Propos de Gérard Bouchard et Julie Latour sur la laïcité de l'État

Laïcité et signes religieux / De l'autorité de l'enseignante

Tribune libre

Quoique je puisse comprendre que le fait que le principe de dérogation et l’utilisation possible du bâillon soient intégrés dans le projet de loi sur la laïcité de l’État horripilent le co-président de la commission Bouchard-Taylor, Gérard Bouchard, je sourcille quelque peu toutefois sur un des arguments utilisés par le sociologue en entrevue à l’émission 24/60 sur les ondes de RDI.


«Quand les gens parlent de laïcité, ils font référence à la séparation de l’Église et de l’État. [...] Mais en quoi le port de signes religieux par un employé de l’État peut remettre en question cette séparation?», déclare Gérard Bouchard.


Là où ou le bât blesse dans cette assertion, c’est d’énoncer que porter une croix autour du cou, un turban sur la tête ou bien un voile, n’empêcherait pas les défenseurs du port de signes religieux d’exercer leurs taches avec compétences et impartialité. Or, à mon point de vue, ils ont déjà franchi le seuil de l’impartialité dans une salle de classe lorsque leurs convictions religieuses affichées par un symbole religieux sont plus importantes que leur professionnalisme en tant que représentants d’un État laïc auprès des jeunes.


Conséquemment, le port de ces signes religieux heurte de plein front la notion même de « référence à la séparation de l’Église et de l’État ».


De  l'autorité de l'enseignante


En entrevue à 24/60, l'avocate Julie Latour estime que le projet de loi 21 du gouvernement de François Legault sur la laïcité de l’État est « sobre, modéré et efficace » et qu’il répond à l’aboutissement d’un long processus.


Toutefois, nonobstant l’argumentaire de l’avocate avec lequel je suis entièrement en accord, notamment le fait que « l’autorité de l’enseignant est celle d’ouvrir à la liberté », j’aimerais attirer votre attention sur la dernière phrase de Mme Latour qui répondait à cette future enseignante qui serait contrainte d’enlever son voile sur sa tête devant ses élèves.


« La foi ne se prouve pas, elle s’éprouve », réplique Julie Latour…  Une profonde réflexion qui vient démontrer clairement la prédominance de la foi intérieure sur le port des signes religieux extérieurs.


https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1163670/projet-loi-laicite-avocate-julie-latour-entrevue-2460

   



Henri Marineau, Québec


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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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