Course à la direction du PQ

Le passé atlantiste de Paul St-Pierre Plamondon

Quel rôle PSPP a joué à l'OTAN ?

7c19fdcb36c4de21d14bde6f0d04f05f

Chronique de Bernard Desgagné

Le 27 février 2020, j'ai reçu un courriel envoyé aux membres du PQ par le candidat à la direction de ce parti Paul St-Pierre Plamondon, courriel dans lequel il disait avoir déjà été « procureur à l’OTAN ». Étonné, j'ai voulu en savoir davantage, mais je n’ai pas eu de réponse. Puis, récemment, j'ai reçu un autre courriel, cette fois pour me demander de l'argent. Au bas du texte se trouvait un lien renvoyant à la biographie de M. St-Pierre Plamondon, dans laquelle il disait avoir été « avocat au service des affaires juridiques de l’OTAN durant la guerre en Irak ». J'ai de nouveau écrit à l'équipe de M. St-Pierre Plamondon pour en savoir davantage. Cette fois, on m'a répondu, quoique très brièvement. 


Une dénommée Marie-France m'a écrit que Paul St-Pierre Plamondon n'était pas vraiment avocat pour l'OTAN, mais seulement stagiaire et qu'il faisait « des recherches sur des questions de droit international complexes […] dans le contexte de la guerre en Irak ». Pourtant, la biographie dans le site Web disait bien qu'il avait été avocat à l'OTAN pendant la guerre en Irak, ai-je rétorqué. Et dans le courriel du 27 février 2020, il se donnait le titre de « procureur ». Procureur, avocat ou stagiaire? Il faudrait savoir. 


On dirait bien que Paul St-Pierre Plamondon pensait impressionner les membres du PQ en inscrivant son passage à l'OTAN en lettres d'or dans sa biographie, un peu comme il semble s'enorgueillir d'avoir été un bon étudiant à l'Université McGill, l'un des hauts lieux de l'anglicisation du Québec. Il se trompe peut-être de clientèle. Le PQ n'est pas le Parti libéral, à ce que je sache. Et à mesure que grandit la méfiance des Québécois, comme celle des autres peuples, à l'égard de la presse à gages qui sévit en Occident, ils sont de moins en moins susceptibles de vouloir calquer la politique étrangère de leur futur pays sur celle du Canada, dont les tentatives désespérées pour obtenir un siège au Conseil de sécurité de l'ONU se sont heurtées dernièrement, encore une fois, à sa réputation de plus en plus sulfureuse sur la scène internationale.


Le Canada, un État voyou


En bon petit caniche de Washington, le Canada passe son temps à essayer d'épater son maitre par ses pirouettes géopolitiques, qui consistent à proclamer bien haut son attachement aux droits de la personne, à la démocratie et à la primauté du droit tout en participant à des coups d'État, des guerres sanglantes et diverses autres machinations honteuses. La feuille de route du Canada comprend de grandes réalisations — je le dis avec ironie — dignes de sa Charte des droits et libertés, qui nous est constamment présentée comme le summum de la civilisation sur terre. Par exemple, le Canada, défenseur exemplaire des droits de la personne et moralisateur devant l'éternel, a aidé le dictateur génocidaire Paul Kagame à massacrer des millions de gens depuis 1990. Les victimes étaient surtout des Rwandais et des Congolais, mais il se trouvait aussi parmi elles deux prêtres québécois, Claude Simard et Guy Pinard, qui ont été assassinés sans qu'Ottawa proteste. 


Le champion autoproclamé de la démocratie qu'est le gouvernement d'Ottawa a pris part avec enthousiasme à la déportation en Afrique du président dument élu d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide, en 2004. Ce pays, l'un des plus pauvres du monde malgré sa proximité avec les richissimes États-Unis, est ravagé par la corruption de ses dirigeants soutenus entre autres par le Canada. Il subit des catastrophes naturelles dont il n'arrive pas à se relever, et pour cause. La « communauté internationale » dont le Canada fait partie aide Haïti à se reconstruire en l'occupant militairement avec des Casques bleus qui lui apportent le choléra ou avec des policiers qui exploitent sexuellement de jeunes Haïtiennes.


Le Canada, qui ne jure que par la primauté du droit, a participé à un violent coup d'État en Ukraine, en 2014, pour y renverser le président démocratiquement élu, Viktor Ianoukovytch. Deux ans et demi auparavant, en 2011, un général canadien avait amené la démocratie par les bombes en Libye, pays naguère le plus prospère d'Afrique, mais aujourd'hui livré au chaos. Le général Charles Bouchard fournissait aux djihadistes terroristes l'appui aérien dont ils avaient besoin, notamment lorsqu'ils ont torturé et assassiné sordidement Mouammar Khadafi, puis publié l'atroce film de ce crime sur Internet.


Récemment, le gouvernement fédéral a décidé que lui et ses patrons à la Maison-Blanche avaient le droit d'investir un certain Juan Guaidó des fonctions de président de la République bolivarienne du Venezuela, à la place du président démocratiquement élu par la population vénézuélienne, Nicolás Maduro. Depuis ce temps, M. Juan Guaidó est tout sauf président, n'en déplaise à Washington et ses vassaux. Il vient à Ottawa faire des séances de photos avec Trudeau, vole et détourne des deniers publics, tente d'organiser des invasions armées, des assassinats ou des enlèvements avec l'aide de la CIA et donne des interviews à d'obséquieux journalistes comme ceux de Radio-Canada. Bref, beaucoup de pays ont d'excellentes raisons de considérer le Canada comme un État voyou, et non comme un parangon de vertu. À ce train-là, Ottawa risque d'attendre encore longtemps son siège au Conseil de sécurité.


