Loi 21 : l’illégalité est payante politiquement

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Pour les ennemis du Québec


Dimanche dernier, Patrick Brown s’est lancé dans la course à la chefferie du Parti conservateur. Depuis que sa Ville a versé 100 000$ à trois groupes contre la loi 21, le maire de Brampton connaît une véritable résurrection politique. Il y a quelques mois à peine, il était empêtré dans divers scandales, notamment son interférence dans le renvoi d’une employée, alors que l’affaire faisait l'objet d'une enquête policière.


Pour faire une diversion, Brown a eu l’idée d’aider la contestation judiciaire contre la Loi sur la laïcité de l'État. Cette décision lui a permis de dire que celle-ci est «odieuse» et «raciste». Il l’a même comparée à l’internement des Canado-Japonais en 1939-1945, ainsi qu’aux pensionnats autochtones. Rien de moins! La manœuvre a tellement bien fonctionné que voici que l’intéressé est candidat à la succession d’Erin O'Toole.


Ceci nous amène à John Tory. L’automne dernier, le maire de Toronto s’est lui aussi retrouvé au centre d’un scandale. Parallèlement à son travail à la mairie, la compagnie Rogers lui versait annuellement 100 000$ comme conseiller. M. Tory n’avait jamais rendu publique cette situation. Dans l’eau chaude, il a utilisé la recette de son collègue. «Je suis avec le maire Brown et le conseil de ville de Brampton», a-t-il déclaré en décembre dernier, en annonçant que sa Ville allait elle aussi verser 100 000$ aux opposants à la loi 21. Il encourageait du même souffle d’autres municipalités à se joindre à «cette bataille pour défendre la Charte canadienne des droits et libertés».


Il n’a pas jugé bon, évidemment, de rappeler que cette charte nous a été imposée et qu’elle est illégitime chez nous. L’idée était de détourner l’attention en se drapant dans la vertu. Comme pour Brown, la manœuvre a réussi avec brio. L’intéressé est maintenant en bonne position pour gagner la prochaine élection.


Il importe par ailleurs de parler des trois organismes ayant reçu cette aide municipale. Le premier est le Conseil national des musulmans canadiens, qui militait jadis pour l’implantation de la loi coranique en Ontario en matière de droit familial.


Le deuxième est la World Sikh Organization. Au nom de la charte et du multiculturalisme, il a victorieusement combattu en cour pour le droit des élèves sikhs de porter un poignard dans les écoles québécoises, au détriment de la sécurité de nos enfants.


Le troisième est l’Association canadienne des libertés civiles, qui a obtenu d’un juge fédéral la suspension de l’ancienne loi 62 du gouvernement Couillard. Celle-ci exigeait que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert.


À ce jour, ces trois groupes se partagent une cagnotte de près de 400 000$, gracieuseté de plusieurs villes qui ont suivi Brampton et Toronto. Le hic – et il est de taille – est que tout cela est illégal. La jurisprudence est claire, notamment en vertu d’une décision de la Cour suprême datant de 1994. La Ville de Vancouver boycottait alors la pétrolière Shell parce qu’elle faisait affaire avec l’Afrique du Sud à l’époque du régime raciste de l’apartheid. Le plus haut tribunal a alors statué que l’affaire ne relevait pas de l’intérêt local. La Ville de la côte ouest a été déboutée.


Depuis le début du débat sur la loi 21, nous assistons à une campagne de diffamation contre la minorité nationale québécoise, dont le seul crime est de penser différemment des Canadiens anglais. Tout cela de la part d’une majorité anglophone qui se dit ouverte à l'égard des minorités!


Or, dans ce dossier, nous avons un levier. Une poignée de patriotes et moi-même avons fondé l’organisation Justice pour le Québec. Nous aidons Louis Labrecque, l'un de nos sympathisants de Toronto, qui a entamé un recours judiciaire contre sa Ville la semaine dernière.


On peut être pour ou contre la laïcité, mais ce n’est pas aux Canadiens anglais de nous dire quoi faire. La liberté du peuple québécois de faire ses choix est ici en cause, et c’est ce que nous défendons.










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Frédéric Bastien121 articles

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Titulaire d'un doctorat en relations internationales de l'Institut universitaire des hautes études internationales de Genève, Frédéric Bastien se spécialise dans l'histoire et la politique internationale. Chargé de cours au département d'histoire de l'Université du Québec à Montréal, il est l'auteur de Relations particulières, la France face au Québec après de Gaulle et collabore avec plusieurs médias tels que l'Agence France Presse, L'actualité, Le Devoir et La Presse à titre de journaliste. Depuis 2004, il poursuit aussi des recherches sur le développement des relations internationales de la Ville de Montréal en plus d'être chercheur affilié à la Chaire Hector-Fabre en histoire du Québec.





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