Érosion du pouvoir de l'État

«Notre Home» le glissement de l'État vers l'animation culturelle

Décodage

Gouvernance souverainiste ou gouvernance libérale ?

«Notre Home», si elle avait été commanditée par Jean Charest, cette chanson aurait-elle pu faire l'indépendance ? En tout cas, ça n'aurait pas passé dans le temps des carrés rouges. Maintenant que le PQ est au pouvoir, il poursuit dans la même veine que son prédécesseur. À la différence que, fort d'un préjugé en sa faveur chez les francophones, le PQ peut oser et surprendre. Mais pas nécessairement dans le sens que l'on aurait souhaité.
L'élite souverainiste a très bien intériorisé la culpabilité que le Canada instille en continu aux Québécois : L'affirmation de l'identité nationale est un tort fait aux autres, c'est une affirmation intrinsèquement suspecte de racisme, de manque d'ouverture aux autres et sur le monde.
Monsieur Lisée connaît très bien cette mécanique, intellectuellement parlant en tout cas...
Alors que des gestes de stature étatique seraient aujourd'hui indispensables pour encourager les nôtres, alors que de réitérer fortement que le français est (quantitativement et qualitativement) la langue nationale, Jean-François Lisée, «Notre Homme», accouche de l'initiative la plus douteuse, ambiguë, aveugle et sourde au contexte actuel. Ce faux pas s'inscrit dans le vaste courant de la facilité qui nous rend plus vulnérables à l'assimilation. Il renforce cette tendance peu honorable et peu valorisante à nous fondre dans l'anglosphère alors que notre destin tracé par douze générations nous rappelle notre devoir de résistance et d'affirmation, au bout desquels s’obtient la liberté politique, une liberté politique restée à ce jour inconnue pour la nation québécoise.
Résistance oui. Non pas contre les autres, non pas contre les Anglais ou contre les immigrants anglicisés, mais résistance positive par notre poids démographique, notre enracinement et notre immense pouvoir d'attraction sur tous ceux qui nous entourent et qui pourraient voir en nous une nation sûre d'elle-même, une nation capable de leur dévoiler des secrets en long et en large sur leur terre d'adoption. Une nation riche d'une épopée historique incomparable et mûre pour se tailler sa place dans le monde, dans la continuité singulière qui est la sienne; une nation digne de fierté et de reconnaissance. La priorité ne serait donc pas à nous confondre en bons sentiments devant la portion québécoise de la majorité anglaise du Canada, mais à fortifier dans la sérénité pleinement assumée notre pouvoir d’attraction et d’intégration.
L’ordre des priorités que suppose le financement par l’État de «Notre Home» est inversé. Il dévalorise le français, sa stature, sa place. C’est une petite gifle à ceux qui dans le domaine culturel se fendent pour produire des oeuvres de haut niveau en français de qualité (Michel Rivard, Pierre Lapointe et combien d'autres...) pour le marché québécois et éventuellement international. C'est un encouragement pour les artistes à passer au marché continental américain et plus généralement à l'anglosphère. C'est un message adressé à tous, particulièrement aux jeunes à qui le produit est d’abord destiné, que la langue, la culture et l'identité québécoises ne forment pas en tant que telles un noyau fondamental viable et désirable autour duquel tous peuvent se rassembler. C'est par conséquent un message à saveur multiculturaliste. C’est également un message à saveur mondialiste qui, sous couvert de s’adresser à la seule jeunesse anglophone du Québec, cède en fait à l’anglophonie culturelle à marche forcée qui désagrège par son argent et sa puissance médiatique discrètement imposée le tissu national de nombreux pays. Provenant de l’État du Québec, c'est un message qui désole par son manque d'envergure et de vision.
Vous l'aurez compris, cette initiative était de celles à ne pas commencer. Peu reluisante pour le gouvernement du Parti québécois, elle entache aussi l'État québécois, car elle le ravale à du sous-niveau de racolage et de populisme. Chez le PQ, elle témoigne d'un manque de volonté de réaliser le potentiel rassembleur de la nation québécoise. Le geste renseigne finalement et plus fondamentalement sur l’érosion du pouvoir de l’État qui se contente de plus en plus de jouer le rôle d’un groupe de pression parmi d’autres, délaissant ses responsabilités propres de structurer les rapports nationaux et les rapports sociaux. Sous l’effet du mondialisme, l’État renonce à aborder et à s'attaquer aux grands enjeux, renonce à les soumettre à des législations structurantes. Ce pan de souveraineté déjà résiduel au Québec se déplace au profit de structures supra étatiques non élues. En compensation, l'État s'est trouvé une nouvelle mission dans le «sociétal» et le «bla bla», à défaut d’agir avec envergure sur les plans social et national. Les ministres, en passe de devenir des animateurs bien entretenus, administrent et aménagent à peu de choses près ce qu'on appelle le statu quo au profit de forces qui visiblement les dépassent. Pas étonnant que si peu de vraies différences distinguent la gouvernance souverainiste de la gouvernance libérale.

