Martine au pays des autruches

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Martine Ouellet semble bien isolée

On ne sait plus par quel bout prendre le psychodrame absurde qui se prolonge indûment au Bloc québécois. Depuis la démission de sept députés sur dix, la chef Martine Ouellet s’enferme dans un déni spectaculaire et nocif pour son parti.


À chacune de ses apparitions, tout en s’accrochant, Mme Ouellet en profite pour laver le linge sale du Bloc en public. Au cours des derniers jours, elle lançait que la démission du Groupe des sept était une tentative ratée de putsch. Là-dessus, elle a néanmoins raison. J’avançais cette même hypothèse au début du mois.


Le problème est que Mme Ouellet ne comprend pas l’essentiel. Si tentative de putsch il y a eu, c’est parce que son propre leadership est devenu un boulet pour un parti qui, depuis la vague orange de 2011, agonisait déjà longuement.


Bien au-delà de la personnalité de Mme Ouellet, son « transparlementarisme » surréaliste entre l’Assemblée nationale et la Chambre des communes n’a fait que multiplier ses absences à Ottawa.


Son entêtement à se tromper de parlement et de parti politique est tout aussi ahurissant.


Zizanie


En effet, Mme Ouellet, pourtant une ex-candidate à la chefferie du Parti québécois, ne semble pas voir que l’indépendance, si elle se fait un jour, ne se fera certainement pas à Ottawa. Sur sa page Facebook, la chef bloquiste a beau écrire le mot « indépendance » avec un « i » majuscule, rien n’y changera.


Le référendum qu’elle annonçait hier sur la « mission » du Bloc, doublé d’un vote de confiance sur son leadership, ne fera qu’étirer encore plus la sauce de ce très mauvais téléroman. Le tout, soit dit en passant, à quelques mois d’une élection cruciale pour le PQ, son parti « frère ».


En opposant la promotion de l’indépendance à la « défense des intérêts du Québec » au lieu d’y voir une seule mission cohérente, le premier volet de ce Martinerendum prouve à lui seul à quel point la zizanie actuelle porte la signature de Mme Ouellet.


Valse du déni


Dans cette valse du déni, même la chute des appuis au Bloc échappe à son attention.


Et voilà qu’elle s’en prend aux médias. Par le biais de l’avocat Guy Bertrand, une mise en demeure fut envoyée à l’émission La Joute, diffusée sur LCN. Les critiques formulées par les panélistes à son endroit auraient blessé Mme Ouellet.


La menace de s’en prendre à d’autres médias planerait même aussi. En cela, quelques principes de base, dont la liberté d’expression et de la presse, semblent compter pour bien peu dans cette saga qui s’éternise beaucoup trop.


Inquiet avec raison des effets délétères de cette crise sur un parti affaibli, Mario Beaulieu, président du Bloc et son fidèle allié, aurait demandé à sa chef de partir. Si cela s’avérait, le désaveu serait cinglant.


Sauf, bien sûr, au pays mythique des autruches. Là où, pour ne rien voir, Mme Ouellet peut aisément continuer à se cacher la tête dans le sable.