Le très démocratique Charest frappe encore!

si ce crucifix est bel et bien un symbole historique, il n'est pas celui de notre identitié nationale (surtout pas actuelle), mais celui de la période duplessiste!

Chronique de Thérèse-Isabelle Saulnier

Non mais, vous avez vu ça? - Et vous avez constaté le peu de réactions face
à ce geste tout à fait anti-démocratique de notre premier ministre Jean
Charest, alors qu'il eut fallu un tollé aussi grandiose que celui qui fut à
l'origine de la Commission B-T? - Faire voter par l'Assemblée nationale, et
ce, à l'unanimité de surcroit (25 absents, on ne sait pourquoi ils le
furent et qui ils sont), une motion affirmant que le crucifix y trônant
était là pour y rester ad vitam aeternam!
Non mais! Comme dirait notre Lysiane nationale, quelle "mouche vicieuse" a
encore piqué le Premier ministre de cette belle Province de Québec? Faire
voter cela, en plus, le jour même du dépôt du rapport de la Commission
Bouchard-Taylor, lequel recommande, au contraire, le déplacement de ce
crucifix à l'Hôtel du Parlement plutôt que de le maintenir à la chambre des
délibérations (salon bleu).
Cette décision tout à fait intempestive mérite une analyse minimale,
mesdames et messieurs! - La voici.
1) Décision prise EN TOUTE VITESSE pour éviter un débat "épineux", et un
débat tout court (dixit notre très démocratique premier ministre Jean
Charest lui-même). - Acte anti-démocratique par excellence, car voilà une
décision qui nous est imposée sans même qu'on ait un mot à dire et sans
même l'once d'une discussion. Or, s'il y a un point chaud et crucial dans
les recommandations de la Commission B-T, c'est bien celui-là! Et si cette
recommandation (la G3) a été faite, c'est certainement parce qu'elle touche
un élément central des consultations publiques, particulièrement en ce qui
concerne la laïcité et le principe de la séparation entre l'Eglise et
l'Etat.
2) CE crucifix, mesdames et messieurs, serait, dixit ce même Charest, un
symbole historique, donc patrimonial (et, conséquemment, national), du
Québec, le symbole même de notre identité. - Heille-là! Historiens et
historiennes, à vos postes, s-v-p! Debout!
SYMBOLE HISTORIQUE NATIONAL que ce crucifix-là? - Allons donc!
Expliquez-moi, quèqu'un, en quoi le crucifix, et ce crucifix-là en
particulier, représente notre héritage NATIONAL canadien-français et, par
la suite, québécois. Je veux bien admettre, et je reconnais à 110%, que le
clergé catholique a eu une énorme influence sur la survivance de ce peuple
francophone en Amérique du Nord, mais de là à dire que CE crucifix-là,
trônant à l'Assemblée nationale, est notre SYMBOLE NATIONAL, il y a un char
pis une barge!! Cette interprétation est d'autant plus incongrue qu'on
affirme en même temps la laïcité de notre société... Plus incohérent et
illogique que ça, tu meurs...
3) Il faut se rappeler les circonstances à l'origine de la présence de ce
crucifix (sans conteste devenu, depuis lors, un objet patrimonial) juste
au-dessus du siège de la présidence d'assemblée au Salon bleu, la salle des
délibérations parlementaires. C'est Maurice Duplessis qui l'y a fait
solennellement installer et ce, pour démontrer l'étroitesse des liens entre
l'Etat et la Religion!! Alors, si ce crucifix est bel et bien un symbole
historique, il n'est pas celui de notre identité nationale (surtout pas
actuelle), mais celui de la période duplessiste!
4) Reste à savoir pourquoi Monsieur Charest a fait voter sa
motion-diarrhée (la "va-vite, ça presse!!") le jour même du dépôt du
rapport Bouchard-Taylor. Pourquoi un tel sentiment d'urgence? De quoi donc
a-t-il peur? Et comment perçoit-il ce rapport qui, en soi, devrait servir
de base à une nouvelle discussion collective approfondie, en suite directe
de la consultation d'automne 2007, et non de prétexte à décisions hâtives
et précipitées, qui n'ont absolument rien de démocratique?
Encore une fois, j'ai honte, très honte de mon Premier Ministre... Et j'ai
même honte de l'entière députation québécoise qui, sans aucun doute les
yeux fermés et les oreilles bouchées, a voté cette motion à l'unanimité.
- Ça me rappelle un certain 20 décembre 2000... Pas vous?
Thérèse-Isabelle Saulnier
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --