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Gilles Verrier136 articles

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Entrepreneur à la retraite, intellectuel à force de curiosité et autodidacte. Je tiens de mon père un intérêt précoce pour les affaires publiques. Partenaire de Vigile avec Bernard Frappier pour initier à contre-courant la relance d'un souverainisme ambitieux, peu après le référendum de 1995. On peut communiquer avec moi et commenter mon blogue : http://gilles-verrier.blogspot.ca





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15 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    21 janvier 2013

    M. Gilles Jean :
    «Je sens, dans toute cette polémique, un peu de xénophobie !»
    Je reprends :
    «L’élite souverainiste a très bien intériorisée la culpabilité que le Canada instille en continu aux Québécois : L’affirmation de l’identité nationale est un tort fait aux autres, c’est une affirmation intrinsèquement suspecte de racisme, de manque d’ouverture aux autres et sur le monde.»
    Je rajoute «xénophobie» à la liste, et pourquoi pas tribalisme tant qu'à y être !
    Vous avez parfaitement le droit de ne pas être d'accord avec moi, mais faites-le avec les bons arguments. Nulle part il est question de critiquer M. Lisée parce qu'il se dévoue activement auprès de ses électeurs, ne mélangez pas tout. Ce qui est mis en cause c'est l'utilisation des fonds de l'État pour une initiative criticable sur de nombreux plans.
    GV

  • Archives de Vigile Répondre

    20 janvier 2013

    J'ai écrit:"Lisée a comme mandat d’établir des contacts avec la communauté anglophone. Et je trouve que, jusqu’à date, il se débrouille fort bien dans cet ÉNORME défi !".
    Lisée fait des efforts énormes pour se rapprocher de la communauté anglophone. Je lui lève mon chapeau! Municipalités anglophones, commissions scolaires anglophones, cégeps et universités anglophones: il est partout!
    Qu'un député-ministre indépendantiste ait le culot de se présenter dans ces milieux relève de l'exploit!
    Mais ça, sur ce forum, ça ne semble pas soulever d'intérêt!
    Dommage!
    De plus, rarement a-t-on vu un ministre de la Métropole aussi présent et aussi actif!

