Perquisition de l'UPAC chez l'ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté

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Anguille sous Roche

(Québec) L'unité permanente anticorruption (UPAC) a effectué des perquisitions au cours de la journée de jeudi dans la grande région de Québec, dont une au domicile de l'ancien ministre libéral provincial Marc-Yvan Côté.
La perquisition-éclair s'est déroulée à l'heure du dîner chez M. Côté, dans le rang Saint-Antoine Nord, à Baie-Saint-Paul, dans un secteur plutôt isolé.
La porte-parole de l'UPAC Anne-Frédérick Laurence a refusé de confirmer ou d'infirmer si une intervention policière avait été réalisée chez M. Côté.
«On a fait des perquisitions dans la grande région de Québec à différents endroits. Il n'y a eu aucune arrestation», s'est-elle limitée à dire.
Marc-Yvan Côté a travaillé comme vice-président au développement des affaires chez la firme de génie-conseil Roche, entre 1994 et 2005.
Selon ce que Le Soleil a appris, il était une personne d'intérêt dans le cadre de la perquisition qui a été réalisée le 29 janvier dernier dans les nouveaux bureaux de Roche situés sur l'avenue Wilfrid-Pelletier, dans le secteur Sainte-Foy.
Ce jour-là, la cinquantaine de policiers de l'UPAC étaient sur place afin de rencontrer différents employés de la firme Roche et étaient aussi à la recherche de factures. Celles-ci auraient pu être utilisées dans le cadre d'un faux système de facturation visant à dégager des sommes d'argent liquide. Ces montants auraient pu être dépensés durant des élections, afin de financer illégalement la campagne de candidats.
Lors de sa comparution à la commission Charbonneau, au printemps 2013, l'ex-président au développement des affaires chez Roche, Gilles Cloutier, a expliqué comment il avait organisé une soixantaine d'élections clé en main alors qu'il était à l'emploi de la firme de génie, entre 1995 et 2005. Il devait toujours obtenir l'autorisation de Marc-Yvan Côté avant d'aller de l'avant pour la mise en place de ces élections clé en main.
Lors de son témoignage, il avait expliqué dans les moindres détails comment il parvenait à faire élire ces maires. Dans sa stratégie, le recours à l'argent comptant était vital, afin de contourner les règles mises en place par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ).
Avec l'argent comptant, il pouvait notamment rémunérer des «bénévoles» ou payer en liquide une partie de la facture en dépenses d'imprimerie.
Banni à vie
M. Côté a été élu pour la première fois comme député libéral au provincial dans la circonscription de Matane en 1973. Il a notamment occupé les postes de ministre des Transports et de ministre délégué à la Réforme électorale dans le gouvernement de Robert Bourassa, entre 1985 et 1994.
M. Côté avait aussi témoigné à la commission Gomery, en 2005, alors qu'il avait reconnu avoir reçu 120 000 $ en argent afin de financer illégalement les élections dans 21 circonscriptions de l'Est-du-Québec pour le Parti libéral du Canada (PLC), en vue du scrutin de 1997. À la suite de cette comparution, M. Côté avait été banni à vie du PLC.


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