Le Canada anglais refuse de comprendre

Canada-Québec : "un dialogue de sourds"



Uni.ca - Ce n'est pas nouveau. Hier, il en était ainsi. Il en sera de même demain. Quand il est question du Québec ou de l'unité nationale, le Canada anglais semble n'avoir ni le désir ni l'intérêt de trouver une solution.
À notre grand étonnement, l'équipe de rédaction du respecté Globe & Mail déclarait il y a quelques semaines que ceux qui désirent un changement véritable au sein de la fédération canadienne en cherchant à accommoder les besoins particuliers du Québec dans la Constitution manquent de réalisme. « L'unité nationale n'est pas menacée » concluaient-ils.
Plus récemment, le commentateur Tom Healy proclamait : « ... Je ne crois pas que le séparatisme québécois constitue une menace sérieuse. Le Québec menace de se séparer depuis plus de 30 ans. Il demeure pourtant au sein de la fédération canadienne. Pourquoi? Parce que le Québec est fortement endetté, vit au-delà de ses moyens et par conséquent a besoin des milliards qu'il reçoit année après année par le biais de la péréquation tant de l'Ontario que de l'Alberta. Se séparer de la fédération n'est tout simplement pas une option réaliste. »
Une telle perspective ne date pas d'hier. Mais ce qui est clair, c'est qu'elle ne mène nulle part. Aux yeux des Québécois, ce qui importe ce n'est pas d'avoir une " option rationnelle ". L'homme de la rue au Québec voit la situation de façon quasi émotive ; il ne parvient pas à faire abstraction de sa dignité, de sa fierté ou de son nationalisme. Insister uniquement dans notre débat national sur la raison ou sur le réalisme ne fera que contribuer à la désintégration de la fédération. Ce dont nous avons besoin à ce stade, c'est d'une bonne dose de " nation building " et de " leadership ", tant à Québec qu'à Ottawa.
Au cours des prochains 12 ou 24 mois, le Québec sera appelé à élire un nouveau parlement provincial. Selon toutes indications, le Parti Québécois formera le prochain gouvernement et imposera un 3ième référendum. Plusieurs d'entre nous, ici à Uni.ca, estimons que ce référendum risque d'être le dernier et que le " oui " pourrait l'emporter cette fois
Le Canada anglais persiste à ne pas comprendre la gravité de la situation. Et en fin de compte, le blâme pour le démantèlement de notre fédération - si jamais cela se produisait -- serait attribuable, non point à une province en particulier, mais au Canada tout entier. Le pays pourrait fort bien s'autodétruire en raison d'un manque de vision et d'un manque de courage de la part de ceux qui proclament à l'heure actuelle leur attachement au fédéralisme.


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