  • Alain Maronani Répondre

    20 janvier 2013

    A tous ceux qui en dehors du PQ cherchent une solution miracle....
    Ca prend une vingtaine d'années pour construire un parti politique et l'amener au pouvoir. Ceux qui louchent du côté du FN, en France, les identitaires et les autres, devraient se rappeler que le FN a été mis au monde, j'aurais préféré un avortement en ce qui me concerne, en 1972...40 années avant d'atteindre 12 % de l'électorat...
    Comme le dit si justement Pierre Cloutier si les gens ne sont pas avec nous, rien n'est possible, quelque soit le mode de représentation ou le parti...
    Je lis les critiques, QS versus PQ versus PLQ versus ADQ versus etc,etc...est-ce que cette diversification de l'offre politique, qui est un fait nouveau et incontournable, pour le moment au Québec, ne correspond pas à;
    Une crise économique et sociétale sous-jacente pour lesquelles le mouvement souverainiste n'apporte aucune réponse crédible (ce n'est plus suffiisant de dire c'est la faute d'Ottawa, quel est concretement votre projet...). Faire comme les autres, ce a quoi nous assistons actuellement, pourquoi avoir la copie si nous pouvons avoir l'original ?
    Un épuisement collectif, encouragé par une médiatisation intense, pour ou contre, des débâts qui traversent le Québec moderne depuis une cinquantaine d'années.
    L'influence de la démographie, le Québec vieillit..., désolé pour ceux qui pensent le contraire, consultez les statistiques.
    Un mode de vie encore confortable, pour le moment, d'une large partie de la population, les pauvres et les démunis restant largement sous le radar, sauf lors d'opérations médiatisées de charité publique (La Guignolée de Radio-Canada, etc...). Pourquoi changer et pour qui ?
    On peut ajouter c'est la faute a Pauline, au PQ, a Lisée, a Ottawa, a la mondialisation, ce que l'on veut, reste le fait, têtu, que le nombre n'est pas là...il est vrai que ne pas en parler...

  • Archives de Vigile Répondre

    20 janvier 2013

    L'Union Nationale à été remplacé par le Parti Québécois,
    il peut et il doit maintenant être remplacé par un parti véritablement indépendantiste.Il a donné ce qu'il avait
    à donner.Il n'y a rien à en attendre de plus.
    Tant que l'indépendance n'est pas faite,elle reste à
    faire,disait Gaston Miron. Et ce n'est certainement pas
    avec ce parti de chiffes molles qu'on y arrivera.

  • Archives de Vigile Répondre

    20 janvier 2013

    Je ne partage pas votre point de vue, Monsieur Verrier.
    Je sens, dans toute cette polémique, un peu de xénophobie!
    Pour ma part, je ne vois rien pour fouetter un chat dans cette histoire.
    Au lieu que la chanson, qui s'adresse aux Anglophones, soit à 100% en anglais, il y en aura une partie en français.
    Cette chanson s'adresse aux ANGLOPHONES!
    Lisée a comme mandat d'établir des contacts avec la communauté anglophone. Et je trouve que, jusqu'à date, il se débrouille fort bien dans cet ÉNORME défi!

  • Archives de Vigile Répondre

    20 janvier 2013

    C'est efficacement bien écrit.C'est pitoyable la façon
    dont nos élites nous gouvernent.J'espère que les péquistes
    vont remettre à l'ordre M.Lisée

  • Francis Déry Répondre

    19 janvier 2013

    Vous aurez peut-être remarqué que Mamon, le Dieu de la consommation et de l’argent, a gagné toujours plus d’adeptes à mesure que les valeurs traditionnelles bien enracinées chez les Québécois étaient discréditées et rejetées en bloc. Ces valeurs n’avaient pas que du bon mais elles faisaient une place à autre chose que la consommation et l’argent. Faire table rase du passé, frein à la consommation, est promu depuis près de 50 ans comme un progressisme insurpassable.

    Vous touchez un point que je ramène récurremment sur Vigile.
    Croire les dogmes ou pas est secondaire. L'Église Catholique au Québec était d'abord une institution dominée par les Canadiens-Français qui maintenait les réseaux sociaux de Santé, d'Éducation, de Solidarité Sociale. Elle assurait une cohérence collective et un esprit de corps qui nous rendait tissés serrés. Pour accomplir l'assimilation du peuple, il faut faire éclater cet esprit de corps. Ce qui fut particulièrement fait lors du concile de Vatican II dont une des retombées fut notre Révolution Tranquille. C'était le début des individuations non-bornées. Le règne du "Fais ce que tu veux !" thélémique. Nous pouvions être choqués par le plan du Lord Durham. Pourtant nul ne se choque des paroles des Beatles dans la chanson Imagine:
    Imagine there's no heaven
    It's easy if you try
    No hell below us
    Above us only sky
    Imagine all the people living for today
    Imagine there's no countries
    It isn't hard to do
    Nothing to kill or die for
    And no religion too
    Imagine all the people living life in peace

