Québec lance le projet de l'autoroute 25 - Les écologistes menacent de recourir aux tribunaux pour arrêter le projet

Autoroute A-25

Les groupes écologistes envisagent sérieusement la possibilité de demander une injonction pour empêcher le parachèvement de l'autoroute 25, présenté hier par le gouvernement Charest comme «un outil efficace» en matière de transport durable.

Une entente a été conclue avec le consortium privé «Concession A25» pour la conception, la construction, le financement, l'exploitation et l'entretien du futur tronçon de 7,2 km de l'autoroute 25 reliant le boulevard Henri-Bourassa, à Montréal, et l'autoroute 440, à Laval. Un pont à haubans de 1,2 km, payant, enjambera la rivière des Prairies. Le tarif maximal à l'heure de pointe sera de 2,40 $ (1,80 $ le reste de la journée). Il y aura enfin une piste pour les cyclistes et les piétons et une voie réservée pour les autobus.
La ministre des Transports, Julie Boulet, a confirmé l'attribution de ce premier projet de partenariat public-privé (PPP) en matière d'infrastructures, hier en compagnie de sa collègue de l'Éducation, Michelle Courchesne, et du maire de Laval, Gilles Vaillancourt. Ils étaient trois enthousiastes devant cet investissement qui, selon eux, va améliorer autant la fluidité du réseau routier que la qualité de vie des citoyens.
Tremblay absent
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, brillait par son absence. Montréal s'oppose en effet à ce projet qui va totalement à l'encontre de ses récentes interventions pour favoriser l'usage du transport collectif au détriment de l'automobile. «De penser qu'un pont va permettre de réduire les gaz à effet de serre, c'est du jamais vu. Ce n'est tout simplement pas possible», confirme André Porlier, directeur général du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal. «C'est un mauvais exemple d'un projet qui va encourager l'auto et l'étalement urbain», ajoute-t-il.
Le nouveau tronçon de l'A25 devrait un accueillir un maximum de 67 000 véhicules par jour, comparativement à 164 000 sur l'autoroute Métropolitaine et 167 000 sur l'autoroute 15. «C'est quand même 67 000 véhicules de plus sur l'île de Montréal, alors que les citoyens de Montréal demandent plus de tranquillité et une meilleure qualité de l'air», précise M. Porlier.
Début des travaux
Les travaux devraient commencer à l'hiver 2008, soit quelques mois avant que la Cour supérieure ne soit saisie du litige opposant le gouvernement Charest à une coalition formée du CRE, Greenpeace et Équiterre. Selon ces groupes écologistes, le gouvernement a suivi une procédure illégale lors de la consultation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), puisqu'il avait soumis tout au plus «un vague concept de pont» sans que l'identité du promoteur privé soit connue. Ils s'adressent donc aux tribunaux pour que la consultation soit reprise de zéro, en fonction des informations finalement divulguées hier par Québec.
Les trois groupes écologistes décideront cette semaine de la marche à suivre. André Porlier se dit étonné que le gouvernement ait signé le contrat de parachèvement de l'A25 avant même que justice ait été rendue. «On nous pousse dans le coin, et il est tout à fait possible qu'on demande une injonction», indique-t-il.
Le gouvernement injectera 207 millions dans la réalisation de ce PPP, mais il prévoit cependant une économie de 226 millions compte tenu du fait que l'État partagera avec le privé les coûts des travaux. Le consortium Concession A25, dirigé par la banque australienne Macquarie, prévoit parachever l'ouvrage en 2011. Au terme d'un contrat d'exploitation de 35 ans, le gouvernement reprendra possession des infrastructures.


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