L'OTAN, une mafia


L'un des principaux axes de la politique étrangère délinquante du Canada est son adhésion à l'OTAN. Paul St-Pierre Plamondon, lui, semble penser que les Québécois sont fiers de faire partie de cette organisation, et les membres du PQ itou. Après tout, les Québécois se font enfoncer des croyances dans le crâne par les médias aux ordres depuis des lunes, alors pourquoi auraient-ils une mauvaise opinion d'une organisation qui leur est constamment présentée comme un oeuvre caritative au service de la veuve et de l'orphelin? Peut-être parce qu'après tout, ils ne sont pas si bêtes que cela et qu'ils en savent plus sur l'OTAN que Paul St-Pierre Plamondon le pense, lui qui a l'air de vouloir se servir de son passé atlantiste comme argument de vente.


M. St-Pierre Plamondon dit avoir été non seulement avocat, mais « procureur à l’OTAN ». Un procureur est certes un avocat, en général, mais pas n'importe quel. Habituellement, c'est un avocat qui représente l'État et qui est chargé d'inculper des criminels. Comment peut-on se dire procureur lorsqu'on travaille pour une organisation criminelle qui s'apparente beaucoup à la mafia? Le modus operandi de l'OTAN consiste à extorquer de l'argent à des États pour leur « protection », puis à s'en servir pour commettre divers crimes.


En 1999, l'OTAN a bombardé la Serbie, dont le Kosovo est le berceau, un peu comme Québec et la côte de Beaupré le sont pour le Québec. Washington et ses vassaux prétendaient vouloir arrêter des massacres de civils. Or, Washington s'est toujours appuyé sur des mensonges — par exemple, l'attaque imaginaire du golfe du Tonkin et les armes de destruction massive que Saddam Hussein n'a jamais possédées — afin d'étendre ou de protéger par la guerre son emprise impériale sur divers pays, et ce ne fut pas différent dans le cas de la Yougoslavie. 


En réalité, l'objectif des forces atlantistes en 1999 était d'achever le démembrement de la Yougoslavie et d'installer au Kosovo un gouvernement fantoche au service du néolibéralisme radical ainsi qu'une grosse base militaire américaine, Camp Bondsteel. Dans le cadre de son opération illégale, qui s'est faite sans déclaration de guerre et sans l'autorisation du Conseil de sécurité de l'ONU, l'OTAN a commis de nombreux crimes.


Aujourd'hui, le Kosovo est une plaque tournante du crime organisé en Europe, tout comme l'Afghanistan est le premier producteur mondial d'héroïne depuis 2001, année où l'occupation atlantiste a commencé dans cet autre pays. L'année précédente, les talibans avaient presque éradiqué la production de drogue, eux qui avaient pris le pouvoir une douzaine d'années auparavant grâce à la CIA, dans le but d'instaurer un régime islamiste hostile au socialisme, à la modernité et à l'URSS. 


Beaucoup de Kosovars rêvent actuellement de fuir leur pays à l'économie exsangue, avec son taux de chômage de plus de 30 %. Le président du Kosovo, Hashim Thaci, « ex-chef de la guérilla indépendantiste », vient d'être formellement accusé de crimes de guerre par la justice internationale. M. Thaci, qui est passé par Washington pour recevoir ses consignes avant de se rendre au tribunal, faisait entre autres du trafic d'organes du temps où il pouvait compter sur l’aviation de l'OTAN pour frapper Belgrade. L'OTAN a l'habitude de mettre des bandits au pouvoir.


Tandis que se préparaient la guerre illégale et les crimes de l'OTAN en Serbie, des politiciens québécois aussi ignares que faussement indépendantistes, comme Daniel Turp, militaient pour que le Canada bombarde la Serbie. Parallèlement, nos médias illusionnistes nous racontaient que les Serbes étaient des méchants et que l'OTAN représentait le camp des bons. C'est ainsi que les Québécois ont payé une partie des armes ayant servi à tuer des civils serbes comme ils ont payé plus tard le salaire du procureur/avocat/stagiaire de l'OTAN Paul St-Pierre Plamondon.


Il n'y a surtout pas lieu d'être fier d'avoir travaillé pour une organisation criminelle comme l’OTAN, et l’invasion désastreuse de l’Irak ne doit pas être citée au hasard d’un curriculum vitæ sans rappeler qu’elle a fait plus d'un million de victimes, qu’elle a été déclenchée en invoquant un mensonge grossier et que ses séquelles sont encore très visibles aujourd'hui. À défaut de renier son passé, M. St-Pierre Plamondon devrait au moins se dissocier clairement des fabricants de guerres et de l'OTAN, qui ne protège ni les Québécois ni personne d'autre et qui a pour principale mission d'enrichir les actionnaires de Lockheed-Martin, Boeing et autres Raytheon.



Laissez un commentaire



2 commentaires

  • Chris Kampouris Répondre

    4 août 2020

    Bravo.


  • André Lemay Répondre

    22 juillet 2020

    Il semblerait que le cv de monsieur a été changé. Ce qui n'enlève rien à la pertinence du texte,