Laissez un commentaire



10 commentaires

  • Pierre Grandchamp Répondre

    27 mai 2008

    Une dernière intervention là-dessus.
    Oui, dans l'immense majorité des Municipalités, l'érection religieuse a précédé l'érection civile(et non "civique").Je regrette, mais ce n'est pas autour d'un maire ou d'une mairie d'abord que se sont fondées la plupart des Municipalités.....mais autour d'une église=UNE CROIX!!!
    Comment ne pas rappeler le rôle joué par les ex-abbés Dion et O'Neill vers 1960? Et le père Georges-Henri Lévesque, fondateur de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval et l'un des personnages marquants de l'histoire contemporaine du Québec....Et un autre à la Faculté de Psychologie de l'Université de Montréal...dont j'oublie le nom?
    Et tant d'autres!
    Tout comme Louis O'Neill, je déplore le fait que trop de Québécois déchirent des pans de notre mémoire collective.
    Que la croix fasse partie de notre Histoire n'oblige personne à être croyant!!!!
    "Déchire-t-on la photo du grand-père parce que, comme beaucoup de grands-pères, il prenait peut-être un p'tit coup"?
    En tout respect!

  • Pierre Grandchamp Répondre

    26 mai 2008

    Mme Saulnier:
    ".....(...)si ce crucifix est bel et bien un symbole historique, il n’est pas celui de notre identitié nationale (surtout pas actuelle), mais celui de la période duplessiste (...)".
    Je commente:
    Quel simplisme! Le Duplessisme s'étend de + ou - 1936 à 1959!
    L'immense majorité des Municipalités du Québec ont pris leur origine à partir de la construction d'une église. L'érection civique, la plupart du temps, suivait l'érection de la paroisse religieuse.
    Les Jésuites, les Récollets, les Ursulines, les Dames de la Congrégation,les Sulpiciens, Marie de l'Incarnation, Marguerite d'Youville,les Soeurs de la Providence.... pour ne mentionner que ceux-là, tout cela c'est l'Histoire du Québec.Et c'est très antérieur à Duplessis.Et que dire du Frère André, du Frère Untel! Le Frère Untel qui fut un des déclencheurs de la Révolution Tranquille.
    Qu'on le veuille ou non, l'Histoire du Québec est intimement reliée à la chose religieuse. Il suffit de visiter les belles églises, le long du St-Laurent, entre Montréal et Québec, pour comprendre.La première église de Berthierville date de 1696.
    C'est pourquoi,oui, la croix fait partie de notre patrimoine, de nos racines!!! Qu'on le veuille ou non!!!
    On ne déchire pas la photo de son grand-pêre parce qu'il "prenait un p'tit coup!"
    Pierre Grandchamp

  • Archives de Vigile Répondre

    25 mai 2008

    1) Je ne nie pas du tout que LA CROIX, SYMBOLE DU CHRISTIANISME (et non de la nation canadienne-française), fasse partie de notre histoire. Je l'ai affirmé clairement dans mon texte, je reconnais à 110% l'apport de l'Eglise catholique à notre survivance en tant que peuple de langue française en Amérique. J'ai moi-même été éduquée, pendant 15 ans, par les Soeurs du Bon-Pasteur à Chicoutimi, héritage dont je leur serai toujours reconnaissante.
    2) Duplessis m'indiffère, finalement (du moins pour le moment), alors, ne croyez pas que je semble ne pas l'aimer et que ce soit là la base émotive de mon argumentaire. Jugez, plutôt: j'avais 10-11 ans à sa mort et j'en fus très émue, comme je fus émue de la mort de son successeur, et de Jean Lesage, et de René Lévesque, et de combien d'autres personnages historiques, Pauline Julien et Félix Leclerc en tête de liste. Pas rapp, Monsieur Bergeron.
    3) La motion de Charest ne porte pas sur "la valeur historique de la croix" (LA croix, alors qu'ici, il est question de CE crucifix-là) - et un crucifix, c'est PLUS qu'une simple croix, laissez-moi vous le dire, voyages en Europe obligent! - qui trône toujours au Salon bleu du Parlement de Québec. - Enlever CE crucifix du Salon bleu et le déplacer ailleurs au Parlement ne signifie pas du tout que nous soyons désormais "un pays sans Dieu", comme vous le dites, mais tout simplement une société LAIQUE dont la base minimaliste est LA SÉPARATION ENTRE L'ETAT ET LA RELIGION. A ce titre, et comme est justifiée la recommandation B-T (G3), c'est "au nom de la séparation de l'État et des Eglises et de la neutralité de l'Etat" qu'il faut enlever ce crucifix de cet endroit plus que stratégique et représentatif.
    4) De plus, je l'ai expliqué dans ma chronique sur "Québec religieux", les peuples européens sont très fiers de leur héritage catholique (les restaurations déjà effectuées et celles en cours en témoignent largement), mais dans aucun de ces pays vous ne trouvez un tel crucifix dans leur Parlement. A ce titre, le Québec est unique et... pour tout visiteur (étranger), il y a, avouez, de quoi s'étonner d'un tel phénomène étrange! - Et plus qu'étrange!
    5) Quant à la présidente de la CSDM, que vous ne nommez même pas (il s'agit de Diane de Courcy) et que vous assimilez (je pèse le mot, en ces temps historiques de pluralisme et d'interculturalisme) aux pires dictatures et dictateurs de ce monde, j'avoue, en humble croqueuse de mots que je suis, que je n'irais certainement pas jusque là, même si j'avais lu ses textes... J'ai trop de respect pour les individus, même lorsqu'ils s'appellent Jean Charest, ou Pierre-Elliot Trudeau, ou Jacques Bergeron. Le plus que je puisse dire, c'est que j'ai honte de ce qu'ils font et ont fait, SI TEL EST LE CAS.

