Les Ontariens aussi écopent

Les factures d’électricité de nos voisins ont bondi depuis le déploiement des compteurs intelligents

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Compteurs intelligents ou pièges à cons ?

Les Québécois ne doivent pas s’étonner de voir leurs factures d’électricité grimper en raison du déploiement des compteurs intelligents, prévient la vérificatrice générale de l’Ontario.
«Dès qu'on touche aux technologies de l’information, il faut s'attendre à plus de complexités et à plus de coûts. Et les compteurs intelligents, c'est de la technologie de l’information», explique Bonnie Lysyk.
La vérificatrice n’est donc pas surprise qu’à mesure que la technologie est déployée chez nous, des Québécois se plaignent de payer l’électricité plus cher.
Des milliards en trop
Chez nos voisins, «cette initiative devait rendre l’électricité moins chère pour les gens. Mais personne n’en fait l’expérience», indique-t-elle au Journal.
Mme Lysyk a vivement critiqué le déploiement des compteurs intelligents en Ontario dans son rapport annuel 2014 rendu public le 9 décembre.
Elle y révèle que les Ontariens paient des milliards de dollars de trop pour l'électricité, en raison notamment d'une analyse erronée des compteurs intelligents.
L’achat, l’installation, mais aussi la mise à jour continuelle des engins coûtent beaucoup plus cher que prévu et la facture est refilée en douce aux abonnés via l’ajustement global des tarifs.
Compteurs mal installés
Mais ce n’est pas tout. En Ontario, un nombre considérable de compteurs sont tout simplement mal installés.
De fait, «on ne peut pas garantir la qualité et l’intégralité des données transmises», «d’où le risque que des données de facturation inexactes soient produites», écrit la vérificatrice dans son rapport. Des abonnés ont par exemple reçu des factures erronées en raison d’un compteur défaillant ou de problèmes de communication des compteurs. D’autres ont été facturés à tort parce que les installateurs avaient relié des compteurs aux mauvaises adresses.
Risque d’incendie
En plus de fausser les factures, les compteurs mal installés ou défectueux sont aussi mis en cause dans des incendies, indique la vérificatrice.
Entre mai 2011 et mars 2013, 14 incendies en Ontario ont été causés par huit compteurs ou leur socle, selon le Bureau du commissaire des incendies ontarien.
Des incidents similaires ont été rapportés au Québec, mais Hydro Québec estime que ces appareils ne sont pas en cause.
Manque de collaboration, dit le vérificateur

L’expérience ontarienne montre à quel point le déploiement des compteurs de nouvelle génération doit être surveillé de près par une autorité indépendante, selon la vérificatrice générale de l’Ontario, Bonnie Lysyk.
Mais, contrairement à son homologue ontarienne, le vérificateur général du Québec, Michel Samson, peine à scruter les livres d’Hydro Québec.
Dans son rapport annuel déposé en juin 2014 à l’Assemblée nationale, M.Samson reproche à la société d’État son refus de fournir certains documents de gestion interne.
Assujettie à la Loi sur le vérificateur général du Québec depuis juin 2013, Hydro-Québec juge qu’elle n’est pas tenue de fournir des documents antérieurs à la loi, comme c’est le cas du dossier des compteurs intelligents.
Elle se défend toutefois de faire obstruction au travail du vérificateur. «Hydro-Québec collabore pleinement aux travaux du vérificateur», insiste son porte-parole, Serge Abergel.
Économies à venir
Quant aux compteurs intelligents, M.Abergel assure qu’ils permettront, à terme, de réduire la facture des clients.
«Les économies récurrentes estimées en lien avec le projet (81 M$ annuellement, dès la fin du déploiement) pourraient se faire sentir dans le budget du Distributeur, donc se refléter dans les tarifs d'électricité sous la forme d'une pression à la baisse», explique-t-il.
Le porte-parole assure que tout est fait pour que les ratés de l’Ontario ne se reproduisent pas chez nous. «Un processus rigoureux est en place», souligne-t-il.
M.Abergel explique qu’Hydro-Québec teste «un échantillon représentatif de compteurs», puis vérifie la qualité de leur installation et des données qu’ils transmettent pour faire la chasse aux potentielles erreurs.


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