Le PQ, ce parti «anti-travailleurs et exclusif»...

« Qu’on sait depuis longtemps que l’indépendance, chez Québec solidaire, n’est qu’un hochet qui ne veut plus dire grand-chose. »


La députée Catherine Dorion a partagé un discours du grand Pierre Bourgault pour souligner le référendum de 1980.  





Au moment où l'orateur vante la grande victoire du PQ de 1976, on a ajouté un petit message dans la vidéo de Bourgault, on l'a modifiée. En inscrivant la mention suivante:    


«Parti québécois: jeune parti indépendantiste d'alors, à l'époque pro-travailleurs et inclusif».    


C'est joli, n'est-ce pas?    


Bien sûr, le chef intérimaire du Parti québécois Pascal Bérubé a été offusqué de ça. Imaginons qu'un de ses députés tronque un discours d'Amir Khadir pour y accoler une mention «pro-islamiste» (tout le contraire de ce qu'est Amir Khadir).    


Ça ne passerait tout simplement pas.   


Car que décode-t-on du message tronqué de la vidéo partagée par la députée de QS? Que le PQ de 2020 est un parti «exclusif», anti-travailleurs?   


Que le Parti québécois serait un refuge d’intolérants? Que ce parti n’appuie pas la lutte des travailleurs? Qu’il est un méchant parti bourgeois?    


Et pourtant, le président du Parti québécois, Dieudonné Ella Oyono, est un immigrant originaire du Gabon. Le secrétaire général de Québec solidaire? Gaétan Châteauneuf, militant de gauche de très longue date et tout ce qu’il y a de plus «de souche» et blanc.   


D’ailleurs, il suffit de regarder un peu le comité de coordination national de QS pour se rendre compte que, pour un parti qui fait sans cesse la leçon de «diversité»... Enfin, bref, tirez-en vos propres conclusions.    


Ce que je sais, pour avoir côtoyé de nombreux militants et candidats du Parti québécois, c’est que ce parti, aux dernières élections, a présenté des gens de bonne foi, beaucoup de candidats dont le cœur porte à gauche et pas un seul qui soit fédéraliste.    


Québec solidaire peut-il en dire autant? J’en connais beaucoup, de fervents indépendantistes chez QS, là n’est pas la question. Mais j’en connais aussi qui sont des adversaires de l’indépendance. Et chaque campagne fédérale nous le rappelle. Pour plusieurs militants et candidats de QS, le choix est facile... NPD, libéraux de Trudeau bien avant le Bloc... cet autre parti «raciste»...   


Chez QS, on dira qu’il y a des moyens rigolos au Parti québécois. Et c’est vrai. Des hurluberlus, des encombrants, des extrémistes qui nuisent à l’ensemble, il y en a dans tous les partis politiques. Chez Québec solidaire comme chez les autres.   





Capture d'écran Facebook




L’indépendance, hochet de gauche  


On a compris depuis longtemps que, pour Québec solidaire, l’indépendance ne sera utile, acceptable, défendable que si celle-ci est obligatoirement le relais du projet social de gauche (certains diront d’extrême gauche) de ce parti.   


Au cours de son histoire, le Parti québécois a réussi, quand il était vivace, à rassembler en son sein des gens de tous les horizons idéologiques, et ce, au nom de l’indépendance. De tendance sociale démocrate, certes, mais sans exclure des nationalistes un peu plus à droite.   


En 1995, Mario Dumont avait rejoint les rangs du Oui.    


Selon le projet d’indépendance de QS, on chasserait Mario Dumont. Et ceux qui sont de la même inclination idéologique.    


J’ai toujours pensé que militer pour l’indépendance de ma nation, c’était, intrinsèquement, lui faire confiance, la laisser libre de ses choix démocratiques. Le Québec ne s’est jamais gouverné vers les extrêmes. Tantôt un peu à gauche, tantôt un peu à droite. Et souvent vers le compromis.   


Attacher les mains des Québécois en fonction d’une inclination idéologique particulière n’est pas la meilleure façon de réaliser l’indépendance. Dans les faits, c’est plutôt établir les conditions pour que celle-ci ne se réalise jamais.   


Facile, ensuite, de se targuer d’être «indépendantiste».    


Refoulé à Montréal, sur l’île, en posture de perdre ses maigres gains en région, chez Québec solidaire, j’imagine qu’on sait tout ça.    


Qu’on sait depuis longtemps que l’indépendance, chez Québec solidaire, n’est qu’un hochet qui ne veut plus dire grand-chose.