Quel culot, ce Charest!

Québec 2007 - Tribune libre de Vigile



Lors du débat des chefs, il fallait vraiment tout un culot à Jean Charest pour inclure dans son bilan le programme québécois de congés parentaux. D'abord, c'est le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard qui l'a entièrement conçu. Ensuite, si l'on doit féliciter quelqu'un pour l'aboutissement de l'entente Québec-Ottawa sur le financement de ce programme, ce sont bien davantage les juges de la Cour du Québec, de la Cour d'appel et de la Cour Suprême que le gouvernement de Jean Charest, qui ont eu raison de l'entêtement du gouvernement fédéral. C'est aussi le PQ qui avait fait adopter une motion unanime de l'Assemblée nationale réclamant qu'Ottawa respecte tout simplement la Constitution.

En 2003, le gouvernement Charest fraîchement élu n'a fait que maintenir la position du gouvernement péquiste précédent à l'effet que ce dossier soit de compétence exclusivement provinciale. À l'inverse, le point de vue d'Ottawa était qu'avec ses congés parentaux payés à même la caisse d'assurance-emploi, le gouvernement fédéral n'empiètait pas sur les compétences des provinces en oeuvrant dans le domaine social, et n'outrepassait pas les siennes en détournant son programme d'assurance-chômage à des fins de soutien à la famille. C'est toujours le même gouvernement péquiste qui a initié cette décennie d'acrimonieuses luttes devant les tribunaux avant que les impôts des contribuables puissent enfin servir à mettre en oeuvre le programme. En 2005, le gouvernement Charest n'a finalement eu qu'à profiter de la vision et de l'acharnement de ses prédésseurs, et à nous vanter ensuite le «fédéralisme flexible».

Christian Gagnon

Montréal

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CHRISTIAN GAGNON, ing.
_ L’auteur a été président régional du Parti Québécois de Montréal-Centre d’octobre 2002 à décembre 2005





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2 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    15 mars 2007

    On peut dire aussi que Jean Charest a du culot de s'attribuer le mérite de la reconnaissance de la nation québécoise à Ottawa.
    Qui est assez naïf pour croire que Stephen Harper aurait pensé à reconnaitre la nation québécoise sans la présence du mouvement indépendantiste à Ottawa et à Québec? Si ce n'était du PQ et surtout du Bloc, les députés conservateurs et libéraux du Québec à Ottawa feraient aujourd'hui comme les 74 députés libéraux fédéraux qui, en 1982, ont voté pour le rapatriement de la Constitution du Canada malgré l'opposition de tous les partis représentés à l'Assemblée nationale.
    Jean Charest représente le pouvoir fédéral à Québec et n'a rien à voir dans la reconnaissance de la nation québécoise. Jean Charest est un rapetisseur de la nation québécoise qui veut qu'elle reste à jamais dominée par une autre nation au sein d'une fédération à laquelle elle n'a jamais adhéré démocratiquement.

  • Archives de Vigile Répondre

    14 mars 2007

    Charest veut le pouvoir...à tout prix, quitte à user de demi-vérités, voire même de mensonges ou encore de la mauvaise foi la plus caractérisée. Quant à la mauvaise foi, je citerai simplement l'indignition de pacotille de M. charest qui dénonce la malhonnêteté de Dumont pour avoir sorti un 'lapin de son chapeau' comme si ce n'était pas ce qu'il avait lui-même fait en 2003, durant le débat avec Bernard Landry! Comment peut-on accorder sa confiance à cet homme pour gérer l'Etat québécois, c'est ce que je me demanderai toujours, maintenant que nul n'a plus le prétexte de le connaître insuffisamment, puisque tous l'ont vu à l'oeuvre depuis 4 longues années!