Normand Lester lance un défi à Claude Morin

L'affaire Morin. Légendes, sottises et calomnies


Vertement pris à partie par Claude Morin dans son dernier livre, le journaliste Normand Lester a mis l'ex-ministre au défi, hier, de rendre publiques les notes qu'il a prises au sujet de chacune de ses rencontres avec des agents de la GRC.
M. Lester dit comprendre que «Claude Morin, qui arrive à la fin de sa vie, veuille donner sa version des faits. Mais il en met un peu trop».
Dans L'Affaire Morin: légendes, sottises et calomnies, Claude Morin réplique à M. Lester, qui l'avait accusé, dans un ouvrage sur les services du renseignement canadien, d'avoir livré des informations stratégiques à la GRC alors qu'il était haut fonctionnaire, puis ministre du gouvernement de René Lévesque.
M. Morin admet avoir eu plusieurs rencontres avec les services secrets canadiens, mais nie leur avoir divulgué quoi que ce soit d'intéressant; il affirme au contraire leur avoir soutiré des informations sur les intentions du fédéral, à l'époque. Et dans son dernier ouvrage, l'ex-ministre remet en question, sans ménagement, la rigueur de M. Lester.
Lors d'un entretien téléphonique, hier, ce dernier a dit douter que l'on puisse berner si facilement la GRC, «des professionnels de l'information et de l'espionnage». S'il admet ne pas connaître tous les détails de l'affaire, M. Lester n'en met pas moins le «père de l'étapisme» au défi de révéler les notes qu'il prenait après ses rendez-vous avec la GRC.
M. Morin - qui n'en est pas à sa première prise de bec avec Normand Lester - avait admis en 2001, dans une longue réplique au livre Enquête sur les services secrets et à un documentaire développant une thèse apparentée, avoir consigné par écrit l'essentiel de ce qu'il disait aux agents fédéraux, afin de ne pas se contredire, d'une fois à l'autre. Il affirmait alors n'avoir aucune intention de les publier, de crainte que leurs citations hors contexte ne nuisent à certaines personnes, mais que René Lévesque avait pu les consulter.
L'échange épistolaire de 2001 entre MM. Morin et Lester peut être consulté sur le site indépendantiste www.vigile.net. M. Lester, qui réclamait déjà, à ce moment, que ces notes soient dévoilées, est revenu à la charge, hier.
«Si, à la lecture de ces documents, je me rends compte qu'il n'a rien à se reprocher, alors je l'admettrai. (...) Je ne sais pas pourquoi Claude Morin a fait ça (collaborer avec la police fédérale). Je ne sais pas ce qu'il leur a donné (comme information). On le saura quand les archives le concernant seront ouvertes, 20 ans après sa mort», dit-il.


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