
L'un d'entr'eux pense ainsi qu'en organisant avec emphase une grande
marche sur Québec du style de celle que Benito Mussolini avait organisée au
début des années de 1920, la synergie ainsi produite suffirait à changer
l'histoire et à rallier cette majorité silencieuse qui attend son heure.
Dans un sens, si tout était aussi simple mais hélas ...!
Votre texte m'a aidé à comprendre que la divergeance d'opinion avec eux
tient beaucoup à l'état de la situation quant au degré d'adhésion du peuple
québécois au projet de l'indépendance. Récemment, j'écrivais sur Vigile que
la majorité des adversaires de l'indépendance se recrutent aujourd'hui comme
hier parmi les francophones et que ceux-ci demeurent donc à convaincre pour
atteindre le but.
Le Parti Québécois n'a pas fait que des mauvais coups dans cette
perspective. Il faut convenir que la stratégie utilisée n'a pas toujours
été la meilleure puisque le Québec demeure aujourd'hui une province
canadienne. Mais elle a toujours été approuvée à la majorité des membres du
parti, même si parfois la méthode de persuasion tenait plus du tordage de
bras qu'autre chose. De telles méthodes sont dans la nature de la
politique et rien ne permet de croire que ce nouveau parti indépendantiste
auquel nos amis rêvent n'y céderait pas par nécessité comme le font tous
les partis, surtout lorsqu'ils approchent de l'objectif du pouvoir.
Libéraux et Conservateurs ne font plus qu'un seul parti fédéraliste au
Québec depuis longtemps sans doute parce que, selon eux, l'argument de la
division du vote fédéraliste fait encore du sens.
C'est pourquoi, en dépit des observations très correctes de nos amis, je
demeure solidaire du parti Québécois.
Gilles Laterrière
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --


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4 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    19 juillet 2007

    La formation à ce stade d'un nouveau parti indépendantiste risque d'avoir pour effet d'affaiblir davantage l'option. Un nouveau parti ne fera pas le poids devant les autres formations politiques, il sera largement ignoré, sinon dénaturé par les médias et incapable d'attirer à lui des adhésions en nombre significatif chez les nombreux nationalistes-souverainistes qui militent en faveur d'enjeux sociaux légitimes et souvent immédiats (projets de société) au sein du PQ, de l'ADQ et de QS. La concurrence que ce nouveau parti fera aux partis existants aura pour effet de peinturer dans le coin les indépendantistes et de se mettre à dos nombre de sympathisants potentiels. Cette voie nous mène tout droit à une division plus accentuée des Québécois entre eux. L'utilité d'un tel parti n'est donc pas démontrée.
    L'indépendance est une option constitutionnelle légitime au Québec et acceptée comme telle officiellement par deux partis politiques. Les indépendantistes sont donc bienvenus, en principe, pour travailler au sein de ces formations politiques et y faire leur place. Vue sous cet angle, la formation d'un parti - une option qui semble avoir la faveur de péquistes désenchantés - est prématurée et contre-productive. Les progrès de l'option devraient être pensés et mesurés autrement - sans déroger de la voie démocratique - en dehors du cadre devenu étroit, mis en place par le PQ en d'autres temps.
    À mon avis, il y a suffisamment de partis politiques québécois. Il y en a d'ailleurs pour toutes le options sociales. Les indépendantistes devraient y travailler et coordonner leurs efforts, agir dans toutes les couches de la société au moyen d'une structure indépendante - indépendante du système électoral canadien d'abord et indépendante de la politique provinciale - afin d'unir la majorité des Québécois pour réaliser l'indépendance. Il est temps d'unir et non de diviser. Sans l'union d'une vaste majorité, il n'y aura jamais d'indépendance.
    S'il y a quelque chose qui a manqué depuis quarante ans, ce n'est pas un parti politique. Mais justement, qu'est-ce qui a manqué ?
    G. Verrier

