La démission du recteur réclamée

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Crise des universités : l'UQTR en lock-out


Une pétition circule parmi les professeur(e)s de l’Université du Québec à Trois-Rivières afin de demander la démission immédiate du recteur, Daniel McMahon. Quelque 164 signatures de professeurs ont été recueillies jusqu’à présent et les initiateurs de la pétition entendent continuer d’allonger cette liste.


«Sa démission permettra de reconstruire notre institution une fois ce conflit terminé», indique la lettre qui accompagne les signatures.


«La juste colère que Mme la ministre (Hélène) David a manifestée à son endroit est aussi la nôtre, mais la colère ne doit pas nous tenir lieu d’avenir», font valoir les signataires.


Les professeurs estiment que «le mal est fait» et que le recteur doit remettre sa démission.


«Le lien de confiance qui nous unissait est rompu. Nous refusons de laisser plus longtemps notre institution entre les mains d’un homme qui a témoigné de tant d’amateurisme et de méconnaissance de la vie universitaire, qui a fait preuve d’une aussi grande brutalité en recourant à une mesure d’exception dans un contexte de négociation qui n’avait rien d’exceptionnel, un homme dont la décision de plonger, en son absence, l’institution qu’il dirige dans l’une des plus graves crises de son histoire fait douter de la capacité de direction», peut-on lire dans la lettre.


Dressant la liste de quelques-uns des dégâts engendrés depuis le déclenchement du lock-out, dans la nuit du 1er au 2 mai, les professeurs se demandent «combien de temps nous faudra-t-il pour tout reconstruire, pour regagner la confiance de nos étudiant(e) s, pour relancer nos projets avec nos collaborateurs et collaboratrices, pour rétablir nos liens avec nos partenaires d’ici et d’ailleurs? Combien de temps faudra-t-il pour redorer l’image de notre université, ternie une fois de plus par son administration?»


Les professeurs ont reçu un appui des délégués de la Centrale des syndicats du Québec réunis à Trois-Rivières, jeudi après-midi. Après être allés appuyer les employés en lock-out de l’ABI, les délégués se sont rendus à bord de deux autobus jusqu’aux Cubes de l’UQTR pour appuyer les professeurs.


La présidente de la CSQ, Louise Chabot, indique qu’en apprenant la nouvelle du lock-out à l’UQTR, «je me suis pincée».


«La direction n’est pas digne de diriger cette communauté-là», estime-t-elle. «C’est sauvage. Sans avertissement et le 1er mai, fête des travailleuses et des travailleurs, il faut le faire», s’est-elle exclamée devant la foule en parlant du déclenchement du lock-out. «On est sans mot», dit-elle.


Mme Chabot a fait valoir que les professeurs «méritent toute la solidarité syndicale et toute la solidarité de la communauté.»


«C’est quasi-incroyable. On sait à quel point l’Université ici, à Trois-Rivières, rayonne en dehors de ses murs par tous les programmes, tous les étudiants qu’on accueille. Qu’une direction ait décidé, comme ça, parce qu’on est en négociation, peut-être difficile, que du jour au lendemain on met le monde dehors, en lock-out, pour nous, ça vient priver fondamentalement le droit à la libre négociation», fait valoir la présidente de la CSQ.


On sait que les universités sont sous-financées et que l’UQTR a justifié sa décision de lock-out notamment du fait qu’elle doit redresser ses finances et donc ne pas hausser le plancher d’emploi des professeurs. Pour Louise Chabot, ce n’est pas une façon de faire. «Les professeurs et les étudiants n’ont pas à payer pour des problèmes politiques avec le gouvernement», estime-t-elle.


«Le problème n’est pas le financement des universités, c’est de renouveler un contrat de travail», plaide-t-elle.


De leur côté, les étudiants de l’UQTR ont décidé de se mobiliser aussi afin de dénoncer le lock-out imposé aux professeurs dont ils sont devenus les principales victimes.


Au terme d’une réunion extraordinaire tenue le 9 mai, le conseil d’administration de l’AGEUQTR a mandaté son comité de mobilisation afin d’organiser des actions visant à dénoncer la situation.


L’AGEUQTR a même octroyé un montant de 1000 $ à ce comité afin d’appuyer ses futures actions contre le lock-out.


Les étudiants estiment que le lock-out «nuit aux missions de l’université que sont la transmission du savoir, l’enseignement et la recherche» et qu’il nuit donc aussi aux membres de l’AGEUQTR.


L’Association indique que les étudiants sont mécontents. Elle condamne le lock-out et demande à l’UQTR de lever immédiatement cette sanction.


Le conseil d’administration convoque une assemblée extraordinaire de ses membres le 15 mai, à 17 h, afin que ces derniers se prononcent sur le lock-out.


Vendredi, les professeurs et les étudiants se réuniront afin de faire une marche de solidarité qui les mènera jusqu’aux bureaux du député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, afin de lui faire part de leur mécontentement et lui demander de faire pression pour que cesse le lock-out dans les plus brefs délais. Rappelons que la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a tout récemment indiqué aux médias qu’on n’était pas encore rendu à imposer une loi spéciale pour mettre fin à cette situation.


Pour les professeurs, il y a urgence d’agir. «C’est le tissu économique régional que l’on attaque», font-ils valoir dans leur pétition.


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