Le PQ vaut-il la peine d’être sauvé?

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« Le Québec n’a pas besoin d’un autre petit parti qui véhiculera tous les clichés de la bien-pensance politiquement correcte et pseudo-progressiste. »



Après-demain, les péquistes tiendront, dans l’indifférence générale, une rencontre cruciale.




Il ne s’agira de rien de moins qu’un congrès de refondation.




Le PQ veut repartir à neuf : nouvelle déclaration de principes et nouvelle équipe de direction.




Seuls riront leurs adversaires ou tous ces gérants d’estrade qui n’ont jamais eu un engagement social sérieux dans leur vie.




Pertinence




Tout cela est-il voué à l’échec ? Est-ce complètement futile ? Nul ne le sait.




À l’élection fédérale de 1993, le Parti conservateur chuta de 156 sièges... à 2. Il a su renaître.




À l’élection fédérale de 2011, le Bloc chuta de 49 sièges à 4. Il vient de renaître.




René Lévesque a déjà écrit des partis qui durent plus d’une ou deux générations :




« [...] peu importe les chirurgies plastiques qui prétendent lui refaire une beauté, ce ne sera plus un jour qu’une vieillerie encombrant le paysage politique et empêchant l’avenir de percer ».




Mais il parlait... du PLQ.




À court terme, la CAQ est indéboulonnable.




Le dossier de l’immigration montre cependant qu’elle est capable de cafouiller de manière spectaculaire.




Ses revendications adressées à Ottawa frappent déjà un mur : le régime politique canadien n’est pas réformable dans le sens des intérêts du Québec.




La question de la laïcité montre mieux que mille discours ce que le Canada pense du droit du Québec d’être lui-même.




Si le PQ veut avoir au moins une chance de redevenir pertinent, il doit cependant faire les bons choix.




Le Québec n’a pas besoin d’un autre petit parti qui véhiculera tous les clichés de la bien-pensance politiquement correcte et pseudo-progressiste.




QS occupe déjà ce créneau : son progressisme est du populisme déconnecté, et son souverainisme souffre de dysfonction érectile.




Comme l’avenir n’est jamais écrit d’avance, on ne peut savoir si la souveraineté se fera un jour ou non.




Mais cette avenue doit rester une option viable. Le Québec n’a strictement rien à gagner à laisser cette option entrer au musée des idées.




Ce serait l’« acadianisation » du Québec français : notre minorisation et notre folklorisation seraient inéluctables.




Le PQ n’a de pertinence que s’il offre un souverainisme résolu, assumé, décomplexé.




Il doit faire le procès du régime canadien et de son multiculturalisme incompatible avec l’identité québécoise.




Parallèlement, il doit soutenir toutes les démarches de la CAQ qui renforceront la nation québécoise, au lieu de chercher à marquer des petits points politiques niaiseux.




Pacte




Évidemment, à court terme, il manquera au PQ la pièce essentielle, un nouveau chef, mais on comprend qu’il ne sert à rien de se presser.




À ce sujet, l’intelligence est une chose, le jugement en est une autre. En politique, le jugement est plus important que l’intelligence pure.




Je suggère une question-test pour le choix du prochain chef : quelle était votre position sur la possibilité d’un pacte entre le PQ et QS ?




Ce sera une excellente indication du jugement de la personne.