  • Jacques Bergeron Répondre

    25 mai 2008

    On peut nier,pour tout genre de motifs, que la croix fasse partie de notre «Histoire»,mais cette remarque ne changera rien aux faits,puisque, aussi bien vous que moi, sommes issu-e-s de cette société. En joignant à votre critique,Maurice Duplessis, que vous ne semblez pas bien aimer, vous n'avez rien ajouté à vos remarques,ni diminuée la valeur de la décision de Jean«John»Charest sur la valeur «Historique» de la croix.Même si je prône la «laïcité» de l'état depuis de nombreuses années, voir le Mémoire remis à la Commission siégeant sur l'avenir du Québec, février 95, et ma participation à un groupe scolaire de Montréal dans les années «70», dont le programme visait la laïcité de l'école Montréalaise,je ne crois pas que le pays du Québec soit un pays sans Dieu. Voilà pourquoi je suggérais dans le mémoire soumis en«1995» que l'on prête des locaux aux membres des différentes religions, après les heures de cours, afin qu'on puisse y enseigner les religions choisies par les parents pour leurs enfants, en toute liberté de choix. On constate que la présidente de la CSDM n'accepte pas cette proposition incluse dans le rapport B&T. De toute façon,lorsque nous connaissons la personne qui agit comme présidente de la CSDM,on se dit qu'on ne voudrait pas la voir à la tête de l'État du Québec. Elle serait digne des grands dictateurs de la droite de l'Amérique du sud et d'ailleurs dans le monde.À tout dire,ses paroles ressemblent beaucoup aussi à celles des
    «dictateurs» des pays communistes, sans oublier, bien sûr, celles des «intégristes religieux » à la George W. Si on y regarde de plus près,lorqu'on se permet de dénoncer Maurice Duplessis, et que dans un même article on veut nier l'Histoire d'un peuple,on est très prêt de celui que l'on dénonce.On peut être non-croyant, et/ou pour la «laïcité de l'État», tout en respectant la liberté des individus et des peuples.

  • Archives de Vigile Répondre

    25 mai 2008

    Merci, jbouthil, de nous avoir ramenés à ce texte de J-P Proulx dont je partage à 100% l'analyse. Cela est si clair! - Et pourtant, force nous est de constater qu'une large majorité opte toujours pour le maintien de ce crucifix au Salon bleu, ce qui peut expliquer le peu de réactions au vote unanime de l'Assemblée nationale. Et dans cette large majorité, une grande proportion prône la laicité de l'espace public et le non-port de signes religieux... - Allez y comprendre quelque chose... Allez déchiffrer le conflit émotif ou sentimental qui se vit au fond des tripes et qui explique une telle contradiction au niveau rationnel...
    Avec le vote du 22 mai, le mal est fait, ce crucifix est là pour rester, du moins encore pour des années, avant que les mentalités évoluent et qu'on accepte, tout aussi unanimement, de le placer là où il doit réellement être. En attendant, ou comme premier pas, je soumets l'image suivante à visionner mentalement: comme le Québec est maintenant pluraliste sur le plan religieux, on trouve, à gauche et à droite de ce crucifix, l'étoile de David et le Croissant, et quelques autres symboles d'autres religions désormais d'ici.

  • Archives de Vigile Répondre

    24 mai 2008

    J'ai grandi dans la religion catholique et jamais le crucifix ne m'a été présenté comme un symbole historique, encore moins, un symbole patrimonial. Voyons donc! Des centaines de millions de chrétiens ( et pas seulement les catholiques ) révèrent ce symbole purement et proprement religieux.
    Si on porte haut un crucifix devant une procession, ceux qui le suivent ne le font pas parce qu'il sont de tel peuple ou nation ( le crucifix, symbole de notre identité ! Mais quand même ! ) Si on veut proclamer son identité, on porte bien haut son drapeau, pas un crucifix.
    Dire que nos élus avaient là la plus belle occasion de donner à CE crucifix la place qu'il lui revient en terminant la résolution par "...témoigne de son attachement à notre patrimoine religieux et historique représenté par le crucifix de notre salon bleu qui sera mis en valeur avec les illustrations qui racontent l’histoire du Parlement dans le corridor du rez-de-chaussée de l'Hôtel du parlement ( voir l'article de Jean-Pierre Proulx dans Le Devoir du vendredi 2 février 2007 )
    Quel gâchis.
    Oui, madame Saulnier moi aussi j'ai honte de nos élus comme j'ai eu honte en ce 14 décembre 2000 !

