Roberge assouplit les nouvelles règles sur l’école à la maison

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Un dur combat s'annonce pour l'éducation à la maison


Le ministre Jean-François Roberge a assoupli son règlement sur l’école à la maison pour répondre aux critiques de parents qui trouvaient les nouvelles règles trop contraignantes.


L’obligation pour les enfants scolarisés à la maison de passer les examens ministériels est repoussée d’un an, de juin 2020 à juin 2021. Les commissions scolaires devront offrir gratuitement des activités de préparation aux épreuves ministérielles. Dès l’été 2020, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur devra aussi rendre disponibles aux parents des documents préparatoires aux épreuves qu’il impose.


Les grandes lignes de la réforme du ministre restent toutefois en place : le nombre de matières à enseigner augmentera dès la rentrée de cet automne, des agents du ministère de l’Éducation rencontreront les élèves à la maison pour s’assurer qu’ils suivent le programme, et les examens ministériels deviendront obligatoires en dépit de l’opposition de groupes de parents.


« Ces modifications permettront d’éviter que des enfants déclarés en enseignement à la maison ne soient assujettis à des contenus d’apprentissage minimalistes », a indiqué lundi le ministre Jean-François Roberge dans un communiqué.


Au cours de la dernière session parlementaire, il a affirmé que des centaines d’enfants passent à travers les mailles du système, hors de l’écran radar du ministère de l’Éducation. Son nouveau règlement vise à encadrer non seulement l’enseignement à la maison, mais aussi les écoles illégales, notamment religieuses.


Le Devoir a révélé en mars dernier des lacunes dans l’encadrement de l’école à la maison : des « rencontres » entre des parents et des représentants du ministère de l’Éducation se font au téléphone. Ceux-ci sont habitués à se faire raccrocher la ligne au nez. Des projets d’apprentissage soumis par des parents tiennent parfois en une page griffonnée à la main.


Scepticisme


Christine Perry, mère d’une fillette de neuf ans scolarisée à la maison, est partiellement satisfaite des concessions faites par le ministre Roberge.


« Ce que le ministre considère comme des contenus d’apprentissage minimalistes, c’est une pédagogie qu’il ne comprend pas », a réagi au Devoir cette militante du Réseau des écoles démocratiques au Québec (REDAQ) et du Front de solidarité pour la liberté éducative.


Elle a hâte de voir le texte modifié du règlement, qui sera publié dans la Gazette officielle du Québec du 17 juillet. Elle surveillera la façon dont le ministre obligera l’enseignement de disciplines supplémentaires — ou de compétences. « On pourra voir à ce moment-là s’il a vraiment été à l’écoute des parents », dit Christine Perry.


Le ministre Roberge a assuré lundi qu’il a écouté les nombreux commentaires de parents et d’autres acteurs du milieu de l’éducation.


« Ils nous ont permis de bonifier notre projet de règlement au bénéfice de tous les enfants recevant un enseignement à la maison », a-t-il indiqué.




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