Le Canada et le Liban - Barbarie d'un autre siècle

Par Philippe Le Roux

Géopolitique du Proche-Orient

Mais quelle est cette démocratie qui donne le droit à notre gouvernement d'appuyer en notre nom la mort et la destruction même si la population canadienne est largement contre ?

Depuis que les États-Unis ont utilisé le thème du terrorisme à l'appui de leur agressive politique de domination internationale, le monde est revenu un siècle en arrière. Il est revenu à l'époque précédant la création de la Société des nations (SDN), ancêtre des Nations unies (ONU). Il est revenu à l'époque où chaque pays se donnait le droit d'envahir ses voisins dans la souffrance et la destruction sous le moindre prétexte.
Depuis, on a tordu le bras de l'ONU pour envahir l'Afghanistan dans lequel on n'a pas traqué Ben Laden, ancien protégé de la CIA, mais on a bombardé le pays, semant mort et désolation pour laisser la population dans un désarroi pire que sous le régime des Talibans. Ces mêmes Talibans qui avaient été mis en place par l'Occident pour bloquer l'influence soviétique dans le pays. Le Canada était complice du soutien aux Talibans à l'époque soviétique, et aujourd'hui il fait partie de ceux qui tuent et rasent au nom d'un illusoire mieux-être.
Ensuite, cela a été l'Irak, agressé unilatéralement sous des prétextes qui se sont tous révélés être des mensonges (lien avec Al-Qaida, armes de destruction massive). Là encore, on a détruit un pays et ses infrastructures, on a tué, violé, bombardé, torturé des centaines de milliers de civils.
Le Canada s'est fait complice de ces atrocités en ne dénonçant pas cet affront à l'autorité de l'ONU, en ne s'opposant pas au viol des traités internationaux, en soutenant par en arrière l'armée étasunienne pour qu'elle puisse tuer, emprisonner et conquérir.
Le tour du Liban
Aujourd'hui, c'est le Liban qui est agressé et bombardé parce que deux soldats y ont été arrêtés. Là encore, le Canada s'est rangé du côté de l'agresseur, soutenant l'agression d'un pays en paix par un pays qui ne vit que de la guerre.
J'ai honte d'être canadien, honte de faire partie d'un pays qui vante la guerre, la destruction et la mort au lieu de semer la paix, la solidarité et le développement. Un pays qui prend partie pour celui qui tue ses citoyens, qui fait le tri entre les bons Canadiens (les naturalisés) et les mauvais (les résidents permanents) quand il s'agit de décider ceux qui auront la vie sauve. Car la vie a une valeur au Canada, mais cette valeur diffère selon votre passeport; le colonialisme resurgit des racines canadiennes.
Comparons avec Cuba
En septembre 1998, le gouvernement des États-Unis a fait arrêter cinq Cubains qui avaient infiltré des réseaux terroristes pour empêcher des attentats anti-cubains, comme celui qui en août 1997 à tué à La Havane le jeune Montréalais Fabio Di Celmo. Ces cinq Cubains ont passé jusqu'à 17 mois en cellule d'isolement et sont maintenus en prison même si la justice étasunienne (Cour d'appel d'Atlanta) et le groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations unies ont déterminé qu'ils avaient été condamnés dans un procès inique.
Est-ce que le Canada soutiendrait un bombardement des États-Unis par Cuba au prétexte que cinq «soldats» cubains y sont séquestrés depuis huit ans ? Est-ce que le Canada estimerait que raser la Floride serait une réponse mesurée de Cuba au terrorisme anti-cubain qui sévit à Miami et qui a déjà fait plus de 3000 victimes dans l'île ? Non, bien entendu, Cuba est un pays qualifié de non démocratique, et n'a donc aucun droit selon nos autorités diplomatiques.
Mais quelle est cette démocratie qui donne le droit à notre gouvernement de soutenir en notre nom la mort et la destruction, même si la population canadienne est largement contre ? Heureusement que Cuba ne bénéficie pas de cette arrogante démocratie; c'est probablement pour cela que Cuba n'envoie pas de bombes, ne sème pas la mort mais envoie plutôt à travers le monde des médecins (30 000), des professeurs et des entraîneurs sportifs pour semer la santé, la paix, l'alphabétisme, les seules armes qui permettront d'en finir un jour avec la barbarie des États-Unis et de ses valets canadiens et israéliens. [...]


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