La magie de Mes Aïeux a opéré en France

Leurs trois albums seront distribués en septembre

Québec - «success story»



Capbreton, France -- Vendus à plus de 250 000 exemplaires au Québec, les trois albums de Mes Aïeux seront distribués en France en septembre. Il s'agit d'un premier pas: encouragé par l'accueil qu'il a reçu aux Déferlantes francophones de Capbreton, près de Biarritz , le groupe montréalais commence à songer à une carrière française et à une première tournée européenne dans un an.

Mais cette perspective est envisagée calmement, sereinement, l'idée consistant dans un premier temps à «amorcer la pompe», comme le résume Rosanna Granieri, qui représente désormais Mes Aïeux en France. «On est en train d'élaborer notre stratégie, dit-elle. Pour l'instant, on veut rendre Mes Aïeux disponibles et créer la demande pour la scène.»
Le groupe devrait effectuer une première tournée des festivals français et européens pendant l'été 2007, dans les semaines qui suivront la parution au printemps de leur quatrième album (après Ça parle au diable !, Entre les branches et En famille). Une deuxième tournée est déjà planifiée pour l'automne suivant, qui conduira enfin le groupe à Paris. Désormais, Stéphane et Benoît Archambault, Marie-Hélène Fortin, Éric Desranleau, Frédéric Giroux et Marc-André Paquet savent que leur musique peut plaire au public français. Ils l'ont déjà constaté aux Déferlantes francophones, où ils ont donné il y a quelques jours leur premier spectacle en sol européen, costumés, comme il se doit, en démon, en ange, en tunique rouge, en coureur des bois ou en Indien.
Le groupe était venu «tester le marché français», et l'expérience s'est révélée plutôt concluante. La magie a opéré.
Le public des Déferlantes, pas tout jeune, a été happé par l'énergie des six jeunes gens. On a vu des spectateurs, perplexes devant le côté «Village People» folklorique de la formation, se laisser séduire par l'humour et le talent de ces musiciens capables de glisser une improvisation free jazz dans une ambiance de chasse-galerie qui n'était pas a priori leur tasse de thé.
Certains ont également été frappés (et rassurés) par la façon dont le groupe, se jouant des accents d'ici et d'ailleurs, a su, lorsqu'il s'adresse au public, adapter sans complexe son niveau de langage.

Plusieurs membres du groupe (à commencer par Stéphane Archambault et la violoniste Marie-Hélène Fortin) sont passés par le théâtre et ça se sent. Bien armés, les six membres du groupe possèdent, outre un humour à toute épreuve, une bonne culture musicale et littéraire (Diantre !) qui ne les desservira pas auprès des médias français le moment venu.
Pour Mes Aïeux, formation «festive», on peut donc imaginer un succès semblable à celui des Cowboys fringants ou à celui (espéré) du conteur Fred Pellerin, d'autant que les contes et légendes dans lesquels les Montréalais puisent leur inspiration plongent aussi leurs racines dans les terroirs français.
Stéphane Archambault était arrivé à Capbreton «sans attente particulière». Aujourd'hui, il ne dirait pas non à une carrière française, qui lui apparaît comme le prolongement naturel de celle que le groupe a entreprise au Québec, il y a dix ans. La suite est affaire de choix, de chimie, de temps et de disponibilité. «Il y a des contraintes, note le claviériste Benoît Archambault. On a tous des enfants en bas âge.» Pour le reste, «si les planètes s'alignent bien, ça pourrait se faire», résume Frédéric Giroux, le guitariste-coureur des bois.
Il n'a pas tort.


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