  • Archives de Vigile Répondre

    18 juillet 2007

    Je vais me permettre de devancer la personne à qui la question de Frédéric Picard est adressée pour élaborer ce que plusieurs, dans la mouvance indépendantiste ces jours-ci, perçoivent du devenir immédiat du PQ.
    1- Mise au rancart du référendum sur la souveraineté du Québec et même de l’obligation de tenir un tel référendum. Comme il fut expliqué antérieurement, dans l’esprit de la population, tout comme une large part des membres de ce parti, le référendum est en symbiose avec la souveraineté en soit, donc pas de référendum, pas de souveraineté. Et en écartant l’obligation même de tenir un tel référendum (moyen que je crois tout à fait vicié, autant par les manœuvres illicites des fédéralistes que la loi C-20), ce moyen d’accession à l’indépendance nationale du Québec est une avenue sans issue. Il y a des gens qui ont des yeux pour voir une réalité qui crève justement le regard, mais ils sont aveugles.
    2- Selon le discours d’intronisation de Pauline Marois le 26 juin dernier, les deniers publics ne serviront jamais à promouvoir l’idée même de l’indépendance du Québec sous un prochain règne péquiste au gouvernement du Québec. Si le principal parti souverainiste ne prend pas les moyens que le pouvoir confère à des gestes de gouvernement national, alors qui le fera, comment et avec quoi ?
    3- En voulant moderniser le discours social-démocrate du PQ, il est clair que le PQ veut se réapproprier la clientèle électorale passée à l’ADQ. L’ADQ nous le savons, quoiqu’il propose des mesures à saveurs apparemment souverainistes, enrobé d’une teinte d’un nationalisme identitaire, se refuse à l’idée même de l’indépendance politique du Québec, à la liberté de la nation québécoise, au droit d’exister du peuple du Québec en tant qu’État souverain.
    Bercez-vous d’illusion tant que vous le voudrez, mais le PQ s’adéquise et son destin ne peut être très différent de celui de la défunte Union nationale. Et les orientations que semble vouloir donner Pauline Marois à son parti depuis le 26 juin dernier convergent exactement en ce sens.
    Alors si c’est de ce PQ adéquiisé dont vous voulez vous rendre solidaire, alors soyez-le jusqu’au bout : il vous faut travailler à la fusion entre ces deux partis politiques. Si cette idée vous horripile parce que vous vous croyez toujours indépendantiste, alors il n’y a absolument rien à sauver au PQ, et puisqu’il n’y a plus rien à sauver au PQ puisqu’il s’est vidé de sa substance idéologique. Alors, il ne vous reste qu’un seul geste logique à accomplir : joindre les rangs d’un véritable parti politique indépendantiste.
    C’est ce qui sera proposé à tout le mouvement souverainiste très bientôt, tout comme à la nation québécoise.

  • Raymond Poulin Répondre

    18 juillet 2007

    Péplique à M. Picard
    D'après ce qu'écrit M. Picard, le nouveau parti éventuel ferait la pédagogie de l'indépendance. C'est justement une chose sur laquelle j'ai insisté, alors que des commentaires à mes textes et à mes réponses sous forme de commentaire, provenant de gens qui semblent au coeur de ce nouveau projet, semblaient plutôt conclure que ce n'est pas nécessaire, que le peuple ne demande qu'à être conquis. Alors, on verra, et tant mieux si je les ai mal lus ou s'ils se sont mal exprimés.
    Quant à la division du vote, reste à voir si tous ceux qui soutiennent encore le PQ sont en majorité convaincus que ce parti n'est pas vraiment indépendantiste ou s'ils le deviendront sous peu. Dans le cas contraire, à mon avis le plus probable pour assez longtemps, il y aura bel et bien division du vote, et nous voilà alors bien avancés. Savez-vous, la perception publique ne correspond pas toujours à une analyse raffinée de la réalité. Personnellement, j'éprouve de moins en moins de respect pour ce qu'est devenu le PQ, et si jamais je me voyais obligé de lui accorder une fois de plus mon suffrage, il s'agirait strictement d'un vote stratégique, d'un vote par défaut. Là, je sens que M. Laterrière ne sera pas d'accord, mais enfin, je ne puis faire mieux, du moins dans l'état actuel des choses.
    Vous prétendez que ce nouveau parti virtuel disparaîtra dès qu'il aura réalisé sa promesse. Est-ce à dire qu'il s'effacera devant les vieux partis, qu'il vomit tous? C'est insensé. Ensuite, il faut conclure de cela que vous ne voyez pas la nécessité pour ce parti d'établir un programme de gouvernement ni pour avant ni pour après l'accession à l'indépendance. Croyez-vous donc que la population voterait pour un parti qui ne serait pas en mesure d'assurer la continuité de la marche de l'État??? J'espère pour eux, et pour nous, que ceux qui veulent fonder ce NPI ne pensent pas ainsi, sinon ils ne mériteraient qu'un éclat de rire.

  • Frédéric Picard Répondre

    18 juillet 2007

    Monsieur Laterrière,
    Votre réaction de méfiance est tout à fait compréhensible, mais nécessite cependant quelques éclaircissements. L’intention est d’offrir un programme national. L’intention est de montrer, à tous les Québécois, à quoi ressemblera un Québec souverain. L’intention est de faire cette pédagogie nécessaire, abandonnée depuis le référendum de 1995.
    Ne trouvez-vous pas inquiétant que l’effritement des votes péquistes est corollaire au refus de ce parti de faire la pédagogie de l’indépendance ?
    Depuis le référendum de 1995, le rêve n’y est plus. On ne rêve plus à ce qui pourrait-être, mais toujours à ce qui est, tout-de-suite-maintenant. Le projet indépendantiste doit incarner le rêve et l’espoir, comme en 1976 et en 1994.
    La conséquence de l’élection de ce parti sera immédiate. Si le parti est élu, il réalisera, tout simplement, ce qu’il a promis. Comme sont supposés le faire les partis "normaux". Dès qu’il aura réalisé sa promesse, sa raison d’être ne sera plus et il disparaîtra.
    Cette fragile coalition ne pourra pas faire de passes droits à la sauce PQ. Son intégrité en serait menacée, avec l’effet concomitant sur son objectif indépendantiste.
    Quand à l’argument de la division du vote, cet argument ne s’applique que si le vote ou les partis sont indépendantistes. La question à poser reste évidente :
    Dites-moi, monsieur Laterrière, quel est l’objectif du PQ ?