    You, you may say
    I'm a dreamer, but I'm not the only one
    I hope some day you'll join us
    And the world will be as one
    Imagine no possessions
    I wonder if you can
    No need for greed or hunger
    A brotherhood of man
    Imagine all the people sharing all the world

    You, you may say
    I'm a dreamer, but I'm not the only one
    I hope some day you'll join us
    And the world will live as one


    En gros, c'est la destruction des cultures et la dépossession au nom d'une utopie. Cela ressemble aux idées du Communisme.
    Un rapport avec Lord Durham ? En fait, le plan fut lancé par un gang d'illuminés en mai de l'an 1776. Ce qui précède Durham. Paul McCartney fut annobli par la reine Élizabeth ii. Et une bande d'illuminés à Québec a pensé l'inviter pour le 400e anniversaire en 2008, ce qui nous a coûté une beurrée. En fait, Notre "Home", c'est rien à côté de Paul McCartney.
    Si nous avons perdu la foi qui nous tenait tricotés serrés, ce n'est pas le cas des Musulmans pratiquants. Je les voyais prier en groupe dans les cages d'escalier de l'Université de Montréal. Ils vivent le Ramadan sérieusement et sans complexe. Vraiment il y a quelque chose à envier à cet esprit de groupe. Si l'islamophobie peut être si fort en Europe, c'est justement parce qu'ils ont un esprit de corps perdu par les Occidentaux. Et ceux-ci les craignent.
    Ces craintes sont attisés par les réseaux sionistes qui voit un lobby plus puissant se dresser contre eux, alors qu'ils ont déjà beaucoup travaillés pour casser l'identité chrétienne de nos sociétés.
    J'écris ces lignes sans haine pour les Musulmans. Ils nous rappellent à nos devoirs. Si notre identité est mis en péril par leur force, c'est que nous nous sommes affaiblis au nom de la Liberté. Comme un ado qui devient obèse parce qu'il choisit librement de mal se nourrir.

  • Archives de Vigile Répondre

    19 janvier 2013

    Monsieur Verrier,
    Je vous remercie pour votre analyse qui est d'une clarté éblouissante, nous permettant ainsi de bien reconnaître le Lisée que vous décrivez ici. Ce patineur de fantaisie nous a aussi enfirouaper royalement, de la même façon et avec les mêmes mots que Pierre Marc Johnson à propos d'un aspect crucial de l'accord secret de libre-échange avec l'Union européenne. En effet, Johnson et Lisée chantent le même refrain: « Les entreprises européennes ne pourront pas venir exploiter les sources d'eau potable du Québec. De la même façon, aucune municipalité ne sera forcée de privatiser son réseau de distribution d'eau potable.»
    De plus, Johnson et Lisée insistent en ajoutant que l'accès des entreprises européennes aux lucratifs contrats de distribution d'eau potable réduirait les risques de collusion et de corruption. Dire une grossièreté aussi pernicieuse, c'est simplement nous prendre pour des imbéciles. (Néanmoins, permettez-moi de saluer Amir Khadir qui a rejeté ce raisonnement enfantin et fallacieux.)
    http://www.985fm.ca/national/nouvelles/pacte-de-libre-echange-avec-l-europe-le-pq-passe-177469.html
    Privatiser la distribution de l'eau potable, c'est privatiser le contrôle de l'eau potable. Donc, privatiser le contrôle de l'eau potable, c'est privatiser l'eau potable et les coûts supplémentaires s'y rattachant. À ce sujet, je n'ai pas les connaissances de monsieur Richard Le Hir ou celles de monsieur Pierre Cloutier, mais il me semble que c'est clair comme de l'eau... potable. Au secours !
    Vive le Québec libre !

