Pour une école scientifique et branchée

Tribune libre

Pour une école scientifique et branchée
En matière d'éducation, les propositions des partis politiques me laissent songeur; de grands principes flous, des propositions vertueuses, mais très peu d'idées nouvelles. Alors que faire? Voici quelques propositions:
Au primaire et au secondaire, il faut: 1) adopter un point de vue scientifique pour évaluer l'école et ses méthodes. Par exemple, en français, on sait que des recherches en éducation montrent clairement que la méthode syllabique/analytique donne de bien meilleurs résultats que la méthode globale/mots étiquettes (en vigueur dans presque tout le réseau scolaire depuis la réforme). Il faut donc sans tarder implanter cette méthode dans nos écoles. En outre, il faut choisir des méthodes d’apprentissage qui ont fait leurs preuves sur le plan scientifique, comme l’enseignement de précision (Precision Teaching) et l’enseignement par instruction directe (Direct Instruction), plutôt que d’opter pour les pédagogies tâtonnantes du néo-constructivisme ambiant.
2) Équiper les classes d’ordinateurs pour appliquer ces méthodes d’enseignement à grande échelle et ainsi alléger la tâche des enseignants qui pourront alors se consacrer à l’encadrement des élèves à risque ou en difficulté. Cette mesure impliquerait évidemment de modifier les programmes universitaires de formation des maîtres (bonne chance !) et de former des techniciens en informatique appliquée spécialisés en enseignement (une nouvelle profession ?).
Au cégep, il faut accélérer l’informatisation des classes afin de : 1) permettre l’utilisation de méthodes pédagogiques plus efficaces; 2) rendre les étudiants plus actifs dans leurs apprentissages (un étudiant/un ordinateur, Madame Marois). Il faut également instituer des examens nationaux pour sanctionner la formation et les programmes et laisser tomber le discours simpliste et démobilisateur sur les taux de réussite. Finalement, il faut mettre fin à la guerre des publicités entre les collèges; il y a sûrement moyen de mieux investir les sommes qui sont allouées à cette rivalité inutile entre les éléments d’un même réseau ! (notamment en réduisant le nombre d’étudiants par classe en première session).
À l’université, Il faut créer des postes de professeur et des postes de chercheur car la qualité de la formation universitaire baisse à vue d’oeil. La double tâche professeur/chercheur ne convient plus aux exigences d’une université moderne; elle nuit considérablement à la qualité des cours et constitue un fardeau pour la majorité des chercheurs à temps plein. En clair, il faut des professeurs pour préparer et donner des cours, et des chercheurs qui, libérés de leur charge d’enseignement au premier cycle, pourront se consacrer à leur programme de recherche et aux cours des cycles supérieurs.
Claude Goulet/Professeur de psychologie/Pl@nète Psy

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Claude Goulet/Professeur de psychologie/[Pl@nète Psy->http://www.collegeahuntsic.qc.ca/Pagesdept/Sc_Sociales/psy/psy.htm]





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1 commentaire

  • Claude Goulet Répondre

    13 février 2009

    Monsieur Sénéchal,
    Oui, je suis d'accord, il faut franciser les cégeps, mais il s'agit d'un problème plus politique que pédagogique; la qualité de l'enseignement ne va pas s'améliorer parce que les cours du collège Dawson se donnent en français ! Il faut convaincre les Québécois qui vivent hors de la région métropolitaine que l'avenir du français se joue à Montréal; si Montréal tombe, le Québec suivra...
    Quant aux généreuses subventions versées aux écoles privées, j'admet qu'il s'agit d'un problème collectif important. Cependant, l'école privée est une solution individuelle fort efficace, surtout lorsque la qualité de l'enseignement du réseau public est en baisse. Et c'est, semble-t-il, le cas. Un service public, quel qu'il soit, se doit d'être de qualité, sinon les usagers les plus exigeants chercheront des solutions ailleurs (idem pour la Santé).
    À cet égard, les usagers les plus exigeants jouent un rôle capital, car ce sont eux qui critiquent la qualité des services et réclament des correctifs. En éducation, je crois que les citoyens ont clairement laissé entendre leur insatisfaction à l'endroit de la réforme et des nombreux problèmes de notre école publique (qualité du français, pauvreté du cursus scientifique, indiscipline, violence, drogue, etc.). Mais rien ou presque n'a été fait. Et la patience a ses limites... Alors s'ils n'obtiennent pas satisfaction, les usagers seront de plus en plus nombreux à se tourner vers le privé et le public/privé. Qui peut les blâmer? Le jeu n'en vaut-il pas la chandelle?
    Quoi qu'il en soit, cette désaffection crée deux problèmes : 1) Elle diminue les pressions sur l'école publique, que plus personne ne critique de façon cohérente et convaincante; 2) Elle vide les rangs de l'école de nombreux bons élèves. La solution? Selon moi, il faut améliorer la qualité de l'enseignement. Et cela ne pourra se faire à coût zéro... Il faut donc des sous (abolir les commissions scolaires? Puiser dans le fonds des générations? Augmenter les taxes? Réclamer de nouveau au Fédéral un financement adéquat pour nos cégeps/universités?) et une réorganisation en profondeur du réseau scolaire, y compris les universités. En clair, plus de science, plus d'ordinateurs et de meilleures méthodes pédagogiques. Voilà le programme; et un bon programme, c'est bien connu, trouve toujours son... public :0)
    Claude Goulet