L'affaire Slav/Kanata: une forme de terrorisme intellectuel

Pour en finir avec les accusations d'appropriation culturelle

Les minorités ethno-confessionnelles ont désormais leur censeurs extrémistes enragés

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Tribune libre

Toute la ridicule affaire Slav/Kanata perpétrée contre notre grand metteur en scène Robert Lepage de renommée internationale a de quoi faire réagir contre ces nouveaux censeurs avides de puissance et de contrôle qui voudraient nous faire trembler de frayeur et nous forcer à se soumettre à eux. C'est devenu une forme de terrorisme intellectuel qui se voudrait pourtant respectable et légitime. Oh que non!



Pour bien comprendre ce qui est ou n'est pas de l'appropriation culturelle, il convient de faire la distinction entre 2 sortes d'oeuvres: l'oeuvre artistique et le documentaire.



L'oeuvre artistique


- Dans une oeuvre artistique, le créateur nous propose son point de vue personnel, sa conception d'un sujet quelconque. Le contenu peut être un mélange d'objectif et de subjectif, être partial ou impartial, respectueux ou irrévérencieux, exact ou fantaisiste, réaliste ou inventé. C'est le propre de la création artistique. C'est l'apanage de la libre expression.


L'artiste peut exprimer à sa guise sa perception des choses, d'une situation quelconque, explorer les replis cachés de la nature humaine. C'est lui qui décide qui sont les bons et les méchants, pas ce que voudrait lui dicter la bien-pensance contrôlante, ou une quelconque minorité à la susceptibilité exacerbée.



Ce qui fait précisément la valeur d'une oeuvre artistique, c'est sa capacité à nous entraîner dans un univers particulier qui nous fait voir les choses autrement. Une grande oeuvre fait réfléchir, émeut, émerveille, amuse, dérange, ouvre l'esprit. Elle relève peu ou prou du domaine de la fiction, de l'imagination. Elle laisse place à l'interprétation personnelle. Elle n'a pas à être une copie conforme des faits et de la réalité.


Et c'est précisément ce qui fait tout l'intérêt de faire une telle expérience. Personne n'a nous dicter ce qu'il faut en penser.


L'artiste peut même se permettre d'être biaisé, partial, comme lui permet la licence poétique, la licence artistique. À chacun de faire la part des choses, d'en prendre et d'en laisser.


L'artiste ne dit pas: Voici comment sont les noirs, les indiens. Il dit simplement: voici ma vision personnelle de telle ou telle situation mettant en scène des noirs ou des indiens.



On ne cherche pas à faire un portrait fidèle comme une photo, on fait un Picasso.


Et si une minorité susceptible n'aime pas comment une oeuvre est présentée, libre à elle de l'exprimer et de présenter son point de vue, mais elle n'a aucun droit d'aller plus loin en portant atteinte à la libre expression et en tentant de faire taire la voix de l'art. Ce serait alors une basse tentative de censure.



Faut-il ajouter que la plupart de ces soi-disant groupuscules outrés ne représentent que rarement l'ensemble de ceux qu'il prétendent représenter. Une quelconque association d'activistes noirs ne représentent pas tous les noirs. Un imam intégriste musulman possédé ne représente pas tous les musulmans. Un chef de tribu indienne 100% occidentalisé ne représentent pas tous les indiens d'Amérique.



Jadis, le Roi de France et la noblesse piquée au vif par le contenu persifleur de certaines pièces de théâtre satiriques ont cherché à faire taire et interdire Molière, Marivaux et nombre d'autres qu'on poursuivait pour crime de lèse-majesté. Mais c'est l'art qui a finalement triomphé.


Tout le monde connait l'avertissement standard des colonnes d'opinions et des tribunes libres: l'article exprime un point de vue qui n'engage que son auteur. Et bien, il en va de même pour tout artiste qui présente sa façon à lui de voir une situation donnée.



Dans le cas qui nous occupe, M. Lepage n'a pas à rencontrer de représentants de ces minorités pour tenter de se justifier, il n'a pas à les consulter, il n'a pas à modifier le contenu de ses oeuvres pour leur plaire, il n'a même pas à engager de membres de ces minorités comme consultant ni pour faire partie de la distribution (faut-il n'engager que des homosexuels pour jouer des rôles d'homosexuels, des pervers pour jouer des rôles de pervers, des cancéreux pour jouer des rôles de cancéreux?)


Et il n'a surtout pas à se confondre en excuses.


Tout artiste digne de ce nom doit tenir tête à ses détracteurs et les envoyer promener. Que ceux-ci écrivent leur propre pièce/oeuvre littéraire/film s'ils ont un message différent à véhiculer.


Bref, tout ce qu'un artiste a à faire -et c'est sa mission sur Terre, c'est de créer honnêtement une oeuvre puis de présenter sa vision artistique des choses au grand public en en assumant les conséquences, avec la conviction de ses choix artistiques, de ses intuitions et de son bon jugement.




L'oeuvre documentaire


- Dans une oeuvre documentaire, on s'appuie sur les faits historiques, on effectue la vérification des sources, on consulte des documents officiels. On vise l'aspect descriptif, neutre et objectif du reportage journalistique, généralement dans une optique pédagogique.


La faute actuelle prévalente dans ce genre d'oeuvre réside dans le révisionnisme historique, outil malfaisant de la bien-pensance, qui consiste à appliquer une grille d'analyse actuelle correspondant à leur idéologie sur des situations passées qui n'obéissaient pas aux mêmes critères de morale, de justice, ou de moeurs acceptables.



Un exemple encore récent est le documentaire sur l'histoire du Québec réalisé au Canada anglais pour coïncider avec les 375 ans de Montréal en 2017, et qui était de l'avis général fortement biaisé par le point de vue canadien-anglais dénigreur du Québec. On s'acharnait sournoisement à rabaisser notre histoire, à discréditer nos héros, à ravaler l'épopée de notre peuple valeureux.


Un autre travers que peut revêtir le documentaire actuel est la propagande habilement dissimulée. Il est à déplorer qu'il n'est plus guère possible de voir de documentaires qui contribuent à nous émerveiller devant les beautés de la nature et des animaux. En effet, la plupart sont maintenant gangrenés par un ton alarmiste accusateur à la morale culpabilisante venant de diverses organisations écolos radicales.



Chaque fois qu'une minorité aboyeuse se prononce à haut cris en montrant ses crocs acérés, on doit dénoncer sans détour leur volonté de censurer et de contrôler la libre circulation des idées et des opinions. Il faut les accuser ouvertement de recourir systématiquement à la projection d'une fausse image de pauvre victime abusée pour justifier leur attitude honteuse.


En résumé, une oeuvre artistique authentique n'a de compte à rendre à personne; une oeuvre documentaire se doit d'être bien documentée et présenter des éléments vérifiables non biaisés. La première est généralement de bonne foi, la seconde, pas toujours, malheureusement.


Que les petites bandes de censeurs des minorités ethno-confessionnelles avides de puissance soient remises à leur place et laissent travailler en paix artistes et créateurs qui ont le droit de s'exprimer librement, surtout lorsqu'ils sont de la trempe d'un Robert Lepage.



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Réjean Labrie515 articles

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Réjean Labrie, né en 1954, est originaire de Québec. Il a fait carrière dans la fonction publique à l’aide sociale. Il est fier d’être un enraciné de la 10ème génération en sol natal.Son élan nationaliste se porte sur la valorisation de la culture québécoise et sur la préservation de l'identité culturelle québécoise et de sa démographie historique. L'icône d'identification montre les fortifications de Québec qui symbolisent notre caractère irréductible et notre résilience face à l'adversité.





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