  • Archives de Vigile Répondre

    19 janvier 2013

    Monsieur Verrier,
    Il est vrai que l'abrutissement des populations est un phénomène mondial. Mais il faut admettre que c'est particulièrement réussi au Québec malheureusement.
    À ce sujet, je cite l'homme politique et écrivain français Yvan Blot:

    "L’argent est la cause formelle du système, c’est-à-dire ce qui fixe la norme et motive les actes. Il ne s’agit pas de condamner l’usage de l’argent mais de condamner l’argent comme idole. L’argent ne domine jamais tant que lorsqu’on ignore sa domination : c’est le processus d’oubli de l’être longuement analysé par Heidegger. La domination de l’argent est assurée par l’idéologie de la non discrimination. Celle-ci se montre de façon flatteuse comme voulant assurer l’égalité des hommes mais en réalité, il s’agit de supprimer toute discrimination sauf celle par l’argent afin que l’argent devienne le seul critère sur lequel on juge les hommes. Une société où seule la discrimination par l’argent existe est en réalité monstrueuse, contraire à toutes nos traditions historiques chrétiennes ou nationales. C’est un moyen de détruire l’identité nationale au profit d’un monde matérialiste sans aucune frontière."
    http://www.polemia.com/article.php?id=4815

  • Archives de Vigile Répondre

    19 janvier 2013

    @ C Archambault
    «Lord Durham s’en frotte les mains ! Vivement l’assimilation au plus sacrant, qu’on en finissent une fois pour toutes.»
    M. Archambault, nous ne sommes pas le seul petit peuple à souffrir du manque de reconnaissance et qui est poussé vers sa disparition. Cela ne rend pas moins dramatique les indices de notre déchéance délibérément planifiée depuis au moins le dépôt du rapport de Lord Durham, comme vous le dites si bien. Les nôtres avaient commis la faute à l'époque (1834 +) de demander une assemblée représentative qui devait éventuellement conduire à la république. Or, 175 ans plus tard la face de la reine est toujours dans mon quotidien, sur chaque billet de banque que j'allonge, sur chaque timbre poste et j'en passe. J'avoue que c'est digne d'aliénation.
    Nous habitons de force un pays qui est historiquement insensible à notre existence et qui pratique envers nous l'art du mépris à petite dose. Naturellement, si on veut s'en libérer tout devient compliqué. La raison est simple, le Canada ne veut pas nous donner de bonne grâce la liberté politique malgré la fracture nationale évidente qui sépare les deux peuples qui occupent ce territoire. Il ne l'a jamais voulu. Pourquoi ? Question de principe ! Humour anglais ? Va savoir ?
    Convenons que les circonstances immédiates ne nous sont pas favorables, il faut l'admettre. Mais cela n'est pas nouveau. Convenons aussi qu'il y a beaucoup de volatilité dans l'air, et... qui sait ?
    Entre temps, signes encourageants, on peut voir que certaines nations se prennent en mains, vivent des sursauts inattendus, retrouvent la fierté. Je pense au Vénézuéla et à plusieurs pays d'Amérique du Sud. Je pense à l'Iran, jadis un vassal des États-Unis qui y avaient fomenté un coup d'État mais qui depuis a pris le large; un pays millénaire, lettré, cultivé, raffiné qui lutte pour avoir le droit d'être lui-même sans être calomnié et qui défend ses intérêts sans pour autant manifester d'agressivité envers ses voisins proches ou éloignés. Je pense à la Russie, autre pays qui se retrouve et renoue non sans fierté avec son héritage, notamment avec sa tradition religieuse, et qui donne par la voie de son action diplomatique un bel exemple au monde de son attachement au droit international, un attachement qui du reste m'apparaît assez impeccable.
    Bref, je vous dirais qu'il ne faut pas désespérer car le monde change plus que jamais et si, aujourd'hui, à juste titre tout nous apparaît perdu, demain pourrait nous réserver des occasions d'être plus optimistes. Il faut se rappeler que le destin d'une nation se joue dans la durée et que nous aurions tort de confondre le destin de la nôtre, déjà séculaire, avec notre propre et courte vie.