  • Archives de Vigile Répondre

    24 mai 2008

    Madame Saulnier, quoiqu'étant d'une manière générale passablement d'accord avec les points de vue que vous exprimez ici, je vais vous dire franchement que le fait de voir un crucifix au-dessus du président de l'assemblée nationale ne me conduit pas au bord de la crise d'apoplexie...
    Des crucifix j'en ai vu toute ma vie, et celui-ci précisément témoigne d'un geste politique posé à une certaine époque par un premier ministre qui avait légalement et légitimement le droit de poser ce geste. On peut penser que ce n'est pas un grand geste, mais c'est néanmoins un geste qui est passé à l'histoire. Notre histoire.
    Et s'il a pu le poser ce geste, c'st que précisément le crucifix comme tel fait bel et bien partie de l'histoire du peuple québécois qui auparavant se définissait comme français et catholique si vous vous souvenez bien.
    Ce qui peut-être fâcheux et je suis d'accord avec vous sur ce point, c'est la récupération politique qu'en fait Jean Charest, ce qui évite un débat en effet.
    Mais franchement, cela vaut-il la peine de déchirer notre chemise pour un simple objet qui vous est aussi familier qu'à moi ainsi qu'à la plupart de nos contemporains ?
    Bien plus vicieux selon moi, est cette déclaration d'intention formullée par Charest de : voir à franciser les immigrants avant leur arrivée au Québec...
    Big deal, il va franciser les Hindous avant de les accepter. Une fois arrivé, ils pourront reprendre leur vie professionnelle «as usual» en anglais, parce que Charest ne veut pas franciser les entreprises...
    Ça madame Saulnier ça me met en rogne. Mais voir un crucifix à l'Assemblée Nationale, est-ce vraiment important ?... Moi j epense que non.

  • Jacques A. Nadeau Répondre

    24 mai 2008

    Il me semble que M. Charest a eu une réaction toute politicienne. La raison de son empressement était probablement la peur de se faire couper l'herbe sous les pieds par l'ADQ qui fait habituellement flèche de tout bois pour gagner la sympathie des éléments les plus conservateurs de notre société.
    Sans être dans le secret des dieux - pardonnez-moi cette expression trop flatteuse pour nos élus - il m'est naturel d'imaginer que l'ADQ, et probablement aussi le PQ, avaient déjà préparé des motions semblables à celle présentée par Jean Charest. Il m'est tout aussi naturel d'imaginer que le PLQ aurait eu vent de ces projets et que son chef aurait réagi en vitesse afin de ne pas se faire doubler par les oppositions.
    Qu'il y ait eu unanimité en faveur de la motion tendrait à accréditer cette piste puisque les députés de tous les partis ayant été prévenus par téléphone arabe (est-il encore correct d'utiliser cette expression?) du dépôt d'une motion en ce sens, soit par leur propre parti ou par ceux des adversaires, se devaient de voter en faveur au risque de s'aliéner ou de perdre une partie de leur électorat en cas d'hésitations démocratiques. Voter pour le statu quo est toujours moins risqué que discuter et voter pour le changement.
    Le fait de voter unanimement aurait donc eu pour effet de neutraliser l'utilisation de la recommandation de la Commission BT sur le crucifix pour accroitre le capital politique d'un parti aux dépens d'un autre.
    Jacques A Nadeau

  • Pierre Grandchamp Répondre

    24 mai 2008

    Madame,
    Allez-vous changer les noms de: l'hôpital Hôtel-Dieu;Hôpital St-Sacrement; École St-François d'Assise; rue St-Hubert; la famille St-Germain; le fleuve St-Laurent?
    Que vous le vouliez ou non, notre patrimoine est plus que intimement relié à la religion.Le crucifix ne fait que rappeler cette évidence plus que historique.
    Quand vous étudiez l'Histoire, est-ce que vous déchirez les pages qui ne vous plaisent pas? Alors faudrait déchirer les pages où il est question des Plaines d'Abraham.Non?
    Déchirer ses vêtements là-dessus...me semble inapproprié!
    Si votre grand-père prenait "un petit coup", allez vous cacher sa photo?
    Voyons donc!

    Pierre Grandchamp indépendantiste fatigué

  • Archives de Vigile Répondre

    24 mai 2008

    Oui, en effet, c'était le 14 et non le 20 décembre 2000. - Mille excuses... historiques!