Scheer n'inspire pas confiance, croit Kim Campbell

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Le putsch contre Scheer prend de l'ampleur


OTTAWA – L’ex-première ministre Kim Campbell estime que le réel problème du chef conservateur Andrew Scheer n’est pas sa position personnelle sur l’avortement, mais le fait que les Canadiens ne le croient pas quand il dit qu’il ne rouvrirait pas le débat sur le droit des femmes de choisir.


«Le problème avec Andrew Scheer est que les gens ne lui font pas confiance [lorsqu’il dit] qu'il ne laissera pas cet enjeu revenir sur la table», a soutenu l’ex-chef d'un gouvernement progressiste-conservateur en entrevue avec un journaliste du site web iPolitics.


Mme Campbell, qui a dit à plusieurs reprises être pro-choix, croit que M. Scheer devrait indiquer plus clairement qu’il n’a pas l’intention d’imposer sa vision personnelle s’il est éventuellement porté au pouvoir.


«La question n’est pas de savoir si une personne qui a des positions conservatrices sur des enjeux sociaux peut être premier ministre, mais si elle s’engagera à respecter la loi du pays telle qu’elle est aujourd’hui», a-t-elle ajouté.


Notons que Mme Campbell s’est portée à la défense d’un projet de loi qui aurait grandement limité le droit à l’avortement, avant de devenir première ministre durant quelques mois, en 1993. Ce projet de loi, C-43, aurait établi que seules les femmes dont la santé est menacée par une grossesse peuvent se faire avorter. Ce dernier est finalement passé à la trappe au Sénat.








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M. Scheer a été placé sur la défensive à maintes reprises durant la campagne électorale, forcé d’expliquer sa position sur l’avortement. Le chef conservateur, un fervent catholique, a martelé qu’il n’avait nullement l’intention à rouvrir le débat sur cette question bien qu’il soit, dans ses convictions personnelles, pro-vie.


«J’ai fait un engagement que, comme premier ministre, je ne vais pas ouvrir ce débat et je vais voter contre n’importe quelle mesure qui essaye de rouvrir ce débat», a-t-il répété à plusieurs occasions.


Au terme de l'élection de lundi dernier, les conservateurs ont échoué à prendre le pouvoir. Ils ont réussi à faire élire 121 députés, bien loin des 157 élus libéraux. Les libéraux de Justin Trudeau ont ainsi été réélus à la tête d'un gouvernement minoritaire.