  • Christian Archambault Répondre

    19 janvier 2013

    Lord Durham s'en frotte les mains! Vivement l'assimilation au plus sacrant, qu'on en finissent une fois pour toutes.

  • Archives de Vigile Répondre

    19 janvier 2013

    @ didier
    «C’est en autant qu’il ait son "char", son hockey, ses humoristes et assez d’argent pour se payer tout ça, il est heureux ; il se fout de la protection de sa langue et de sa culture.»
    Vous aurez peut-être remarqué que Mamon, le Dieu de la consommation et de l’argent, a gagné toujours plus d’adeptes à mesure que les valeurs traditionnelles bien enracinées chez les Québécois étaient discréditées et rejetées en bloc. Ces valeurs n’avaient pas que du bon mais elles faisaient une place à autre chose que la consommation et l’argent. Faire table rase du passé, frein à la consommation, est promu depuis près de 50 ans comme un progressisme insurpassable. Par contre, vous conviendrez que le problème de la dégradation de toutes les valeurs au seul profit de celles qui coïncident avec les intérêts du «marché» ne concerne pas que le Québec.
    GV

  • Daniel Roy Répondre

    19 janvier 2013

    Voici un extrait d'un article sur le sujet:
    CHRONIQUES DE PIERRE-LUC BÉGIN
    De Justin Trudeau à Elvis Lisée
    Vendredi, 18 janvier 2013 | Écrit par Pierre-Luc Bégin
    « Il y a quelques années, quand Justin Trudeau avait publié sa vidéo ridicule de promotion du « bilingue » simultané, tout le monde s’était bien moqué. C’était une belle illustration de l’absurdité du biculturalisme à la canadian. Ce dont on ne pouvait pas se douter à l’époque, c’est que le PQ pouvait se faire le promoteur d’un tel discours identitaire, qui plus est en finançant un organisme qui combat la loi 101. Au secours. » Pour la suite: http://www.lequebecois.org/chroniques-de-pierre-luc-begin/de-justin-trudeau-a-elvis-lisee
    Je viens d'envoyer un courriel à Madame Marois pour lui demander ceci: De grâce, veuillez, Madame Marois, Première ministre, encadrer vos ministres et députés en filtrant leurs actions à travers le prisme de notre survivance et notre libération.
    Daniel Roy, CPA,CA

  • Archives de Vigile Répondre

    19 janvier 2013

    Depuis la diffusion de ce vidéo et l'appui de JFL, de se faire le porte parole d'un soit disant rapprochement entre les deux solitudes, laissez moi vous dire que l'émotion qui m'habite est la tristesse. Je suis découragée, humiliée à la limite.
    J'aurais aimée avoir votre plume pour exprimer si bien ce qui en est. Vous dites exactement ce que je pense.
    Le parti Québécois déçoit et pour le moment nous sommes couincé.
    Que de courbettes pour assumer ce que nous sommes, c'est humiliant surtout venant d'un JFL.

  • Archives de Vigile Répondre

    19 janvier 2013

    Connaissez-vous un peuple plus superficiel que les Québécois de souche sur la planète?
    Cela explique pourquoi on les gouverne de cette façon que ce soit le PQ ou le PLQ.
    Le Québécois n'est pas si attaché que ça à sa langue et sa culture.
    C'est en autant qu'il ait son "char", son hockey, ses humoristes et assez d'argent pour se payer tout ça, il est heureux; il se fout de la protection de sa langue et de sa culture.
    Les Michel Rivard, Pierre Lapointe, Richard Séguin et autres sont des exceptions plutôt que la règle.
    Et chez les jeunes Québécois de souche, on ne s'occupe plus d'eux. On salive pour tout ce qui est musique en anglais, de la pure laine Pascale Picard à Lady Gaga....