La commission d'enquête libérale

La commission placebo

Un marteau de caoutchouc dans la main de France Charbonneau

Tribune libre


En annonçant la création de sa commission d’enquête libérale le 19 octobre, Jean Charest vient de confirmer l’effet paravent de l’UPAC. En effet, il m’apparaît évident que la mise sur pied de l’unité permanente anti-corruption a été pensée et créée en vue de la créature qui nous a été présentée hier, une commission placebo qui vise l’effet psychologique sans apporter aucune solution aux problèmes détectés.
En excluant le pouvoir de contrainte des prérogatives des commissaires, contrairement à ce que prévoit la Loi sur les commissions d’enquête, tout en alléguant que les témoins risquent de se « blanchir » et de nuire aux enquêtes policières, Jean Charest, encore une fois, démontre son énorme talent dans la manipulation du sophisme.
En effet, n’eût-été de l’obligation de comparaître de plusieurs témoins sur qui pesaient de lourds soupçons lors de la commission Gomery , ces derniers ne se seraient sûrement pas précipités pour expliquer leur rôle dans le scandale des commandites et, par conséquent, ne se seraient jamais retrouvés derrière les barreaux.
En invoquant le fait que l’objectif premier de la dite commission est de faire la lumière sur une possible corruption systémique entre le monde de la construction et le financement des partis politiques, et ce, sans pouvoir de contrainte accordé aux commissaires, ces derniers sont voués à entendre des témoins floués par le supposé système sans la présence des présumés coupables…en réalité, les agressés sans les agresseurs. Et, pour ajouter le ridicule à la mesquinerie, les témoins qui désireront se présenter devant la commission Charbonneau n’auront aucune immunité!
Dans ces circonstances, j’ai nettement l’impression que nous assisterons à un défilé de bonnes et courageuses personnes qui accepteront de leur plein gré de se présenter à la barre des témoins devant la juge Charbonneau, munie d’un marteau de caoutchouc qui ne risque pas de faire beaucoup de bruit dans les annales judiciaires québécoises!
Henri Marineau
Québec

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Henri Marineau1786 articles

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Né dans le quartier Limoilou de Québec en 1947, Henri Marineau fait ses études classiques à l’Externat Classique Saint-Jean-Eudes entre 1959 et 1968. Il s’inscrit par la suite en linguistique à l’Université Laval où il obtient son baccalauréat et son diplôme de l’École Normale Supérieure en 1972. Cette année-là, il entre au Collège des Jésuites de Québec à titre de professeur de français et participe activement à la mise sur pied du Collège Saint-Charles-Garnier en 1984. Depuis lors, en plus de ses charges d’enseignement, M. Marineau occupe divers postes de responsabilités au sein de l’équipe du Collège Saint-Charles-Garnier entre autres, ceux de responsables des élèves, de directeur des services pédagogiques et de directeur général. Après une carrière de trente-et-un ans dans le monde de l’éducation, M. Marineau prend sa retraite en juin 2003. À partir de ce moment-là, il arpente la route des écritures qui le conduira sur des chemins aussi variés que la biographie, le roman, la satire, le théâtre, le conte, la poésie et la chronique. Pour en connaître davantage sur ses écrits, vous pouvez consulter son site personnel au www.henrimarineau.com





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1 commentaire

  • Archives de Vigile Répondre

    21 octobre 2011

    Il est dommage que votre article ne paraisse pas dans la presse populaire. Il aurait aussi avantage à être lu publiquement sur les médias télévisuels connus.
    Il est clair, facile à lire et à comprendre pour la majorité des citoyens québécois. De plus, et c'est sa force, il a l'avantage de décrire avec exactitude ce que constitue la commission d'enquête du PLQ de John James Charest.
    Les conseillers du PLQ se rappellent sûrement de la CECO de 1972, pré-électorale elle-aussi mais vraie celle-là. Ils veulent sûrement ainsi éviter l'erreur et la défaite qu'avaient alors commise et connue le crime organisé et le PLQ en 1973 et 1976. Quoi que à l'élection de 1973, même avec ses 102 députés, le PLQ n'avait eu que 54,65% des voix.
    En 1976, après les preuves de corruption révélées par la CECO, le PQ était élu et l'Union Nationale gagnait même des sièges.
    J'ose tout de même croire que le peuple québécois est conscient de ce présent leurre pré-électoral qui n'a rien d'une commission d'enquête, sauf peut-être le nom.
    [Réjean Pelletier]