Le Conseil national du PQ s'ouvre sur des chamaillages

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À jouer aux purs démocrates, ce ne sera jamais facile pour les militants au sein du Parti Québécois

(TROIS-RIVIÈRES) Le Conseil national du Parti québécois qui devait sonner le ralliement des troupes après le départ de la députée Catherine Fournier n'a pas été épargné par les chamaillages. Des jeunes sympathiques à la position de la députée de Marie-Victorin ont mis samedi du sable dans l'engrenage des dirigeants du PQ.


Une aile impatiente se dessine au Parti québécois (PQ) : elle pourrait faire défection si la refonte attendue ne se concrétise pas dimanche.


Après l'électrochoc des résultats électoraux du 1er octobre, le départ de Mme Fournier a encore frappé les péquistes. À l'Assemblée nationale, les neuf députés, désormais moins nombreux que les représentants de Québec-Solidaire, seront déplacés la semaine prochaine au fond du Salon Bleu, à l'Assemblée nationale.


La bisbille suscitée par les sympathisants de Mme Fournier reste passablement marginale toutefois. Une dizaine de représentants jeunes dans les associations qui avaient signé une lettre d'appui à Mme Fournier ne se sont tout simplement pas présentés. Conseiller au comité national des jeunes, Félix Pelletier-Belzile a annoncé qu'il quittait cette instance tout en demeurant membre du parti.


Il déplore que la direction du PQ semble déjà avoir des idées bien arrêtées sur le plan de match avant même les discussions. « Ils veulent qu'on aborde la même perspective qui est enclenchée présentement, qu'on adopte la même ligne de pensée qu'eux. Ma décision est personnelle, je l'ai prise entre minuit et 3 heures du matin. [...] Je veux pas continuer là-dedans parce qu'on sent qu'il y a une volonté de nous amener... qu'on soit la ou non ne change pas grand-chose ».


Le jeune déplore que vendredi soir, en marge de l'exécutif, le chef parlementaire, Pascal Bérubé et un autre officier du PQ ait laissé voir que les conclusions de l'instance étaient déjà décidées, pour lui les décisions vont clairement du haut vers le bas, des dirigeants vers les militants de la base.


Le coup d'éclat de samedi était téléguidé par l'entourage de Mme Fournier, d'accuser le chef intérimaire, Pascal Bérubé, qui faisait circuler une capture d'écran ou Louis-Philip Prévost le bras droit de Mme Fournier, donnait une consigne claire aux jeunes qui voulaient contester la direction du parti.


« Vous pouvez rester vague, ou y aller pour dire que vous ne croyez pas à cette démarche... [...] Nous vous reviendrons avec une stratégie en vue du CN (Conseil national) demain pour ceux qui y seront ! On lâche pas ! », écrivait l'attaché politique de Catherine Fournier.


Aussi, quelques autres jeunes signataires de la lettre d'appui a Mme Fournier, interrogés par La Presse, restaient « vagues », semblaient perplexes sur la suite des choses, Jérémi Lepage, président des jeunes de l'Estrie, Tommy Hurteau d'Ungava et Marc-Antoine Carrière de l'Outaouais reconnaissent que la sortie de Mme Fournier a nui au PQ, mais ne la condamnent pas. Eux restent dans leurs fonctions au sein du parti. Pour la présidente des jeunes péquistes, Frédérique St-Jean, le jeune Pelletier-Belzile n'était membre de l'exécutif jeunesse depuis un mois seulement. Avait-il déjà prévu une sortie ? « On peut se le demander », a-t-elle dit.


En plénière, le président de la Commission politique, Alexis Gagné-Lebrun, n'a pas ménagé les délégués. Dans le même mandat, « on a appuyé un chef comme Pierre Karl Péladeau, très volontariste pour la tenue d'un référendum, puis Jean-François Lisée qui ne voulait pas de référendum. C'est nous qui avons fait ça ! »


En marge de la réunion des 300 délégués, les ténors du parti défilaient devant les caméras pour galvaniser les membres. Pour Pascal Bérubé, il est clair que la sortie de Mme Fournier n'était pas une bonne nouvelle, un départ fait toujours plus de bruit qu'une arrivée, souligne-t-il. Harold Lebel, apparatchik au PQ depuis 40 ans, et député de Rimouski, souligne que les frictions sont inévitables dans un parti d'idées. « On a du temps devant nous pour changer les choses, on va le faire comme il faut. Les frictions actuelles sont des choses qu'on a déjà vues », souligne-t-il. Pour Sylvain Gaudreau, les départs sont « marginaux, individuels. Les militants sont lucides, on n'est pas dans le trèfle ». Il dit partager plusieurs constats de Mme Fournier, « mais j'ai la conviction qu'on doit travailler à l'intérieur du parti, que l'on est prêt à faire tous les virages nécessaires ».


Pour Véronique Hivon, le rassemblement de la fin de semaine, devrait permettre de « transformer une situation difficile en quelque chose de positif ».


Applaudi, le nouveau chef du Bloc, Yves François Blanchet s'est voulu rassurant. Il y a six mois les sept députés du Bloc avaient claqué la porte, les journalistes faisaient la fiche nécrologique du parti. Les députés sont revenus et personne n'ose douter de notre retour ! » a-t-il lancé. Or le PQ peut compter sur trois années avant le prochain test électoral.